Coupe à blanc de Greenpeace!

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Au lendemain de l'annonce de la fermeture de la machine 9 à l'usine d'Alma, les réactions sont nombreuses et les esprits se sont échauffés avec comme dénominateur commun les pressions directes de Greenpeace auprès des clients de PFR aux États-Unis.

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Produits forestiers Résolu est-il le voyou de la forêt à l'image de la réputation que lui fait Greenpeace dans le monde entier au point où ses usines ne méritent que de fermer avec toutes les conséquences qui s'y rattachent? C'est vrai que la forestière a perdu sa norme FSC, mais cela rend-il ses activités si " sales " en forêt que ses clients doivent la rejeter?

Au lendemain de l'annonce de la fermeture de la machine 9 à l'usine d'Alma, les réactions sont nombreuses et les esprits se sont échauffés avec comme dénominateur commun les pressions directes de Greenpeace auprès des clients de PFR aux États-Unis.

Le verdict est sans appel: 85 travailleurs perdent leur emploi, sans compter les difficultés personnelles qui s'en suivront. Un tel résultat en appelle, selon le gros bon sens, à la négociation, à la diplomatie et à un peu de patience. Oui, Greenpeace fait planer la menace depuis plusieurs mois, mais la multinationale de l'activisme environnemental sait éperdument que les opérations de PFR se font dans les règles de l'art même si deux gros sujets sont en litige: le caribou forestier et les ententes avec les Autochtones.

Cette brique tombe au moment, cette semaine, où le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) effectue une tournée régionale pour convaincre qu'il y a un avenir dans la forêt, pourvu qu'on se donne les moyens. L'industrie a des arguments: le bois fait partie de la solution pour les changements climatiques et les gaz à effet de serre et compte 70 000 emplois au Québec, dont 7500 dans la région. Et, message aux décideurs qui sont impuissants à créer des emplois: d'ici cinq ans, entre 5000 et 10 000 travailleurs du secteur partiront pour la retraite et il faudrait les remplacer si l'industrie est encore debout!

Sur la campagne de Greenpeace, André Tremblay demeure intraitable: les pratiques des forestières du Québec ne souffrent d'aucune comparaison avec n'importe lequel pays au monde et bien au contraire. D'ailleurs, il suggère à Greenpeace d'aller mettre son nez au Brésil et en Russie, notamment, où il y a véritablement matière à questionner les pratiques des industriels.

Au cours de son passage au Quotidien, mercredi, il s'est plu à rappeler que les normes, comme celle de la Forest Stewardship Concil (FSC), avaient d'abord été conçues afin de protéger les forêts du sud habitées par des peuples autochtones, mais " que c'est le Québec qui sert de cobaye "!

M. Tremblay s'explique mal que des donneurs d'ouvrage américain annulent leur approvisionnement auprès de Produits forestiers Résolu (PFR) sous la pression de Greenpeace pour accepter les livraisons de la même entreprise, qui maintient les mêmes pratiques aux États-Unis dans ses autres exploitations!

Il n'hésite pas à comparer cette bataille de Greenpeace à la chasse aux phoques dont les images ont frappé l'imagination du monde entier. Cette " guerre " sur la forêt boréale et la protection du caribou forestier, si elle ne trouve pas d'issue, risque tout simplement de fermer l'exploitation forestière industrielle dans la région. Ce n'est pas compliqué, 80 pour cent du parterre de coupe se trouve dans la limite de la forêt boréale. Les trois quarts du cheptel de caribou forestier, précise-t-il, " se trouvent au nord de nos activités ", un argument que les plus extrémistes des environnementalistes ne veulent même pas entendre.

Les pressions des groupes environnementalistes, en y incluant le documentaire-choc de Richard Desjardins, L'erreur boréale, ont donné des résultats sur la protection de la forêt: il y a quelques années encore, il se coupait au-delà de neuf millions de mètres cubes dans la région. Suivant toutes les campagnes, l'ajout d'aires protégées, de parcs, etc, le parterre a été réduit à 5,3 millions et l'industrie n'a pas tout prélevé au cours de la dernière année.

Ça va mal dans la forêt et peut-être plus que la région le pense. À observer la situation, il est à se demander si trop peu de gens ont conscience des enjeux. Et il y a un autre défi qui relève peut-être de l'impossible : comment communiquer avec Greenpeace pour le bien de l'environnement, des travailleurs et de la région!

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