Les leçons de l'église Fatima

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C'est bien dommage. Mais, réalistement, les élus de Saguenay n'ont pas d'autre choix que d'entériner, lundi, la démolition de l'église Notre-Dame-de-Fatima de Jonquière.

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C'est bien dommage. Mais, réalistement, les élus de Saguenay n'ont pas d'autre choix que d'entériner, lundi, la démolition de l'église Notre-Dame-de-Fatima de Jonquière.

Les membres de la Commission d'aménagement du territoire, du génie et de l'urbanisme en sont venus à la conclusion qu'il n'y avait aucune autre option valable à ce triste dénouement, qui sera soumis à l'approbation des élus en séance publique du conseil.

Quoi que certains en pensent, les élus de Saguenay se sont mobilisés afin de préserver cette église à la célèbre forme conique, oeuvre de l'architecte Léonce Desgagnés, quand une succession de promoteurs privés l'ont successivement acquise puis abandonnée. Des rencontres d'information et d'échanges ont eu lieu au cours des derniers mois, des dizaines de lettres ouvertes ont été publiées en nos pages. Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a multiplié les sorties en appui à la restauration ou à la reconversion du bâtiment... Des spécialistes en matière de patrimoine, comme la professeure Lucie K. Morisset, de l'UQAM, ont donné leur avis, plusieurs fois plutôt qu'une. Le débat concernant le sort de l'église a donc bel et bien eu lieu. Il dure depuis trop longtemps.

Après des années de saga et de palabres, il faut malheureusement se rendre à l'évidence: le bâtiment présentait effectivement une réelle valeur architecturale et patrimoniale mais il est désormais en trop mauvais état pour être décemment préservé. Et, surtout, aucun projet concret et viable à court ou moyen terme n'a été déposé et personne ne dispose des fonds requis pour restaurer et entretenir l'église, à plus forte raison si elle est condamnée à rester vide. Au final, il s'agit donc, pour les élus de Saguenay, d'une décision où la tête et les arguments logiques l'emportent sur le sentiment, où la raison prime sur la passion...

Dans les faits, la seule chance pour l'église Fatima d'éviter le pic des démolisseurs repose sur la possibilité que Québec décide de classer le bâtiment à titre de bien patrimonial, et ce à très brève échéance. Par contre, si jamais le gouvernement Couillard pose un tel geste, il faut impérativement que cela soit accompagné d'une aide financière conséquente et à long terme et qu'une telle décision ne se traduise pas, au final, par une patate chaude et par une facture salée expédiées par la bande aux contribuables de Saguenay.

Vitraux

Avant que l'église ne soit démolie, il sera toutefois primordial que l'on s'assure de récupérer et de conserver précieusement les vitraux réalisés par le maître Jean-Guy Barbeau, lesquels représentent une oeuvre d'art dans une oeuvre d'art. Ces joyaux devraient figurer en belle place au Musée régional de la Pulperie. Ils devraient y être exposés en compagnie de photographies, de modèles à l'échelle représentant l'église Fatima et de panneaux explicatifs soulignant comment le Saguenay-Lac-Saint-Jean a été à l'avant-garde québécoise en matière de modernisme et de renouveau architectural des lieux de culte. Un minimum dans les circonstances...

Le meilleur moyen de rendre hommage à Notre-Dame-de-Fatima consiste, comme l'ont déjà souligné d'ailleurs la professeure Morisset et le président de l'arrondissement de La Baie, François Tremblay, à réfléchir et à établir dès maintenant, en collaboration avec l'évêché, la Société historique du Saguenay et tous les intervenants concernés un plan concret afin d'identifier les églises qui devraient être préservées pour des raisons patrimoniales et architecturales, celles moins intéressantes qui sont susceptibles d'être cédées, démolies ou reconverties et celles qui devraient conserver leur vocation religieuse dans un avenir prévisible. Pour éviter, comme l'a dit mercredi en nos pages Sylvain Gaudreault, qu'une série d'erreurs du même genre se reproduise et qu'un autre joyau historique, témoin de notre passé, ne doive être détruit faute d'alternative valable ou de planification préalable.

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