Les régions et Hydro-Québec

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Les quatre sièges vacants au sein du conseil d'administration d'Hydro-Québec offrent une belle opportunité pour le gouvernement Couillard de poser un geste concret envers les régions en profitant de l'occasion pour nommer à cette instance hautement stratégique des administrateurs qui en sont issus.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) Les quatre sièges vacants au sein du conseil d'administration d'Hydro-Québec offrent une belle opportunité pour le gouvernement Couillard de poser un geste concret envers les régions en profitant de l'occasion pour nommer à cette instance hautement stratégique des administrateurs qui en sont issus.

L'idée a été soutenue, la semaine dernière en nos pages, par le député Sylvain Gaudreault. Or, au-delà des considérations partisanes, la suggestion mérite d'être sérieusement considérée. Actuellement, un seul membre du conseil d'administration de la société d'État provient de l'extérieur des cercles d'affaires des grands centres et de la métropole. Il s'agit du maire de Rimouski et président ex officio de l'Union des municipalités du Québec, Éric Forest. Ce dernier est un administrateur chevronné et il est très au fait des réalités propres aux régions excentrées. Mais, le Bas-Saint-Laurent n'est pas une région reconnue de prime abord pour sa production d'électricité, comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord ou la Baie-James, bien qu'une filière éolienne y soit en développement depuis quelques années. Surtout, le maire de Rimouski est seul au sein du CA pour faire valoir ses arguments et y défendre les intérêts des régions. Seul, donc, pour expliquer à ses collègues ce que représente Hydro-Québec pour celles-ci en matière d'emplois, de retombées économiques, de rôle social et de développement stratégique. Des réalités que l'on ne peut percevoir avec la même acuité si l'on réside à Montréal plutôt qu'à Baie-Comeau, dans l'ombre des grands barrages et des turbines...

Il ne fait aucun doute qu'une société d'État de l'envergure d'Hydro-Québec a besoin de gestionnaires avisés, branchés et hautement compétents, et qu'il faille impérativement que plusieurs d'entre eux soient donc recrutés dans les milieux des affaires de la métropole. C'est une évidence. Mais, de telles personnes très compétentes existent aussi en région.

Équité

Une présence accrue de ceux-ci au sein du conseil d'administration est d'une part une question d'équité puisqu'Hydro-Québec produit la majorité de ses MW à partir des régions. C'est d'autre part une nécessité afin que les administrateurs de la société d'État soient conscients de son importance vitale pour leur développement économique. Plusieurs événements et déclarations survenus au cours des dernières semaines ont démontré l'incompréhension qui règne dans certains cercles fermés des grands centres envers les réalités et les enjeux propres aux régions périphériques. Cette incompréhension, voire cette ignorance dans certains cas, des enjeux locaux et régionaux est un frein au développement de notre richesse collective.

Il est donc primordial que des acteurs bien au fait des réalités et des enjeux des régions, là où l'on produit cette énergie qui fait la fierté et la renommée internationale du Québec, soient en mesure d'influencer les politiques et les grandes décisions prises par le conseil d'administration d'Hydro-Québec, sous l'égide du gouvernement.

Or, justement, compte tenu des positions prises jusqu'à maintenant par le gouvernement Couillard en matière d'énergie, une présence accrue de représentants des régions «énergétiques» du Québec au sein du conseil d'administration représenterait une suite logique. Le gouvernement a maintes fois réitéré que l'énergie propre et renouvelable produite au Québec doit servir et servira, dans sa prochaine politique, de levier de développement économique notamment dans les régions. Il a aussi relancé le projet de minicentrales communautaires dont les redevances doivent justement servir d'outils pour y créer de la richesse et y soutenir des projets structurants. Il ne reste donc qu'à faire transiter ce message et cette vision jusqu'au sommet de la pyramide! Ce qui enverrait un message clair en faveur du développement de l'ensemble du territoire québécois.

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