Régions: rétablir le contact

L'ancien maire de Lebel-sur-Quévillon et porte-parole de Touche... ((Photo le Quotidien, Laura Lévesque))

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L'ancien maire de Lebel-sur-Quévillon et porte-parole de Touche pas à mes régions, Gérald Lemoyne, et l'ex-député péquiste Denis Trottier, demandent à la CRÉ de revoir sa position.

(Photo le Quotidien, Laura Lévesque)

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Les membres de la coalition «Touche pas à mes régions!» demandent à Québec de tenir un sommet afin de renouer les ponts entre le gouvernement et les régions excentrées. Philippe Couillard a souvent répété depuis son entrée en poste qu'il n'est pas un chaud partisan des grandes rencontres et des "messes" où l'on parle beaucoup mais qui ne débouchent pas toujours sur des actions concrètes. Peu importe!

À défaut de tenir un gigantesque sommet ou un lourd forum auquel seraient conviés des centaines d'intervenants, ce qui ne constitue effectivement probablement pas la meilleure option, Québec doit saisir le signal lancé par la coalition à travers sa requête. Le gouvernement doit trouver une manière de calmer les inquiétudes en provenance des régions, prendre le pouls des questionnements qui y règnent depuis plusieurs mois et identifier des pistes de solutions afin de combler le gouffre d'incompréhension qui les sépare visiblement des grands centres.

De passage mercredi devant les membres du Cercle de presse du Saguenay, le porte-parole de la coalition «Touche pas à mes régions!», Gérald Lemoyne, a bien campé les motivations et les objectifs du mouvement. Celle-ci ne s'oppose pas aux coupes et aux plans de réorganisation des structures de l'État proposés par le gouvernement Couillard. Mais, ses membres souhaitent être consultés, veulent le conseiller et espèrent l'accompagner dans ses décisions afin d'en limiter les impacts négatifs pour les régions, voire de bonifier, au final, les résultats de l'exercice. Cette position, qui se veut apolitique, est très constructive. Elle va au-delà de «l'opposition pour l'opposition», une stratégie trop répandue en politique et qui est stérile et source de cynisme...

C'est dans ce contexte que Québec doit répondre à l'appel au dialogue, sous une forme ou une autre, lancé par le mouvement. Et, c'est dans ce contexte que les élus et que les membres influents de la communauté socioéconomique du SaguenayLac-Saint-Jean doivent revoir leur position et joindre nombreux la coalition. Un groupe de représentants des milieux communautaire, syndical et étudiant de la région a décidé de passer à l'action, cette semaine, en démarrant notamment une pétition en ligne en faveur de la coalition. C'est un point de départ. Les élus de Sainte-Rose-du-Nord seront invités à joindre le mouvement lors de leur prochaine séance publique, à l'initiative du maire Laurent Thibeault. Ceux de Normandin ont décidé de le faire officiellement. Bravo!

Le "Royaume" a historiquement toujours été à l'avant-plan de la défense des intérêts des régions dites "éloignées". Elle a toujours été, à ce chapitre, l'une des plus organisées et des plus influentes au Québec. Elle a pavé la voie aux autres. Le SaguenayLac-Saint-Jean, avec ses quatre collèges, son université et son important poids social, politique et médiatique, doit continuer à jouer ce rôle de meneur. Surtout dans un contexte où le premier ministre réside lui-même sur son territoire, ce qui peut être un grand avantage...

Il est important, en cette période de chambardements importants des structures, chambardements qui ont des impacts encore plus importants hors des grands centres, que la région soit bien présente sur la patinoire. Qu'elle soit visible. Qu'elle fasse valoir ses préoccupations, ses besoins et surtout ses pistes de solution. Qu'elle soit conviée, le cas échéant, à s'asseoir à la même table que les membres de la coalition et les représentants du gouvernement du Québec. Ce qui n'empêche absolument pas les élus et les intervenants de la société civile saguenéenne et jeannoise de continuer leurs pressions en coulisse sur celui-ci, s'ils le souhaitent et s'ils estiment que cela est fructueux. Après tout, dans les circonstances actuelles, le SaguenayLac-Saint-Jean a besoin de jouer toutes ses cartes pour assurer son avenir... Et conserver sa fierté.

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