Chambord: un peu de pression

Il est de bonne guerre que le gouvernement... ((Photo Gimmy Desbiens))

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Il est de bonne guerre que le gouvernement de Philippe Couillard serre la vis et presse la direction de Louisiana-Pacific (LP) de statuer, à très brève échéance, sur le sort de ses installations de Chambord, fermées depuis dix ans maintenant.

(Photo Gimmy Desbiens)

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

Il est de bonne guerre que le gouvernement de Philippe Couillard serre la vis et presse la direction de Louisiana-Pacific (LP) de statuer, à très brève échéance, sur le sort de ses installations de Chambord, fermées depuis dix ans maintenant.

En point de presse lundi, le premier ministre et député de Roberval a laissé entendre que si la compagnie n'avait pas déposé d'ici à la fin du mois de mars un plan de relance concret, elle perdrait les garanties d'approvisionnement en ressource rattachées à l'usine de panneaux. Les déclarations de Philippe Couillard tombent à un bon moment. Tel que rapporté lundi en exclusivité en nos pages, Louisiana-Pacific mène justement une étude de faisabilité afin de valider un projet de réouverture des installations en y ajoutant une ligne de fabrication d'un nouveau type de produits à valeur ajoutée, afin de diversifier les activités de son usine. Dans la foulée de la sortie du premier ministre, la compagnie a d'ailleurs sollicité pour aujourd'hui une rencontre avec le gouvernement pour traiter de l'avancement du dossier. Par ailleurs, la demande pour les panneaux de construction a repris un peu de vigueur sur les marchés au cours des dernières années. Et, la semaine dernière, le premier ministre lui-même a participé à l'annonce concernant la relance d'une usine de produits similaires à celle de Chambord pilotée par Forex à Amos, en Abitibi-Témiscamingue, ce qui a évidemment suscité des réactions dans la région.

Bref, le contexte était favorable pour que le gouvernement mette publiquement un peu de pression sur la compagnie. Du reste, il a davantage à gagner qu'à perdre via une telle manoeuvre.

Mais, il importe que Québec soit vraiment disposé à prendre des actions concrètes à l'encontre de Louisiana-Pacific et soit réellement prêt à retirer les garanties d'approvisionnement liées à l'usine de Chambord si jamais sa direction ne livre pas la marchandise au cours des prochaines semaines. Cela devient une question de crédibilité. Et cela enverrait un message clair aux autres acteurs de l'industrie. C'est aussi une question d'équité. Car, la ressource forestière appartient à tous les Québécois et elle doit servir d'outil de développement pour la région et pour les régions. D'autant plus que d'autres promoteurs jeannois pourraient être intéressés à utiliser le bois dévolu à la LP.

Ceci étant, il est à espérer que le plan de relance de la compagnie sera couronné de succès. Le redémarrage des installations de Chambord créerait quelques centaines d'emplois directs en usine et en forêt, et des retombées économiques de plusieurs dizaines de millions $ dans le secteur. Ce serait plus porteur et plus constructif que de se retrouver avec une grande usine définitivement vide et privée de ressource. Surtout que Louisiana-Pacific a toujours pris bien soin des installations, lesquelles sont en mesure de supporter un rapide redémarrage. Mais, après toutes ces années d'incertitudes, il est grand temps pour les travailleurs, les élus et les citoyens de Chambord et de l'ensemble du Saguenay-Lac-Saint-Jean que cette longue saga connaisse son dénouement.

Sylviculture

D'autre part, la confirmation de l'octroi d'une enveloppe de 450 M$ sur deux ans par Québec, dont 110 M$ réservés à la région, en matière de travaux sylvicoles, représente une bonne nouvelle pour cette branche de l'industrie forestière. Au-delà des montants, conséquents, débloqués par le gouvernement, l'annonce survient tôt dans la saison, ce qui permettra en effet aux entreprises concernées de mieux planifier leurs opérations.

Depuis son élection, le gouvernement Couillard s'est montré proactif en matière de sylviculture, un pan souvent oublié de la filière québécoise du bois mais qui s'avère pourtant crucial afin d'assurer la pérennité de la ressource et la régénération des parterres de coupe.

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