CISSS: les vrais enjeux

Le premier ministre Philippe Couillard a raté une... ((Photo Jeannot Lévesque))

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Le premier ministre Philippe Couillard a raté une belle occasion de mettre fin à la cabale qui se déroule présentement, dans la région, concernant le siège social du futur Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS).

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) Le premier ministre Philippe Couillard a raté une belle occasion de mettre fin à la cabale qui se déroule présentement, dans la région, concernant le siège social du futur Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS). En mêlée de presse, lundi, en marge de la rencontre stratégique sur la filière de l'aluminium qu'il animait, ce dernier a refusé de confirmer officiellement que cette structure serait installée à Saguenay, tel que le stipule pourtant le projet de Loi 10.

À la place, le député de Roberval a indiqué qu'il s'attendait à ce que des activités administratives continuent à se tenir au Lac-Saint-Jean, notamment à Alma, et que selon lui, nul cadre ne devrait avoir à déménager en raison des changements apportés aux structures. Le premier ministre a souligné qu'il était bien davantage important, pour lui, que le CISSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean obtienne le statut d'établissement universitaire désigné, statut qui officialisera sa position en matière de recherche et d'activités de pointe.

Sur ce point précis, le premier ministre a tout à fait raison. Il est absolument nécessaire que le CISS régional dispose de ce statut, clé de son développement et de son positionnement futur sur l'échiquier de la santé et de l'éducation au Québec. En ce sens, tous les élus et l'ensemble du milieu socioéconomique régional devraient unir leur voix afin de s'assurer que ce soit bel et bien le cas. Toute position contraire serait une insulte au bon sens et envers les intérêts du Saguenay-Lac-Saint-Jean...

Mais, il est dommage que le premier ministre n'ait pas profité de son passage à Saguenay lundi pour mettre un couvercle sur la question du siège social. Sa position pour le moins floue concernant son lieu d'implantation ne peut qu'inciter certains élus jeannois à intensifier leurs efforts afin d'obtenir des pouvoirs et des ressources déjà implantés à Saguenay, ce qui risque bien inutilement, surtout dans le contexte actuel, d'exacerber les tensions et l'esprit de clocher... Et, ce qui n'apportera rien en matière de services aux patients!

Cela est d'autant plus étonnant que la position affichée par le premier ministre apparaît contraire à l'esprit de la Loi 10, qui vise, afin de réaliser des économies et des gains d'efficacité, à mieux concentrer les activités de gestion en matière de santé sur un territoire ou une région donnés, et qu'elle risque de redonner vie à des contestations similaires dans d'autres régions ressources du Québec. Sur la Côte-Nord et au Bas-Saint-Laurent, notamment, autres régions géographiquement très vastes, plusieurs intervenants ont réclamé l'implantation de plus d'un CISSS, entre autres demandes, ce qui a été catégoriquement écarté par le gouvernement...

L'argument géographique avancé par certains pour déplacer le siège social du futur Centre intégré régional de Saguenay vers Alma ne tient pas la route devant les réalités organisationnelles et pratiques. Personne n'a mis en doute, au cours des dernières années, l'équité du fonctionnement de l'Agence de la santé, installée à Saguenay.

Ceci étant dit, une fois la localisation physique du siège social du CISSS réglée, il demeurera évident que des ressources et des cadres resteront et doivent rester affectés dans les autres hôpitaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et que des réunions et des décisions administratives importantes continueront à y être prises sur une base quotidienne. Tel que l'a d'ailleurs judicieusement suggéré la semaine dernière en nos pages le député de Lac-Saint-Jean Alexandre Cloutier, c'est bien davantage sur l'organisation des soins et sur les améliorations à apporter aux services aux patients, dans la foulée de l'adoption de Loi 10, que devraient porter les réflexions des élus régionaux et des administrateurs du réseau local de la santé. Là résident, aujourd'hui, les véritables enjeux pour les citoyens. Et pour les élus.

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