CISSS: la région doit s'unir!

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L'Hôpital de Chicoutimi est le principal centre de santé de la région, celui où l'on trouve les services spécialisés et qui collabore étroitement avec l'UQAC et son campus de formation en médecine.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) Le Saguenay-Lac-Saint-Jean ne peut se permettre une chicane de clocher concernant l'implantation du futur Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS).

Au lieu d'ourdir une guerre fratricide aussi longue que stérile, les élus régionaux et les gestionnaires des hôpitaux saguenéens et jeannois devraient plutôt commencer à planifier l'entrée en fonction de cette nouvelle structure et réfléchir aux meilleures façons d'en maximiser les impacts positifs pour les citoyens, puisqu'il est clair que Québec ne fera pas marche arrière quant à l'entrée en vigueur de la Loi 10. Justement, la proposition formulée en nos pages par le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, constitue un point de départ à une réflexion plus constructive.

Les raisons pour lesquelles les bureaux de l'Agence de la santé ont été établis à Saguenay à l'époque sont encore valables aujourd'hui. L'Hôpital de Chicoutimi est le principal centre de santé de la région, celui où l'on trouve les services spécialisés et qui collabore étroitement avec l'UQAC et son campus de formation en médecine. Saguenay demeure la capitale, avec les locaux et les services divers qui découlent de ce statut. Déplacer l'ensemble du personnel et à aménager des bureaux à Alma n'apporterait rien en matière de qualité de soins aux patients. Et cela ne permettrait pas d'économiser des fonds publics, bien au contraire. La plaidoirie du milieu jeannois en faveur de l'implantation du CISSS à Alma se comprend sur le plan «politico-politique», mais elle reste peu porteuse.

Dépouiller Saguenay de tous ses services ne constitue pas une stratégie gagnante à long terme. L'inverse est aussi vrai. La région n'aurait rien à gagner si la capitale régionale se mettait à faire ouvertement des cabales afin de dépouiller les autres municipalités de leurs services administratifs et de leurs principales entreprises. Déjà que des dossiers comme la construction de la prison régionale à Roberval ont laissé des traces...

Au contraire, le Saguenay-Lac-Saint-Jean a tout avantage à se mobiliser et à faire front commun afin de défendre ses intérêts et ses revendications auprès du gouvernement du Québec et de faire face à la gourmandise des grands centres envers les régions excentrées. Le vrai défi, pour les Saguenéens et les Jeannois, consiste à attirer de nouveaux services et de nouvelles entreprises dans la région afin de créer des emplois et des retombées plutôt que de se déchirer à l'interne sur les quelques atouts qui figurent dans son jeu. En ce sens, il serait beaucoup plus porteur que les élus et que le milieu jeannois mettent autant d'effort à se mobiliser avec le Saguenay afin de joindre la coalition «Touche pas à mes régions» qu'à réclamer le déménagement de ressources déjà bien implantées dans la capitale régionale.

L'expression est un peu galvaudée, mais il demeure que l'union fait la force, surtout dans le difficile contexte économique actuel. Avant longtemps, le Lac-Saint-Jean aura besoin de l'appui du Saguenay dans des plusieurs dossiers aux retombées potentielles majeures pour l'ensemble du «Royaume». Pensons uniquement à l'ambitieux projet de développement et de repositionnement du Zoo sauvage de Saint-Félicien ou encore au projet de construction d'une aluminerie dans le secteur de Dolbeau-Mistassini.

Dans ce contexte, les élus de la région doivent mettre le couvercle, rapidement, sur la marmite. Les députés du Saguenay-Lac-Saint-Jean et les élus jeannois les plus influents devraient tous unir leur voix à celle du maire Jean Tremblay et s'élever au-dessus des intérêts partisans afin de faire tuer dans l'oeuf la querelle qui pointe à l'horizon et d'éviter le piège d'une interminable chicane de clocher. En matière de développement social et économique, le Saguenay-Lac-Saint-Jean a bien d'autres chats à fouetter.

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