Deux solitudes à rapprocher

Le conflit de travail qui déchire l'industrie de... ((Photo Michel Tremblay))

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Le conflit de travail qui déchire l'industrie de l'automobile depuis bientôt deux ans nuit à l'image du Saguenay-Lac-Saint-Jean en matière de relations de travail.

(Photo Michel Tremblay)

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) Le conflit de travail qui déchire l'industrie de l'automobile depuis bientôt deux ans nuit à l'image du Saguenay-Lac-Saint-Jean en matière de relations de travail. Il n'aide en rien à convaincre d'éventuels investisseurs à venir s'établir ici alors que la région se retrouve de nouveau plongée au coeur d'un conflit aux dimensions, malheureusement, historiques.

Mais surtout, surtout, ce conflit qui s'éternise ne fait que des victimes parmi tous les travailleurs de ce secteur d'activités, qu'ils soient cadres où collègues d'autres départements qui continuent le boulot. Mais au premier plan de celles-ci, évidemment, se retrouvent les quelque 450 travailleurs actuellement sur les piquets de grève, eux qui bénéficiaient auparavant de conditions de travail bien supérieures à celles dont profitent les Saguenéens et les Jeannois en général...

La décision du syndicat de se retirer du processus de médiation instauré par le ministère du Travail, la semaine dernière, vient donc de jeter une nouvelle douche froide, après quelques timides tentatives de rapprochement dans cette affaire.

Aujourd'hui, les deux parties sont plus éloignées que jamais. Ce qui s'avérait, en février 2013, comme un conflit de travail «traditionnel», est devenu, après deux ans, une guerre larvée sans issue à l'horizon... Un océan glacé sépare les protagonistes.

Deux solitudes

D'un côté, les concessionnaires souhaitent reprendre le contrôle de leur entreprise afin de les ajuster aux nouvelles réalités du domaine de l'automobile. Ils veulent diminuer leurs coûts, obtenir de la souplesse en matière d'horaire et davantage de flexibilité. De l'autre, le syndicat CSD désire protéger les contrats de travail échus au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis deux ans et qui représentent un phare, un modèle qu'il espère voir s'étendre ailleurs au Québec.

Dans cette bataille de Titans, les deux positions, les deux solitudes apparaissent irréconciliables.

Dans ce contexte, compte tenu de l'évolution du dossier au cours des 24 derniers mois, il semble clair que le conflit sera encore long. Très long...

Le retour à la normale, qui surviendra tôt ou tard, sera difficile. Mais il se produira inévitablement.

À la fin du conflit, au bout de 36 ou de 48 mois peut-être, le règlement qui surviendra n'entraînera que des pertes pour les syndiqués. Le bilan sera lourd, décourageant même d'une perspective tant individuelle que régionale: pertes salariales, pertes dans les régimes de retraite, dette envers la centrale syndicale, laquelle prête à chaque travailleur en lock-out une somme de 175$ par semaine. Ces sommes perdues ne seront jamais récupérées... Sans compter tous les drames humains, toutes les plaies émotives...

Il est à craindre, aussi, que plusieurs travailleurs ne perdent leur emploi une fois les négociations terminées puisque le nouveau modèle d'affaires instauré depuis le début du conflit par les concessionnaires, via le réseau régional des garagistes indépendants, semble bien fonctionner.

Après deux ans de conflit, où les parties ont été plus souvent face-à-face devant les tribunaux qu'en négociations ou devant les médiateurs, l'impasse persiste.

Les rapports de force ont été exercés, les limites dépassées.

Alors, que faire maintenant?

La tâche est colossale, certes. Mais, les négociations doivent obligatoirement reprendre.

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