Le statut des élus de Saguenay

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La décision du maire de Saguenay, Jean Tremblay, d'aller de l'avant avec la création d'un parti politique officiel, a pour effet de mettre de la pression sur les élus qui siègent actuellement autour de la table du conseil de la capitale régionale.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) La décision du maire de Saguenay, Jean Tremblay, d'aller de l'avant avec la création d'un parti politique officiel, a pour effet de mettre de la pression sur les élus qui siègent actuellement autour de la table du conseil de la capitale régionale.

À l'exception des deux conseillères de l'ERD, Josée Néron et Christine Boivin, et de Julie Dufour, exclue de facto des plans du maire, ceux-ci auront en effet une importante décision à prendre concernant l'orientation qu'ils souhaitent donner à la suite de leur engagement public, alors que la situation à Saguenay est de plus en plus polarisée. Ce sera particulièrement le cas pour les nouveaux venus à la table du conseil qui se réclament du statut de conseiller indépendant.

Plusieurs élus déjà identifiés comme des proches du maire Tremblay ont indiqué, sans grande surprise, qu'ils comptaient adhérer à son parti. C'est le cas de Claude Tremblay et de Sylvie Gaudreault, notamment. Des vétérans comme Marc Pettersen, Luc Boivin et Carl Dufour n'ont pas encore pris de décision. Tout comme d'autres élus tels Jonathan Tremblay. Pour leur part, François Tremblay et Simon-Olivier Côté ont clairement affirmé en nos pages qu'ils ne souhaitent pas joindre une formation politique et qu'ils comptent plutôt continuer à se positionner à titre d'indépendants et à agir en tant que tel.

Or, c'est justement sur ces conseillers qui choisiront de rester et de s'afficher comme indépendant que les projecteurs se tourneront une fois que le maire Tremblay aura concrètement lancé sa formation. Car, ceux-ci se retrouveront en quelque sorte coincés entre le parti de Jean Tremblay et l'opposition officielle de l'ERD. Dans ces circonstances, ils auront vraisemblablement un rôle de tampon à jouer. Pourront-ils tirer leur épingle du jeu dans cette nouvelle dynamique? Il le faudra. Leur laissera-t-on l'occasion de le faire? Ce sera essentiel, à défaut d'être gagné d'avance...

Rôle

Chose certaine, le rôle de conseiller indépendant ne pourra se résumer à de la simple figuration. Ces élus devront prendre part aux débats. Leur vote aux séances publiques aura une autre signification, peu importe quel camp ils appuient d'un dossier à l'autre... Évidemment, la dynamique d'un conseil municipal diffère de celle qui prévaut dans un parlement provincial ou fédéral. Les rôles de chaque élu aussi.

À Saguenay, la volte-face du maire, qui a toujours démontré son scepticisme envers l'utilité des partis politiques et qui le démontre toujours d'ailleurs, aura pour effet de mettre fin à une certaine forme d'hypocrisie. Dans les faits, l'immense majorité des conseillers municipaux, pratiquement depuis la naissance de la grande ville fusionnée, ont toujours été «membres» de facto d'un parti dirigé par Jean Tremblay.

La naissance d'un parti politique officiel mené par ce dernier fournit donc à tous les élus saguenéens l'occasion de clarifier leur statut, de montrer clairement à quelle enseigne chacun loge. Les conseillers qui choisiront de rester indépendants devront se montrer à la hauteur des responsabilités d'un tel choix. Ils devront poser des questions, intervenir dans les débats. Ils ne pourront pas toujours voter du même bord. Une situation qui pourrait alors s'avérer profitable à la vie démocratique à Saguenay...

L'autre piège qui guettera les élus municipaux consiste dans une polarisation encore plus marquée des échanges et du climat entre deux partis politiques retranchés dans des positions irréconciliables. Certes, cette situation caractérise, malheureusement, déjà le climat politique de Saguenay. Mais la future formation politique du maire Tremblay ne doit pas viser cet objectif. Le seul objectif que doivent viser les élus, tous les élus de la capitale régionale, devrait être de servir le citoyen. Particulièrement dans le contexte économique actuel.

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