Alcool: le chaud et le froid

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En matière d'alcool, de facultés affaiblies et de conduite automobile, les Québécois soufflent le chaud et le froid et sont encore bien difficiles à cerner, malgré des décennies de campagnes de sensibilisation et d'information, souvent choc, à ce propos.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) En matière d'alcool, de facultés affaiblies et de conduite automobile, les Québécois soufflent le chaud et le froid et sont encore bien difficiles à cerner, malgré des décennies de campagnes de sensibilisation et d'information, souvent choc, à ce propos.

Un sondage réalisé pour le compte de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) dont les données ont été publiées au cours du long congé des Fêtes a révélé, en effet, que plus d'un automobiliste québécois sur deux, soit 53% des répondants, prend parfois le volant après avoir bu au moins une consommation alcoolisée.

Pourtant, à la quasi-unanimité, 98% des Québécois affirment, et avec raison d'ailleurs, qu'il n'existe plus aucune excuse valide pour conduire en état d'ébriété en 2015... De plus, selon le coup de sonde de la SAAQ, mené auprès d'un vaste échantillon, ce sont les citoyens dont le revenu familial dépasse 75 000$, les titulaires d'un diplôme universitaire et les conducteurs désignés qui sont les plus nombreux, et les plus susceptibles de prendre le volant après avoir bu, ne serait-ce qu'une consommation. Ces données sont intrigantes et incitent à la réflexion. Car elles battent en brèche le mythe tenace qui soutient que ce sont davantage les individus moins scolarisés qui sont les plus susceptibles de conduire en état d'ébriété. D'autant plus que le sondage indique également que 11% des répondants dont le revenu familial de plus de 100 000$ par année ont admis avoir déjà conduit après avoir pris au moins cinq consommations, taux qui grimpe à 15% au sein des 25-35 ans... Alors que parmi l'ensemble des répondants, un total de 6% des répondants ont admis avoir déjà bu autant avant de conduire.

Comment donc, concilier le fait que la majorité des conducteurs québécois prennent le volant après avoir bu, même très peu, avec le fait que pratiquement la totalité des citoyens de la Belle province condamne sévèrement la conduite avec les facultés affaiblies?

Une des pistes avancées par la SAAQ repose sur le constat que les Québécois sont encore confus par rapport à la notion de facultés affaiblies. Car, si la loi stipule que l'on ne doit pas conduire avec un taux d'alcoolémie de 0,08, il n'en demeure pas moins qu'un conducteur peut présenter des facultés affaiblies et être inapte à conduire sécuritairement même sans atteindre ce seuil. La fatigue, d'ailleurs, constitue un facteur qui peut diminuer les facultés d'un automobiliste aussi sérieusement que l'alcool ou que la drogue...

À la lumière du coup de sonde, on constate l'importance pour la SAAQ de poursuivre ses campagnes de prévention contre l'alcool au volant, d'une part, mais surtout sur la notion de «facultés affaiblies» en tous genres. Une voie du reste qu'avait déjà commencé à explorer l'organisme. Le fameux «.08» n'est donc plus la cible qui doit primer dans l'imaginaire collectif des automobilistes du Québec.

Campagnes

Ce n'est pas une mince tâche. Mais les campagnes portant notamment sur l'importance du port de la ceinture de sécurité, que personne ne bouclait à une époque pas si lointaine, ont démontré qu'il est possible de faire évoluer les mentalités. Ces campagnes apparaissent plus faciles et plus efficaces que de légiférer unilatéralement, par exemple en interdisant totalement la consommation même d'un seul verre avant de conduire ou en diminuant le taux permis de .08 à .05, par exemple.

D'autant plus qu'il faut admettre que les choses ont bien changé en matière d'alcool au volant au Québec et au Saguenay-Lac-Saint-Jean au fil des dernières décennies. À preuve, dans la région, les bénévoles d'Opération Nez rouge ont effectué plus de 3100 raccompagnements au cours de la dernière période des Fêtes. Au Saguenay, une nouvelle marque a été établie à ce chapitre.

Au terme de 31 ans d'activités, Opération Nez rouge, devenu un véritable symbole du temps des Fêtes québécois, a effectué près de deux millions de raccompagnements, en plus de recueillir des fonds destinés à la jeunesse et aux sports.

Voilà qui est encourageant!

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