Faire preuve d'ouverture...

Le maire Jean Tremblay... ((Photo Jeannot Lévesque))

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Le maire Jean Tremblay

(Photo Jeannot Lévesque)

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) Nonobstant la décision sur le fond du dossier qui sera éventuellement rendue par le tribunal concernant les obligations de Saguenay vis-à-vis le financement du cabinet politique de l'Équipe du renouveau démocratique (ERD), le maire Jean Tremblay et l'administration de la capitale régionale devraient permettre aux élues et au personnel de la formation politique de continuer à utiliser les locaux de la Maison d'accueil de la rue Racine au cours des trois prochaines années.

Ce geste constituerait une marque d'ouverture et de bonne foi envers la démocratie de la part du maire. Une telle ouverture permettrait aussi de diminuer de quelques crans le climat de tension malsain et stérile qui prévaut depuis les dernières élections municipales à la table du conseil. Ne serait-ce que pour cette seule raison, l'ensemble des citoyens de Saguenay en sortirait alors gagnant. Faut-il vraiment souligner que les échanges aux séances du conseil municipal empirent de mois en mois et que cette situation nuit de plus en plus à la bonne marche des affaires de la municipalité, notamment au bon déroulement de plusieurs projets structurants, et ce alors que le contexte économique s'avère très préoccupant?

Sans compter que la position politique du maire Tremblay profiterait grandement d'un tel geste, bien peu coûteux et bien peu compliqué pour Saguenay. La combativité et la hargne affichées par le premier citoyen, dans plusieurs dossiers en général et envers l'opposition, en particulier, depuis les dernières élections, sont en voie de le desservir aux yeux de nombreux électeurs plutôt que de le servir. D'autant plus que la dissolution de son cabinet a eu comme de conséquence de replacer dans l'appareil administratif municipal plusieurs de ses ex-collaborateurs, geste qui a suscité bien des réactions et qui flirte avec la limite sur le plan éthique. Politicien municipal aguerri, Jean Tremblay n'a pas besoin d'afficher une telle attitude de fermeture. Ses preuves sont faites. Et le contexte politique municipal ne s'y prête plus.

Les tribunaux trancheront quant au fond de la requête logée par l'ERD concernant l'obligation de la ville d'octroyer ou non des sommes pour assurer le fonctionnement du cabinet politique de la formation.

Mais sur le fond, les arguments avancés en nos pages mercredi par la conseillère Josée Néron, qui demande justement au maire Tremblay de permettre à sa collègue et à elle-même de continuer à occuper les locaux de la Maison d'accueil, tiennent la route.

L'ERD gagnerait certes à sortir de son rôle d'opposition et à proposer davantage de projets et de suggestions concrètes pour faire avancer la capitale régionale. Mais, il est clair que le parti a fait campagne en affirmant qu'il souhaitait faire contrepoids et s'opposer de manière structurée à l'administration Tremblay. Dans ce contexte, que ses deux élues aient besoin de locaux réservés à leur usage, hors de l'hôtel de ville même, peut se concevoir et se comprendre.

La liberté d'expression

La liberté d'expression, qui inclut évidemment la caricature et la satire, constitue le fondement de la démocratie. Le droit d'exprimer ses opinions est nécessaire et essentiel aux débats publics, et ce peu importe la teneur des enjeux abordés, qu'ils soient philosophiques, religieux, politiques ou plus simplement bien terre-à-terre. En ce sens, l'attentat survenu hier à Paris interpelle tous les citoyens. Il doit forcer, collectivement, à la réflexion. Il ne doit pas ébranler les artisans des médias à continuer à jouer leur rôle. À susciter les débats. À questionner intelligemment. Les citoyens doivent les appuyer en ce sens. Jouer leur rôle en s'informant. En participant au débat public. En restant critiques. Des attentats comme celui de Paris cherchent à déstabiliser les populations visées, à les détourner de leurs valeurs profondes. À créer des clivages et des fractures entre les communautés, entre les populations de diverses provenances et de diverses religions. C'est là le piège à éviter en France, où les tensions sociales sont à vif depuis plusieurs années. C'est là aussi le piège à éviter ici-même au Canada. Et ici au Saguenay-Lac-Saint-Jean...

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