Partisanerie et cynisme...

Les travailleurs du Centre d'électrolyse ouest de la... ((Photo Jeannot Lévesque))

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Les travailleurs du Centre d'électrolyse ouest de la société Rio Tinto Alcan à Jonquière ont poussé un soupir de soulagement, alors que le gouvernement et l'entreprise ont conclu une entente qui permet de prolonger l'exploitation de la technologie précuite jusqu'au 31 décembre 2020.

(Photo Jeannot Lévesque)

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(Chicoutimi) En politique, les élus de toutes allégeances et de tous paliers ont souvent tendance à donner dans la partisanerie exacerbée. Cette tendance engendre son lot de débats et d'accusations stériles et de dialogues de sourds entre les politiciens et prive souvent ceux-ci de solutions constructives et porteuses, en plus de les empêcher d'aller au fond des dossiers, voire de mettre de l'avant des programmes et des stratégies à long terme qui seraient profitables à l'ensemble de la population. Et à toute la classe politique elle-même d'ailleurs!

Sans compter que la partisanerie, lorsqu'elle est érigée en dogme, constitue un terreau fertile pour faire croître le cynisme des citoyens...

Dans ce contexte, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a justement posé un beau geste d'ouverture et éminemment non partisan, peu avant Noël, lorsqu'il a confirmé l'entente intervenue entre Rio Tinto Alcan et son gouvernement concernant la prolongation de la durée d'opération des cuves précuites du Complexe Jonquière.

Ce dernier en a effet invité le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, à se présenter sur la scène au moment de prendre les photos officielles immortalisant l'événement, très important pour l'économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean et pour sa filière du métal gris.

Le premier ministre a aussi souligné, dans son allocution, tout le travail accompli dans ce dossier par son collègue de Jonquière.

«C'est pour ce genre de journée, ce genre d'annonce structurante que nous faisons de la politique», a alors souligné le député de Roberval.

Compte tenu de l'importance et du contexte dans lequel s'est déroulée l'annonce faite par le gouvernement du Québec et par RTA, ce geste est passé inaperçu sur le coup. Mais, en ce début d'année qui s'annonce particulièrement chargé sur le plan de la politique québécoise, il est utile de le replacer sous les projecteurs.

Évidemment, il serait naïf, utopique, de croire que de tels gestes, de telles manifestations d'ouverture deviendront la norme... Surtout lorsque les débats concernant la révision des dépenses de l'État et les négociations des conditions de travail dans le secteur public reprendront en force à l'Assemblée nationale.

Sur la scène régionale, néanmoins, l'année 2015 offrira sa part d'occasions et de rendez-vous importants où la mise en veilleuse de la partisanerie politique traditionnelle gagnerait fortement à être de mise.

Le sommet économique de juin prochain sera un de ces événements. Déjà, le premier ministre Couillard a plusieurs fois assuré que l'exercice de réflexion serait au-dessus des considérations «politico-politiques» et ferait place aux idées constructives et concrètes. Les députés péquistes de la région ont déjà assuré qu'ils participeraient avec ouverture et détermination à ce forum dont ils avaient du reste tracé les grandes lignes au cours de leur propre mandat à la tête de l'État québécois.

Voilà qui est de bon augure. Mais, bien sûr, l'important est que les actions suivent les déclarations...

Les dés étaient jetés...

Vraisemblablement, le sort des Conférences régionales des élus (CRÉ) était déjà scellé dès que le gouvernement Couillard a été porté au pouvoir. Et, apparemment, les dés étaient jetés dans ce dossier à partir de son apparition sur les écrans radars. Ainsi, malgré des demandes de rencontre répétées logées par la direction de la CRÉ régionale dès les premières semaines du mandat du député de Roberval, ce dernier n'a pas voulu participer à un tel exercice, qui semblait pourtant couler de source à ce moment. Le bureau du premier ministre n'a pas non plus répondu aux multiples demandes de rencontres formulées par l'organisme une fois que l'idée d'abolir ces structures a été lancée officiellement. Comme quoi les conférences régionales des élus, mobilisation populaire ou pas, n'avaient pas la cote auprès du premier ministre dès le départ. Quand même, une rencontre informelle, ne serait-ce que pour prendre le pouls des enjeux et de situation sur le terrain, dans les premières semaines d'entrée en poste du cabinet Couillard, aurait été de mise.

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