La danse au Royaume!

L'usine Kénogami de Résolu produit 40 000 tonnes... ((Archives))

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L'usine Kénogami de Résolu produit 40 000 tonnes métriques de papier qui servait à l'impression des circulaires publicitaires de Best Buy.

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(Chicoutimi) Il se pourrait bien que le 31 au soir, les Jeannois et les Saguenéens ne sachent pas sur quel pied lancer leur rigodon. Un pas à gauche, un autre à droite, les écolos au centre, les investisseurs autour, changez de côté, envoyez la compagnie! Un mouvement par en arrière et un élan par avant, en pensant à l'année qui vient de s'écouler au Saguenay-Lac-Saint-Jean!

Parce que l'actualité économique et la cohésion sociale ou plutôt l'incohésion sociale ont prévalu dans un climat de confusion sur fond de gestion de ressources naturelles. Bélugas et caribous forestiers ont succédé à la grive de Bricknell (projet d'éoliennes dans le Parc) et à la mini-centrale de Val-Jalbert.

Des critiques

La perte de la norme FSC par Produits forestiers Résolu, exigence du marché pour l'exploitation durable des forêts, le quai d'Arianne Phosphate du côté nord du Saguenay, le projet de gaz liquéfié de 7 milliards$ de LGN Québec, l'expansion de Niobec (2 milliards$) et les phases II de RTA à Alma et Jonquière n'en finissent plus d'alimenter les espoirs... dans ce qui apparaît le Royaume de la division! Sans compter les différends avec les communautés amérindiennes qui ont des droits et des prétentions sur les territoires concernés.

Si tous ces projets sont bel et bien différents dans leur nature, ils suscitent néanmoins la critique, sauf ceux de RTA qui ont obtenu les approbations nécessaires. D'ailleurs, c'est RTA qui détient, bien malgré elle, la clé de l'économie. Si le marché de l'aluminium permettait d'aller de l'avant dans les expansions à Alma et Arvida, il y aurait moins de pression et de projecteurs sur les autres projets.

Le prix de la tonne à 1834$, au 24 décembre, démontre bien que le marché invite plutôt à la prudence qu'à l'investissement. Les observateurs de l'industrie ont introduit une nouvelle incertitude au cours des dernières semaines: est-ce que la Russie de Poutine va surproduire de l'aluminium pour se sortir de son empêtrement? Dans ce contexte, il est heureux que le gouvernement du Québec ait autorisé RTA à exploiter les salles de cuves de technologies précuites au-delà de la date de péremption. D'abord, cela constitue une reconnaissance des efforts qui ont été déployés pour améliorer le bilan environnemental des précuites et, ensuite, le sursis permet à la région de respirer un peu.

Ce qui se passe ailleurs pour l'aluminium illustre comment la conjoncture mondiale influe sur tous les projets de ressources naturelles. C'est encore plus vrai pour les projets d'énergie. L'exploitation des gaz de schiste aux États-Unis a enlevé un avantage concurrentiel au Québec en mettant de la pression à la baisse sur les prix de l'énergie. Et que dire de l'industrie forestière, qui essaie de sauver les meubles! Le jour où il y aura des droits de coupe non utilisés parce que plus de marché n'est pas loin!

Les économies basées sur l'exploitation des ressources naturelles sont soumises à des énigmes et des changements subits, tant et si bien ce qui semble pressant aujourd'hui peut passer aux calendes grecques dans quelques semaines!

Vivre ou périr

Suivant ce portrait, il est à se demander si un nouvel adage ne sied pas à la région: qui vit par les ressources naturelles périt par les ressources naturelles! La confusion et les hésitations pourraient être déterminantes pour notre avenir à court, moyen et long terme. La région a les moyens d'exploiter ses ressources avec intelligence pour maintenir ses acquis et tout en n'hypothéquant pas l'avenir. Il y a une difficulté qui subsiste: l'absence de dialogue. De part et d'autre, les acteurs jouent l'acte final d'une tragédie annonçant la fin du monde.

Au cours des dernières semaines, les Jeannois et les Saguenéens ont eu droit aux excès de langage des parties en cause. Certains, ayant les connaissances scientifiques et les mesures sociales, comme les universitaires Claude Villeneuve et Nicole Huybens, ont tenté de ramener le débat sur l'essentiel: la prospérité et la pérennité. Ils affirment que c'est possible. À travers ces méandres d'argumentations, la région est condamnée à réussir, à avancer et à se développer.

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