Des décisions inélégantes

Le budget adopté mardi dernier à Saguenay témoigne de l'importance, pour... (Archives Jeannot Lévesque)

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Le budget adopté mardi dernier à Saguenay témoigne de l'importance, pour l'administration Tremblay, de prendre le contrôle sur la dette, qui a atteint en juin dernier un sommet de 335 M$ et qui continue de croître. Cette dette constitue une très lourde charge qui limite drastiquement la marge de manoeuvre des élus en matière de développement et d'investissements structurants, alors que les besoins sont criants en cette matière et qu'ils iront en s'accentuant.

À preuve, le budget 2015 de la capitale régionale prévoit que le remboursement de la dette et de ses frais afférents nécessitera à lui seul quelque 17% du total des dépenses, ce qui représente l'un des principaux postes de dépenses de la ville. Autant que les sommes dévolues à l'administration générale! Il est clair que l'élastique est étiré au maximum et que les élus n'ont d'autre choix que d'adapter leurs futures décisions en conséquence.

Conjugué aux effets du Pacte fiscal 2015, le poids de la dette de Saguenay explique en bonne partie la hausse de 1,9% de la taxe foncière résidentielle et des tarifs des services publics, hausses qui représentent 3,8% au total pour un contribuable moyen, soit un peu plus du double de l'inflation.

Car le maire Tremblay, au cours des derniers mois, a mené une longue opération de dégraissage de la machine administrative afin de limiter les hausses de taxes... Reste à voir, justement, comment cela se traduira sur le terrain, à compter de janvier.

La même hausse moyenne du taux de taxe foncière de 1,9% se vérifie pour le secteur industriel, alors que le taux de taxe commerciale croit de 2,3%. Certes, geler ces taux et ces tarifs aurait été utopique, voire dangereux à long terme. Il est préférable de les indexer à chaque année, au risque de provoquer, sinon, un manque à gagner qui nécessite, le moment venu, un rattrapage d'envergure qui crée un choc important pour les contribuables concernés, ce qui s'est déjà produit à Saguenay d'ailleurs.

Au moins, les sommes prévues au budget 2015 et dans le Plan triennal d'investissements 2015-2016-2017 en matière de travaux de réfection et de mises aux normes des infrastructures, sont importantes. Au total, Saguenay prévoit injecter dans ces chantiers critiques plus de 46 M$ dès l'an prochain, et plus de 128 M$ au total pour ces trois années. Ces sommes sont conséquentes mais, dans un contexte où les rues, les infrastructures et les réseaux d'aqueduc et d'égouts sont vieillissants ici comme dans les autres grandes villes du Québec, elles constituent tout au plus un point de départ et non une fin.

Inélégance

Sur la forme, le dépôt du budget 2015 s'est révélé un exercice inélégant. Les élus de Saguenay n'ont ainsi eu la chance de prendre connaissance des documents, très résumés, que quelques minutes avant leur adoption. C'était peut-être la coutume à ici; un moyen d'éviter les fuites. Mais, ce n'est pas la meilleure façon de faire. Surtout compte tenu du contexte politique tendu qui prévaut à Saguenay. On aurait ainsi dû présenter le budget à huis clos avant la séance spéciale, ce qui aurait permis aux élus de comprendre ce pour quoi ils votent, en tout respect de leur mandat et de leurs obligations, et de le questionner. Cette façon de faire doit devenir la nouvelle norme dans la capitale régionale.

De même, la manière avec laquelle le maire Tremblay a choisi de couper le budget dévolu à l'opposition n'est pas non plus un geste respectueux de la démocratie et propice à améliorer les relations à la table du conseil. Techniquement, la disparition officielle du cabinet du maire permet de réaliser des économies. Ce qui permettrait, selon les avis des juristes de Saguenay, de supprimer du coup le budget alloué à l'ERD. Mais la stratégie reste malhabile et l'affaire se retrouve aujourd'hui devant les tribunaux, ce qui engendre des dépenses supplémentaires! Et, il est difficile de croire que le maire Tremblay peut aujourd'hui gérer la ville sans compter sur du personnel dédié, surtout compte tenu de l'ampleur qu'a atteint, au cours des dernières années, cette instance. Il aurait été plus porteur et plus magnanime, pour Jean Tremblay, de couper la poire en deux en conservant un plus petit cabinet et aussi un certain budget pour l'opposition. Cela aurait été une marque de respect envers la démocratie et envers tous ses citoyens. Une preuve de grandeur, un geste noble qui aurait évité, à peu de coûts, d'envenimer la situation.

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