Un pont vers l'avenir

La confirmation de la prolongation de la durée... ((Photo Jeannot Lévesque))

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La confirmation de la prolongation de la durée d'opération de l'ensemble des cuves précuites du Complexe Jonquière jusqu'en 2020 constitue une très bonne nouvelle pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

(Photo Jeannot Lévesque)

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(Chicoutimi) La confirmation de la prolongation de la durée d'opération de l'ensemble des cuves précuites du Complexe Jonquière jusqu'en 2020 constitue une très bonne nouvelle pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Juste avant Noël, les 1000 travailleurs directement concernés peuvent respirer plus à l'aise. Toute la région aussi. Aujourd'hui, la direction de RTA dispose de la piste d'atterrissage dont elle avait besoin pour assurer la délicate période de transition entre la construction des deuxième et troisième phases de l'usine AP60 et la fin des activités des cuves d'ancienne génération, alors que le marché de l'aluminium demeure fragile et ses perspectives à court terme incertaines.

Grâce à cette entente, Rio Tinto Alcan aura le temps et la latitude sociale, politique et énergétique nécessaire pour planifier et lancer, au moment stratégiquement opportun, la construction des cuves de nouvelle technologie. À cet égard, pour toutes les parties, la pression vient de diminuer de plusieurs crans, ce qui constitue un avantage incontestable pour la suite.

Dans le contexte économique actuel, Québec a pris la bonne décision en permettant à Rio Tinto Alcan de continuer à opérer les vieilles salles de cuves jonquiéroises. Il s'agit d'une entente «gagnante-gagnante », et ce même si elle ne contient pas de clause concernant un calendrier précis de réalisation des phases subséquentes du projet AP60. Car, en contrepartie, le gouvernement obtient un tonnage accru de métal gris rendu disponible aux fins d'activités de transformation, et l'assurance du maintien jusqu'en 2020 du Bureau régional de diversification de RTA.

Hier, le soulagement de tous, dirigeants, élus et travailleurs, était palpable. Car, même si les discussions entre Québec et RTA semblent s'être déroulées plutôt rondement, il reste que leur dénouement, en raison des enjeux complexes, ne coulait pas de source. Le gouvernement aurait pu rejeter la requête de la multinationale. Il aurait eu le droit de le faire.

Parce qu'il est vrai que la technologie des précuites est dépassée et plus polluante, surtout en regard des prouesses de l'AP60. Par contre, grâce aux efforts de tous les travailleurs du Complexe Jonquière, les émissions des précuites ont été largement réduites dans les dernières années. D'un point de vue de développement durable, donc, les avantages humains et sociaux de cette décision justifient pleinement le maintien en activité de ces cuves.

D'autant plus que l'absence de prolongement ou qu'un prolongement partiel aurait signifié la perte de centaines d'emplois et vraisemblablement porté un coup fatal à l'avenir du Complexe Jonquière et, par extension, à l'ensemble de l'économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Parce qu'alors, RTA aurait bel et bien procédé à la fermeture des précuites selon les échéanciers de 2006. Le couperet se serait abattu dès les prochains jours! Ce qui aurait poussé les coûts de production du Complexe à la hausse et l'aurait conduit à sa perte, graduellement. C'est pourquoi cet accord représente un jalon, un pont posé vers l'avenir de la filière régionale de l'aluminium. Même si cette entente signifie que la construction des deux autres phases de l'usine AP60, un chantier crucial, est reportée de quelques années, en raison des conditions du marché, elle constitue un élément clé du succès de ce projet. Car ce prolongement assure que le Complexe Jonquière restera en activité jusqu'à ce que ce dénouement se produise, avec ses 1000 emplois directs. C'est là un gain énorme, le pont vers l'avenir.

Parce que sans un Complexe Jonquière fort, c'est toute la filière régionale du métal gris qui serait affaiblie, des équipementiers qui la composent jusqu'aux centres de recherche qui assurent son rayonnement, en passant par les autres usines régionales de RTA. Ce constat, le premier ministre et député de Roberval, Philippe Couillard, l'a bien saisi, comme en témoignait sa présence hier au coeur du complexe industriel.

En cette fin d'année 2014 difficile sur le plan économique, il convient de savourer cette belle entente. Mais il faut aussi, pour le milieu régional, rester vigilant et travailler de concert avec les élus, les travailleurs et la direction de RTA pour assurer la concrétisation de l'agrandissement de l'aluminerie d'Alma, du projet AP60 et la croissance des activités de recherche sur le métal gris, pilier de la filière régionale de l'aluminium. Filière qui représente un énorme pan de l'avenir économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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