Un véritable électrochoc...

Le caribou forestier, une espèce désignée comme vulnérable... (Photo Bill Quayle, archives La Presse Canadienne)

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Le caribou forestier, une espèce désignée comme vulnérable depuis 2005 dans la province.

Photo Bill Quayle, archives La Presse Canadienne

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) Les dossiers très médiatisés et très polarisés concernant la préservation des populations de caribou forestier et du béluga du Saint-Laurent posent des défis délicats mais cruciaux tant pour les environnementalistes que pour la communauté économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de l'ensemble du Québec.

La grande question qui en découle, une question qui pèse des centaines de millions de dollars et qui s'avère cruciale pour l'avenir de plusieurs régions ressources, c'est de savoir si ces deux communautés, trop souvent aux antipodes l'une de l'autre dans l'espace public comme on le constate actuellement dans le domaine forestier en particulier, seront en mesure, enfin, des positions et des stratégies qui permettront la survie, puis éventuellement le rétablissement des deux espèces, mais aussi la concrétisation harmonieuse des projets économiques qui figurent présentement dans les cartons, tant au Saguenay-Lac-Saint-Jean qu'ailleurs au Québec.

Débats

Pour répondre à cette interrogation, il faudra que les deux groupes fassent preuve de transparence, de bonne foi, d'ouverture, de maturité et de réalisme. Il faudra aussi que les deux paliers de gouvernement agissent avec rigueur afin d'encadrer les débats selon leurs compétences respectives, de les guider aux besoins et de les arbitrer intelligemment. La commande est très importante. Et le droit à l'erreur est inexistant...

Mais ce qui est absolument certain, c'est qu'il n'est pas question ici, de décider entre la survie des caribous forestiers et des bélugas et la poursuite de projets économiques, encore moins d'opposer les deux concepts.

Il est clair que ces deux objectifs doivent aller de pair. Il est clair que ces deux objectifs peuvent aller de pair.

Ce qu'il faut déterminer rapidement et clairement, c'est comment on peut parvenir à concilier ces deux impératifs. S'il faut agir rapidement, justement, c'est parce que, en cette période économique pour le moins difficile, les enjeux sont d'autant plus émotifs. Attendre trop longtemps, laisser les débats traîner en longueur et s'envenimer dans les médias traditionnels et dans les médias sociaux, constitue une recette pour un désastre. Pour des débats stériles et sans fin. Dans ce contexte, justement, trouver la bonne recette pour parvenir à établir un bon dialogue, prélude pour trouver des solutions durables, intelligentes et à la hauteur des enjeux, devient primordiale.

Le gouvernement du Québec devrait-il mettre en place une table de travail très élargie regroupant l'ensemble des intervenants interpellés par ces dossiers afin d'encadrer les discussions et d'établir des stratégies? Devrait-on confier ce type de mandat à un expert indépendant? Ou alors, devrait-on mandater la Chaire en éco-conseil de l'UQAC, organisme dont l'expertise en matière de développement durable est reconnue internationalement, de réfléchir à la question et d'établir une marche à suivre?

Électrochoc

Chose certaine, la décision du comité scientifique de Pêche et Océans Canada de placer le béluga sur la liste des «espèces en voie d'extinction» a provoqué un véritable électrochoc dans l'espace public du Québec, mais également au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les derniers évènements entourant les activités de l'usine Kénogami de Résolu aussi.

Dans la région, les réactions de la communauté d'affaires, les nombreux commentaires et les multiples lettres ouvertes publiées en nos pages témoignent de l'importance qu'ont pris les enjeux liés à la préservation de l'environnement. Ces réactions ont le mérite d'avoir rallumé les débats sur les enjeux économiques et sur les perspectives de développement futur du «Royaume» et de démontre l'importance prise par les enjeux liés au développement durable. Au cours des derniers mois, la morosité, la grisaille, semblaient étouffer la région. Tant mieux si elle sort de sa torpeur! Tant mieux si, à l'aube d'une nouvelle année où un grand sommet économique est justement prévu, la région se remet à s'interroger ce qu'elle veut être demain.

Dans cette vision, toutefois, il importe que les enjeux économiques et environnementaux ne soient pas en opposition mais bien en complémentarité. C'est possible d'y parvenir si tout le monde pousse dans la même direction et même si le dialogue démarre sur des bases fragiles. À condition que tout le monde ait le courage de jouer son rôle honnêtement, intègrement et avec transparence.

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