Une stratégie «Béluga»

À l'aube de la tenue des audiences publiques... (Photo iStock)

Agrandir

À l'aube de la tenue des audiences publiques du BAPE sur le projet d'exploitation du gisement du Lac-à-Paul, les dirigeants de la minière Arianne Phosphate doivent prendre au sérieux les défis, voire les menaces, posés par la question de la survie des populations de bélugas dans la voie maritime du Saint-Laurent et dans le Saguenay.

Photo iStock

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Chicoutimi) À l'aube de la tenue des audiences publiques du BAPE sur le projet d'exploitation du gisement du Lac-à-Paul, les dirigeants de la minière Arianne Phosphate doivent prendre au sérieux les défis, voire les menaces, posés par la question de la survie des populations de bélugas dans la voie maritime du Saint-Laurent et dans le Saguenay.

À cet égard, la société minière aurait intérêt à prendre les devants sans tarder dans ce dossier et à commander rapidement une série d'études et d'analyses afin de voir comment son projet de construction d'un terminal de transbordement du minerais aux limites de Saint-Fulgence peut s'inscrire dans la stratégie de préservation de cette espèce québécoise emblématique, stratégie qui ne manquera pas d'être mise en place par les autorités à brève échéance.

Préoccupations

Les questions environnementales, en effet, préoccupent au plus haut point les Québécois. Elles suscitent de plus en plus de réactions et de mouvements populaires. Elles influencent par conséquent d'autant plus les actions et les décisions des élus. Il suffit, pour s'en convaincre, de voir avec quelle rapidité le gouvernement du Québec, et le premier ministre Philippe Couillard, ont fait volte-face concernant le projet de port pétrolier à Cacouna dans les heures qui ont suivi la désignation du béluga, par les spécialistes de Pêche et Océans Canada, d'espèce menacée à espèce en voie de disparition.

Dans cette perspective, Arianne Phopshate doit prendre le taureau par les cornes et agir avec transparence et célérité. La minière doit démontrer qu'elle entend tout faire en son pouvoir pour limiter les impacts de l'ensemble de ses activités sur l'habitat du béluga. Elle doit démontrer qu'elle est prête à travailler de concert avec les autorités compétentes pour adapter ses plans aux exigences qui seront sans doute mises de l'avant afin d'assurer la survie de la petite baleine blanche. Arianne Phosphate ne doit pas sous-estimer l'importance de ce dossier, sous peine de faire face à une levée de boucliers susceptible de compliquer, de retarder, voire de faire capoter complètement le projet, avec les retombées économiques majeures qui vont de pair...

De toute façon, peu importe le contexte ou les circonstances, en cette fin d'année 2014, aucun promoteur impliqué dans un quelconque dossier de nature économique ou d'exploitation des ressources naturelles ne peut agir sans se préoccuper au plus haut point des questions environnementales, ni respecter les notions de base du développement durable. Et, c'est tant mieux!

Jusqu'à présent, Arianne Phosphate a agi avec transparence et a multiplié les démarches d'information et de consultations avec le milieu. Cette attitude d'ouverture sera primordiale pour la suite des choses. À la lumière des derniers développements, nul doute que la société minière devra manoeuvrer avec doigté pour que son projet, important pour l'économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean, continue à progresser rondement et surtout respectueusement vers un dénouement favorable, tant pour les promoteurs que pour les intérêts de l'économie de la région et l'environnement en général.

Promoteurs

D'ailleurs, tous les promoteurs dont les activités impliquent l'utilisation du Saguenay et/ou de la voie maritime du Saint-Laurent doivent désormais se préoccuper, eux-aussi, au plus haut point, de la question de la préservation de l'habitat du béluga et des nouvelles normes qui risquent de découler des plans d'action des gouvernements fédéral et provincial.

Parce que, selon toutes les probabilités, leurs propres plans de match risquent aussi d'en subir des changements et des contrecoups, à court mais surtout à moyen et à long terme.

C'est notamment le cas dans le cadre du projet encore très embryonnaire de terminal de gaz naturel liquide de LNG Québec à Grande-Anse, et même en ce qui concerne le passage de navire de croisières de grande envergure dans le fjord du Saguenay.

Bref, il vaut mieux, pour les promoteurs, dès maintenant chercher à être proactifs et à prendre les devants plutôt que d'attendre que les événements les obligent à agir une fois acculés au pied du mur, dans l'urgence et dans la tourmente. Désormais, pour ceux-ci, il vaut mieux établir une stratégie «Béluga»...

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer