Projet ficelé ou pari risqué?

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Compte tenu de l'état des finances de la ville et du contexte budgétaire en général, il faut croire, et espérer, que la construction d'un motel industriel sur les terrains de l'aéroport de Bagotville par Saguenay, sous l'égide de Promotion Saguenay, répond à un besoin précis de la part de promoteurs et de clients solides, et que le projet a déjà fait l'objet d'ententes réglées en bonne et due forme.

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(Chicoutimi) Compte tenu de l'état des finances de la ville et du contexte budgétaire en général, il faut croire, et espérer, que la construction d'un motel industriel sur les terrains de l'aéroport de Bagotville par Saguenay, sous l'égide de Promotion Saguenay, répond à un besoin précis de la part de promoteurs et de clients solides, et que le projet a déjà fait l'objet d'ententes réglées en bonne et due forme.

En l'absence de partenariats officiels, en effet, la construction d'une telle infrastructure, d'une superficie totale de plus 32 500 pieds carrés, au coût de 10 M$, n'aurait en effet pas la même justification et ressemblerait davantage à un pari plutôt risqué. Et ce même si le gouvernement fédéral injecte dans le projet 5 M$, soit la moitié de la facture.

Paramètres précis

Les paramètres de l'appel d'offres lancé la semaine dernière permettent de croire que la construction du motel industriel répond effectivement, cependant, à des demandes très ciblées émanant de locataires déjà bien identifiés par Promotion Saguenay. Ainsi, la période réservée au dépôt des soumissions est particulièrement courte. Les délais de livraison de l'édifice aussi. Selon les informations rapportées dans la dernière livraison du Progrès-Dimanche, le début de la construction est exigé dès le mois de janvier, ce qui implique des travaux d'excavation en plein hiver. La coulée des premières dalles de béton du plancher de la structure est fixée à la troisième semaine de mars. Ces critères entraîneront, en raison des contraintes climatiques, des coûts additionnels qui ne peuvent se justifier que parce que les clients du futur hangar industriel ont des délais importants à respecter de leur côté.

Toujours selon les informations obtenues par le Progrès-Dimanche, la firme Top Aces, qui fournit des avions à réaction pour l'entraînement des pilotes de la 3e Escadre de Bagotville, serait l'un des principaux occupants du motel industriel. Les dispositions prévues dans l'appel d'offres font également en sorte que le hangar sera en mesure d'héberger des gros porteurs, comme les avions utilisés par le transporteur Sunwing, et des appareils comme ceux employés par Air Canada et ses filiales pour ses liaisons régionales. Des clients réguliers de l'aéroport de Bagotville, donc, ce qui est logique.

Pour Saguenay, ce nouveau projet de développement à saveur aéroportuaire est particulièrement important. La ville n'a pas ménagé ses efforts, au cours des dernières années, avec raison, afin de donner un élan à cette nouvelle filière. Les succès ont jusqu'ici été mitigés. La capitale régionale et son aéroport profiteraient d'un effet d'entraînement très positif et de retombées intéressantes si ce projet de motel industriel répond aux attentes. Ce qu'il faut éviter, en tout cas, c'est que le hangar demeure vacant à court ou moyen terme. À la différence d'infrastructures de base comme la desserte ferroviaire de Grande-Anse, laquelle ne nécessite pas d'investissements ni de coûts d'entretien à brève échéance, le motel industriel devra être chauffé, entretenu et surveillé même s'il est vide...

Par la bande, ce projet relance la controverse entourant les activités, les mandats et les rôles dévolus à Promotion Saguenay en matière de gestion des fonds et des mandats publics. Dans ses rapports d'enquête déposés en septembre 2013, le ministère des Affaires municipales avait conclu que certains mandats et fonctions confiés à cette entité outrepassaient les compétences normalement dévolues à ce type d'organisme parapublic. Dans les mois qui ont suivi le dévoilement de ces rapports, Saguenay et le MAMROT avaient entrepris des analyses afin de dissiper les zones grises. Le maire Tremblay avait alors soutenu, comme il l'a fait de nouveau cette semaine, que les lois actuelles qui régissent le fonctionnement des municipalités ne sont plus adaptées à leurs réalités, notamment en matière de développement économique, et qu'elles doivent être modernisées, ce qui faisait l'objet des discussions avec Québec. Le rôle joué par Promotion Saguenay dans le dossier du motel industriel de Bagotville et les questions légitimes qu'il soulève, entre autres de la part de l'ERD, démontrent que la réflexion amorcée entre Saguenay et le MAMROT n'est pas terminée et que la modernisation des règles qui balisent le fonctionnement de cet organisme de développement économique doit se poursuivre et aboutir sur des gestes concrets. Ce qui bénéficiera, ultimement, aux élus, aux citoyens, aux promoteurs et aux employés de Promotion Saguenay, rendant la structure plus efficace.

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