Les leçons du pont Dubuc

Il y aura bientôt un an jour pour... ((Photo Jeannot Lévesque))

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Il y aura bientôt un an jour pour jour, l'improbable se produisait. Un incendie se déclarait, en début de nuit, sur un pilier du pont Dubuc.

(Photo Jeannot Lévesque)

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(Chicoutimi) Il y aura bientôt un an jour pour jour, l'improbable se produisait. Un incendie se déclarait, en début de nuit, sur un pilier du pont Dubuc, en plein coeur de Chicoutimi, affaiblissant la structure et la rendant inutilisable pendant une dizaine de jours, en plein milieu d'une vague de froid mordant! La crise engendrée par la fermeture de ce lien vital entre les rives nord et sud du Saguenay, du principal lien routier direct entre la grande région de Québec et la Côte-Nord, a eu des répercussions majeures dans l'ensemble de la province et a fait la manchette partout.

La crise engendrée par la fermeture de ce lien vital entre les rives nord et sud du Saguenay, du principal lien routier direct entre la grande région de Québec et la Côte-Nord, a eu des répercussions majeures dans l'ensemble de la province et a fait la manchette partout.

Confrontées à l'imprévu, retranchées aux frontières de leur plan d'urgence respectif, les autorités municipale et provinciale ont, à l'époque, fort bien réagi. Les navettes de la Société de transport de Saguenay (STS) ont transporté gratuitement des milliers de citoyens efficacement, les militaires de la Base de Bagotville ont érigé sur le pont Sainte-Anne, devenu une voie piétonnière particulièrement achalandée, un corridor de tentes pour abriter les marcheurs du vent. Les policiers et les équipes du ministère des Transports du Québec (MTQ) se sont déployés afin de guider la circulation, infernale dans le secteur de Shipshaw et autour des approches de la structure abîmée. Les fonctionnaires de ce même ministère, solidement encadrés par les ministres Sylvain Gaudreault et Stéphane Bédard, ont fait preuve d'un grand professionnalisme et d'une solide compétence, travaillant d'arrache-pied, 24 heures sur 24, afin de trouver les solutions permettant la réouverture du pont avant Noël, afin de faire face à une situation exceptionnelle et pour laquelle il n'existait aucun précédent. Un dénouement qui fut possible, en fin de compte, grâce aussi au travail impeccable des artisans de la firme régionale Proco, qui a su construire, livrer et installer en un temps record les pièces permettant de solidifier suffisamment la structure du pont Dubuc...

Les citoyens de Saguenay qui ont été touchés directement ou indirectement par ces événements en conservent aujourd'hui des souvenirs encore vifs. L'histoire sera gravée longtemps dans les éphémérides régionales. On en parlera probablement encore en long et en large dans quelques jours, autour des tables des Fêtes.

Rappel

Pour les autorités municipales et gouvernementales, ce premier anniversaire de la crise du pont Dubuc doit servir de rappel. Il doit servir d'incitatif pour faire le point et s'assurer que les leçons tirées de l'événement ont bien été intégrées aux plans d'urgence actuellement en vigueur. Que les constats et les conclusions formulés à l'époque, dans les semaines qui ont suivi la réouverture de la structure, n'ont pas été oubliés.

À la demande du maire de Saguenay, Jean Tremblay, des rencontres devaient se tenir entre le MTQ et les services d'urgence de la capitale régionale afin d'établir d'encore meilleurs canaux de communication. Ces rencontres ont-elles porté leurs fruits. Ont-elles débouché sur des actions concrètes? Quels équipements, quels outils, quelles ressources manquaient-ils aux autorités à Saguenay et à Québec pour faire encore mieux face à la crise? Ont-ils été achetés depuis? Les plans d'urgence ont-ils été modernisés? A-t-on tenu des pratiques afin de les valider sur le terrain, dans le feu de l'action? Les politiques de partage des frais ont-elles été modulées et ajustées entre Québec et les municipalités? Les directions de l'Hôpital de Chicoutimi et de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay ont-elles modifié leurs propres procédures et plans d'urgence pour parer à de tels imprévus d'envergure qui les touchent indirectement, mais néanmoins de plein fouet?

La routine et le retour à la normale conduisent parfois à retomber dans les zones de confort. Il faut éviter ce piège. Les événements de décembre 2013 l'ont amplement démontré: l'impossible ne l'est pas! La preuve, un pont peut bel et bien subir un grave incendie et devenir inutilisable pendant une longue période!

Les leçons tirées de la fermeture du pont Dubuc sont aussi valides et doivent également faire réfléchir ailleurs au Québec et ailleurs au Saguenay-Lac-Saint-Jean. À Saint-Félicien, à Dolbeau-Mistassini, à Alma, des ponts très achalandés sont aussi essentiels pour permettre aux citoyens d'avoir accès aux services de base. Pour ces localités, la crise du pont Dubuc s'avère également une situation riche d'enseignements importants, et ce à plusieurs égards, même un an plus tard. Surtout un an plus tard. Et cela du reste, est également vrai pour l'ensemble des citoyens... Il faut toujours prévoir l'imprévisible!

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