La pression sur les responsables

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Le maire de Roberval, Guy Larouche

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) Les excuses du maire de Roberval, Guy Larouche, formulées à l'endroit des membres de la communauté autochtone de Mashteuiatsh, et la confirmation, par ce dernier, de la création d'un comité de travail sur lequel il ne prévoit pas siéger lui-même dans un premier temps, afin de rebâtir les ponts avec elle, constituent les éléments incontournables d'un retour à des relations normales, fructueuses et saines, à long terme, entre les deux voisins.

Toutefois, afin qu'un climat de travail constructif se renouvelle entre Roberval et Mashteuiatsh, il est nécessaire que le maire Larouche modifie effectivement son approche et son comportement envers la communauté autochtone et que ses babines suivent ses bottines, comme le veut l'expression consacrée... Dans ce dossier, au cours des prochaines semaines et des prochains mois, M. Larouche aura intérêt à marcher sur des oeufs et à faire preuve d'une grande retenue et d'une incontestable bonne foi.

La bonne nouvelle, c'est que le maire Larouche a rapidement compris que sa position était intenable, ce qui l'a vite conduit à s'excuser. Il faut dire que les levées de boucliers, dans le milieu robervalois, ont été rapides et sans équivoque. Le premier citoyen de Roberval a démontré depuis son élection qu'il n'a pas peur de la controverse et qu'il est capable de tenir son bout. Mais dans ce dossier, il ne s'est pas entêté. Il a cédé aux pressions de ses collègues et des commerçants de sa localité et il a fait le bon choix d'admettre publiquement ses torts. Cette décision était nécessaire. Surtout, elle est une démonstration éloquente de force de sa part et non une démonstration de faiblesse.

L'autre bonne nouvelle, c'est que le chef de la communauté de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique, est un politicien aguerri, calme, et pondéré, qui a accumulé une solide expérience politique et qui saisit très bien les enjeux et la dynamique politique qui unit sa communauté et l'ensemble du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Certes, ce dernier a accueilli plutôt froidement les excuses du maire Larouche. Pour l'instant, il n'a pas non plus officiellement annoncé la levée du boycott des commerces de Roberval décrété la semaine dernière. Mais, cela fait partie du jeu.

Dans cet aspect précis de l'affaire, c'est au comité de travail nouvellement mis en place par la ville de faire les premiers pas et les approches nécessaires auprès des élus et des citoyens de Mashteuiatsh afin de les convaincre de leurs bonnes intentions et d'obtenir la levée de ce mot d'ordre.

Gouvernements

Dans une perspective plus large, les événements de la semaine dernière et l'escalade des derniers mois démontrent avec éloquence comment il est urgent que les gouvernements fédéral et provincial s'impliquent avec détermination et ouverture dans les négociations concernant «l'Approche commune» en général et l'agrandissement du territoire de Mashteuiatsh en particulier.

En septembre dernier, Québec a posé un geste concret en ce sens en procédant à la nomination d'un nouveau représentant spécial, l'ex-maire d'Alma Nicol Tremblay. Ottawa, par contre, est manifestement très peu intéressé à faire avancer les discussions dans ce dossier.

Cet immobilisme de la part du fédéral explique en grande partie la tension des dernières semaines entre Roberval et Mashteuiatsh.

Parce que ce sont en effet les élus municipaux, ceux qui ont en définitive le moins de prise directe sur les pourparlers, qui se retrouvent confrontés le plus directement aux inquiétudes et à la tension générées au sein de leur population par cet immobilisme dans les négociations. Paradoxalement, Ottawa, qui a le plus de pouvoir pour faire avancer le dossier, subit le moins de contrecoups directs de l'enlisement du dossier. Une situation qui n'incite pas le fédéral à agir avec diligence.

Le député et ministre Denis Lebel connaît bien la situation et il doit profiter de son poids à Ottawa pour inciter le gouvernement Harper à agir avec davantage de célérité et à faire avancer, finalement, les discussions. Il est plus que temps que celles-ci aboutissent. Cela doit être le cas avant les prochaines élections fédérales. Car, alors, le dossier prendrait encore plus de retard et les inquiétudes dans le milieu, loin de se calmer, risquent d'être exacerbées... Une raison de plus pour les élus de Roberval et pour les membres de la communauté de Mashteuiatsh de renouer les ponts et de faire front commun pour mettre la pression sur les vrais responsables du dossier.

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