Cégeps: éviter le piège des silos

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) Les coupes budgétaires importantes annoncées, dans les budgets accordés aux cégeps et aux universités du Québec, doivent inciter ces établissements d'enseignement supérieur à établir de nouveaux partenariats et à oeuvrer davantage dans un climat de concertation plutôt que les inciter à se replier sur eux-mêmes et à oeuvrer en silo. Et ce constat est particulièrement valide pour les collèges et les universités situés en région...

Contexte budgétaire difficile ou non, il est, d'une part, dommage que Québec décide de sabrer dans les budgets accordés aux institutions de haut savoir. L'éducation, on ne le dira jamais assez, constitue la pierre angulaire pour assurer l'innovation et le développement économique de demain. L'éducation, c'est un gage de richesse pour l'avenir.

Par contre, il faut admettre que, dans une certaine perspective, les coupes budgétaires annoncées ont toutefois pour effet d'obliger les gestionnaires des cégeps et des universités à revoir leur organisation et leur modèle de gestion de fond en comble afin de les recentrer totalement sur les services aux étudiants et de les rendre efficaces au maximum des ressources disponibles. Mais, tout de même, il restait bien peu de gras dans ces institutions, mais il n'en restera manifestement bientôt plus du tout prochainement...

Climat

Dans ce contexte, le piège qui guette les cégeps et les universités du Québec, c'est de s'isoler les uns des autres dans un climat de concurrence exacerbée et stérile pour attirer des étudiants, recruter du personnel et maintenir leurs activités de recherche de pointe. Or, un tel climat ne ferait évidemment qu'empirer la situation. Au contraire, ces établissements ont intérêt et auront de plus en plus intérêt à collaborer et à mettre des ressources en communs pour pouvoir continuer à maintenir l'excellence dans leurs missions premières: l'enseignement de qualité et la recherche.

Cela est particulièrement vrai dans le domaine collégial, où les courbes démographiques et la présence de nombreux collèges partout sur le territoire posaient déjà des défis de taille. Sur le terrain, et notamment ici-même au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les cégeps ont déjà tissé des liens importants et ils collaborent déjà beaucoup, notamment en matière de recrutement, de missions à l'étranger et de tournées de promotion. Des discussions et des expériences entourant des échanges de programmes de formation et de personnel afin de mieux tenir compte des besoins et des réalités des collèges ont même déjà été tentées, bien que ces expériences aient soulevé certaines protestations.

Pourtant, ces discussions et ces initiatives représentent vraisemblablement la voie de l'avenir. Il est important et nécessaire que les cégeps du Québec conservent leurs programmes exclusifs, gagent de leur survie et de leur pérennité. De même, il est également important que les universités du Québec puissent aussi disposer de leurs créneaux d'excellence respectif pour se démarquer et dynamiser leur développement sans se «cannibaliser» les unes les autres.

C'est ensuite, pour le reste de la carte des programmes, que la concertation devient nécessaire. Les cégeps et les universités, particulièrement les cégeps situés en région, doivent s'entendre afin de répartir les programmes selon les avantages et les forces de chacun, selon les réalités du territoire et selon les clientèles disponibles. Il est utopique de croire que les quatre collèges du Saguenay-Lac-Saint-Jean pourront tous continuer à offrir les mêmes programmes ou des programmes qui se recoupent directement. C'est là que des ententes, des partenariats et un climat de collaboration et d'ouverture deviendront importants. Cela obligerait, évidemment, les administrateurs et le personnel des cégeps à changer leur approche et leurs procédures.

Mais ces bouleversements seraient sûrement moins brusques et moins douloureux que si les décideurs des réseaux collégiaux et universitaires québécois attendent que Québec ne choisisse unilatéralement de passer à l'action et de procéder, comme il veut le faire avec les commissions scolaires, à sa propre réorganisation de la carte des programmes et décide par lui-même du sort de certains établissements, ce qui pourrait se traduire par des fusions forcées, voir des fermetures pures et simples... Sans doute, mieux vaut être proactif que de se ranger derrière la fausse illusion de sécurité fournie par le satu quo...

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