Montréal et les régions ...

Montréal... (Photo David Boily, archives La Presse)

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Montréal

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La publication, la semaine dernière, de l'étude réalisée par l'Institut du Québec, intitulée «Montréal: locomotive ou boulet?», a suscité relativement peu de controverse au Saguenay-Lac-Saint-Jean, bien que Le Quotidien en ait fait mention en ses pages. Pourtant, le document renferme des ingrédients susceptibles de nuire, à moyen et à long terme, au développement économique des régions ressources et aux outils mis à leur disposition à cette fin, particulièrement en cette période marquée par l'austérité économique et par l'exercice de révision des dépenses de l'État entrepris par Québec.

Parce que, en définitive, les conclusions de l'organisme risquent de créer artificiellement, encore une fois, un climat de confrontation stérile et inutile entre les grands centres et les régions excentrées et de les placer en opposition, devant les gouvernements et au sein de l'opinion publique, au moment d'obtenir des programmes de soutien ou des mécanismes de développement adaptés à leurs besoins et à leurs réalités respectifs, et ce alors que les goussets de l'État sont vides.

Théorie

En somme, les chercheurs de l'Institut du Québec avancent que la métropole du Québec constitue la «locomotive» qui traîne derrière elle l'ensemble de l'économie de la Belle province. Ils reprennent donc, en 2014, une théorie qui a connu ses heures de gloire à peu près à chaque décennie depuis la Révolution tranquille: il faut soutenir Montréal coûte que coûte et lui donner tous les moyens et tous les outils pour se démarquer à l'échelle internationale. Bref, il faut tout miser sur cette ville. Par «osmose», ensuite, c'est l'ensemble du Québec qui va finir par profiter des richesses qui vont «percoler» des succès de la métropole... De plus, l'organisme ajoute dans son rapport qu'il est impératif que le gouvernement fasse comprendre ce message et cette réalité aux régions.

«L'étude que nous publions aujourd'hui n'a pas l'ambition d'apporter toutes les solutions aux difficultés actuelles de la métropole. Elle vise toutefois à jeter un éclairage nouveau et rigoureux sur la place unique qu'occupe Montréal dans l'économie du Québec ainsi qu'à sensibiliser tous les acteurs politiques et économiques - de Montréal à Québec et dans toutes les régions - à la nécessité de donner à Montréal les moyens de jouer pleinement son rôle. Un changement de paradigme est nécessaire. Il est possible. Et tous devraient y contribuer», écrit, dans la préface de l'étude, l'ancien ministre des Finances et président de l'Institut, Raymond Bachand.

Cet appel à peine voilé envers les régions à «se rallier» à Montréal, est hautement symbolique. D'autant plus que le gouvernement du Québec, alors que ce dernier est justement en train de revoir toutes ses dépenses et que plusieurs ministres et députés influents qui le compose proviennent de la métropole et de sa couronne immédiate. Alors même que le processus de révision des grandes structures de l'État, notamment en santé et en éducation, promet d'avoir d'importants impacts sociaux et économiques pour les régions.

Équilibre

Dans ce contexte, Québec ne doit pas succomber à cet appel. Il doit maintenir un sain et un juste équilibre entre les besoins des grands centres et de sa métropole et les besoins particuliers des régions, et ce en tenant compte du contexte budgétaire actuel. Pour ce faire, le gouvernement Couillard devra résister à de multiples pressions. Le Québec, présentement, fait face à de nombreux défis importants, notamment afin de se repositionner ses grands moteurs industriels. Il n'a pas besoin d'une confrontation artificielle ou idéologique opposant les régions aux grands centres.

Dans les régions, à peu près personne ne remet en doute le fait que plus l'économie de Montréal se porte bien, plus l'ensemble de l'économie du Québec se porte bien également. Par contre, l'inverse ne se vérifie, malheureusement, pas toujours. Surtout en période compressions budgétaires... Pourtant, l'économie de la métropole profite grandement et très directement de l'essor de celle des régions. Si RTA et si PFR ont des bureaux à Montréal, c'est d'abord et avant tout parce que ces entreprises sont implantées dans les régions!

Le message que Québec doit retenir de l'étude livrée par l'Institut du Québec, c'est que l'économie des régions et que celle de Montréal sont indissociables et doivent être également soutenues par des mesures ciblées qui tiennent compte des particularités locales. Et que des mesures bien ciblées et efficaces ne coûtent pas nécessairement très cher.

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