Les régions et les coupes...

Le gouvernement Couillard doit prendre une pose et... ((Photo Jeannot Lévesque))

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Le gouvernement Couillard doit prendre une pose et recentrer son message concernant le programme d'austérité qu'il déploie présentement au Québec.

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(Chicoutimi) Le gouvernement Couillard doit prendre une pose et recentrer son message concernant le programme d'austérité qu'il déploie présentement au Québec. Plus particulièrement, ce dernier doit impérativement clarifier sa vision du développement économique régional et les mesures qu'il compte mettre en place en matière d'occupation dynamique du territoire.

La multiplication des rumeurs, des ballons politiques et des décisions officielles annoncées par le gouvernement depuis quelques semaines a plongé le Québec dans la confusion. Le fil conducteur de toutes les actions posées par Québec sous l'étiquette de l'austérité budgétaire est rompu. La cohérence de tous les récents gestes impossible à cerner.

Bref, les citoyens, autant que les élus des régions, même ceux de villes importantes comme Saguenay, Trois-Rivières ou Longueuil, ne semblent plus savoir où s'en va le gouvernement en matière de gestion des finances publiques et de révision des structures clés de l'État.

Ce climat d'incertitude, qui est en voie de constituer un frein au développement et à l'avancement de projets structurants, doit être dissipé. Cela est d'autant plus crucial pour les régions du Québec et pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Avant que le gouvernement libéral de Philippe Couillard ne lance son propre programme de réingénierie des structures québécoises, les régions étaient déjà aux prises avec des conditions économiques et sociales difficiles. Les changements majeurs que Québec a annoncé en rafale en santé, en éducation et dans les organismes de première ligne à l'oeuvre sur le terrain tels que les CLD, les CRÉ et les Carrefours jeunesse emploi ont ajouté à l'incertitude ambiante. Sans compter que d'autres actions drastiques figurent apparemment dans les plans du gouvernement...

Décentralisation?

Sur toutes les tribunes, la semaine dernière, le premier ministre Philippe Couillard a affirmé, réitéré et martelé que tout ce brassage était devenu nécessaire compte tenu de l'état des finances publiques québécoises. Il a également souligné que tous ces changements seraient profitables aux régions, qu'ils constitueraient, à moyen et à long terme, une forme poussée de décentralisation des pouvoirs. À l'heure actuelle, pourtant, cette conclusion est bien peu évidente à percevoir... Évidemment, comme un climat de doute et d'incertitude est peu propice à faire aboutir des projets et des investissements d'envergure, les mesures d'austérité annoncées à la pièce, à gauche et à droite par Québec, risquent d'avoir comme effet d'empirer la situation économique au lieu de l'améliorer, ce qui est l'objectif visé.

Dans ces circonstances, le gouvernement doit mettre un frein, du moins temporairement, à sa ronde d'annonces. Il doit prendre un moment de recul devenu impératif afin de reprendre le contrôle de la situation, de repositionner son message, de le clarifier et de permettre aux citoyens de le digérer et de mieux le saisir.

Il doit prendre le temps d'expliquer les tenants et les aboutissants de ses dernières décisions. Il doit mieux en ventiler les impacts, préciser quels emplois seront abolis ou maintenus, où seront replacés les fonctionnaires touchés, les missions des nouveaux organismes créés ou modifiés par ses mesures, surtout en se positionnant dans une perspective régionale.

Il doit mieux communiquer sa vision d'un Québec qu'il souhaite plus moderne, plus efficace et moins coûteux. Il doit préciser comment il considère le développement économique des régions ressources et quels outils il prévoit leur octroyer pour qu'elles puissent agir concrètement. Il doit aussi prendre le temps d'expliquer aux contribuables comment tout ce brassage se traduira au final dans leur porte-feuille...

Répétons-le. Dans le contexte économique actuel, le processus de révision budgétaire et de modernisation des structures de l'État amorcé par Québec est sans doute justifié.

Mais, pour que cette réflexion soit couronnée de succès et efficace à long terme, il est nécessaire qu'elle se déroule de manière concertée, qu'elle soit bien expliquée et bien présentée à la population et qu'elle suive un plan cohérent. Ce devait être le rôle de la Commission de révision des programmes mise en place par le président du Conseil du trésor, Martin Coîteux, laquelle commission semble «tablettée» et écartée sans même avoir déposé un seul rapport ni présenté une seule piste de solution...

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