Niveau du lac: le juste équilibre

Les riverains du lac Saint-Jean devraient constater lors... ((Photo Frédéric Cantin))

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Les riverains du lac Saint-Jean devraient constater lors des prochains mois et surtout au printemps un changement assez significatif dans les méthodes de travail de l'équipe de stabilisation des berges de Rio Tinto Alcan en plus d'un mode de gestion temporaire mis en place jusqu'à la fin des études d'impact sur l'environnement et le milieu social.

(Photo Frédéric Cantin)

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(Chicoutimi) À l'issue de soirées de consultation et d'information très courues concernant la gestion du niveau du lac Saint-Jean, RTA s'est engagée à renouveler le dialogue avec les riverains et les usagers du plan d'eau.

Elle s'est également engagée à affiner ses méthodes d'intervention sur les berges et ses outils de prévision afin de les rendre plus efficaces et mieux adaptés aux nouvelles réalités climatiques. Ces déclarations de RTA sont cruciales pour l'avenir de la filière régionale de l'aluminium. Des milliers d'emplois directs et indirects, ainsi que la concrétisation d'investissements colossaux actuellement dans les cartons de la compagnie, dépendent des actions concrètes qui seront posées, au cours des prochaines semaines et des prochains mois, par ses dirigeants. Pour prendre une image populaire, il faudra que, dans le dossier, les bottines de RTA suivent ses babines!

Très cartésien, comme à son habitude, le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA), Alain Gagnon, a bien résumé les tenants et les aboutissants de l'affaire, à court, moyen et long terme, à titre de travailleur mais aussi de riverain: le lac Saint-Jean est devenu un attrait récréotouristique majeur pour la région. Mais il demeure aussi l'ingrédient fondamental et incontournable qui assure à la filière régionale de l'aluminium de demeurer compétitive sur la scène internationale et de pouvoir espérer continuer à prendre de l'expansion au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Dans le contexte délicat entourant le renouvellement du décret balisant les droits et les devoirs de la multinationale dans le cadre de la gestion du lac Saint-Jean et de ses affluents et en marge de la tenue prochaine d'audiences publiques sur la question, la compagnie, les riverains, les usagers du plan d'eau et les citoyens de la région sont conviés à trouver le juste équilibre entre la vocation touristique et communautaire du plan d'eau et sa vocation industrielle incontournable et plus nécessaire que jamais, compte tenu des enjeux énergétiques mondiaux, à titre de réservoir industriel.

L'atteinte de cet équilibre ne sera pas une tâche aisée. Le débat sur la question est devenu très émotif au cours des dernières années. De nombreux intervenants des milieux politique, économique, environnemental et communautaire s'y sont greffés. Il devient donc primordial de prendre du recul et d'envisager le dossier dans une perspective d'ensemble cohérente et constructive.

Missions

Il est essentiel que RTA s'assure de maintenir le niveau du lac à des seuils qui préservent les berges en tout temps, et qui permettent, durant la belle saison, aux touristes et aux villégiateurs d'en profiter au maximum. D'autre part, il est essentiel, également, que ces mêmes seuils permettent à la multinationale de maximiser sa production d'hydroélectricité aussi en tout temps, mais surtout durant l'hiver, quand les apports naturels sont nuls et que la compagnie est appelée régulièrement, en périodes de pointe, à soutenir les opérations d'Hydro-Québec, ce qui profite du reste à l'ensemble des Québécois.

Cette dualité des missions est à la base de la coexistence entre Alcan, et aujourd'hui RTA, et les Saguenéens et les Jeannois depuis des décennies. Mais, cette dualité est plus complexe aujourd'hui. Et les mécanismes qui la régissent doivent être revus en conséquence.

Cela implique donc que les citoyens du Saguenay-Lac-Saint-Jean soient conscients que si RTA ne peut générer un maximum d'énergie du lac Saint-Jean, la compagnie perdra ses avantages comparatifs à l'échelle internationale. La filière régionale de l'aluminium en sera d'autant fragilisée, et les investissements majeurs tant attendus à Jonquière et à Alma compromis. Surtout que le Tarif L n'est plus aussi compétitif internationalement. Collectivement, la région doit saisir que même si les activités touristiques, récréotouristiques et de plaisance génèrent d'importantes retombées et créent des emplois, celles-ci ne se comparent pas à celles engendrées par RTA et par l'ensemble des intervenants régionaux de la filière du métal gris.

De son côté, toutefois, la multinationale devra accepter que les choses changent, que davantage de partenaires et d'élus du milieu soient impliqués directement et plus concrètement dans la gestion des niveaux du lac, et dans l'identification et la réalisation des travaux de stabilisation des berges. À cet égard, la bonne foi et l'ouverture, de part et d'autre, seront nécessaires pour établir un modus operandi satisfaisant et porteur d'avenir pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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