Fusionner au lieu d'abolir

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc.... (Photo Andréanne Lemire, archives Le Soleil)

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Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc.

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Au lieu de céder au chant des sirènes et d'abolir les commissions scolaires, une décision qui serait purement électoraliste et teintée d'idéologie, Québec aurait plutôt intérêt à initier à court terme une nouvelle vague de fusion administrative de ces organismes.

Non pas en raison du taux de participation pour le moins anémique enregistré dimanche à l'occasion des dernières élections scolaires. De toute façon, ce phénomène dure depuis des années déjà et n'avait, jusqu'ici, suscité à peu près aucun réel débat de fond.

Mais bel et bien parce qu'une série de regroupements permettrait à moyen et à long terme de réaliser des économies d'échelle importantes et permettrait de mieux coller ces organismes à leurs missions premières: gérer les écoles, immeubles et autres équipements, répartir efficacement les ressources humaines sur le territoire et organiser de manière cohérente la délicate question du transport scolaire.

Alternatives

Dans les nombreux débats et les nombreuses réflexions initiés depuis quelques années concernant l'avenir des commissions scolaires, peu d'alternatives crédibles et efficaces ont été proposées, justement, quant à l'autorité qui serait responsable d'assumer ces fonctions importantes advenant la disparition de ces organismes. Certains ont suggéré que celles-ci soient transférées aux municipalités et à leurs élus. Or, les villes du Québec doivent déjà assumer d'importantes responsabilités et des tâches accrues, à la demande du gouvernement, sans avoir obtenu pour autant les transferts des sommes requises, (ce constat est plus criant que jamais d'ailleurs actuellement) ni toujours disposer des professionnels et du personnel requis pour ce faire, surtout dans les plus petites localités. Bien sûr, on suppose que les taxes actuellement perçues par les commissions scolaires seraient ultimement récupérées par les municipalités. Pour le contribuable, la facture serait donc la même au final... Voire plus élevée!

D'autres ont mentionné que le ministère de l'Éducation pourrait assumer davantage de tâches de «terrain». Alors, on procéderait à une autre forme de centralisation des pouvoirs et des fonctionnaires au détriment des régions. Et les coûts pour l'État resteraient les mêmes, au mieux.

Ce qu'il faut donc saisir, c'est que l'abolition des commissions scolaires ne ferait évidemment pas disparaître les responsabilités qu'elles assument actuellement, et donc qu'une autre instance administrative devra prendre le relais, d'une manière ou d'une autre. Et que les économies qui découleraient d'une telle décision ne seront donc probablement pas aussi élevées et spectaculaires que d'aucuns le laissent entendre.

Réalités

Dans ce contexte, fusionner un maximum de commissions scolaires à l'échelle du Québec apparaît comme une solution plus sensée. Certainement plus logique compte tenu de la situation et des enjeux actuels. Comme une solution, également, plus respectueuse des réalités, des particularités et des besoins des régions excentrées, notamment une région aussi vaste que le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Déjà, ici, beaucoup de travail de préparation a été effectué sur le terrain en ce sens. Des discussions ont eu cours entre les anciens élus des commissions scolaires du Royaume. La fusion entre les deux commissions scolaires jeannoises et les deux commissions scolaires saguenéenes, par exemple, serait donc réalisable à relativement brève échéance. D'autant plus que l'arrivée de plusieurs nouveaux visages au sein des conseils des commissaires permet d'envisager la question sous un angle différent.

Ce processus, du reste, laisserait au ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, toute la latitude voulue pour moderniser les mandats et les objectifs octroyés à ces organismes, et toute la latitude nécessaire pour réajuster leur mode de financement, et ce sans provoquer au sein du milieu de l'éducation une crise de structure susceptible d'avoir des impacts jusque sur les élèves québécois.

Or, justement, les élèves, il ne faut pas l'oublier, doivent être au coeur du système, une réalité trop facile à perdre de vue dans un tel débat.

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