Saguenay: cap sur les priorités

Mouvementée, bruyante et controversée: la première année du... ((Photo Jeannot Lévesque))

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Mouvementée, bruyante et controversée: la première année du quatrième mandat du maire de Saguenay, Jean Tremblay, a été très particulière.

(Photo Jeannot Lévesque)

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(Chicoutimi) Mouvementée, bruyante et controversée: la première année du quatrième mandat du maire de Saguenay, Jean Tremblay, a été très particulière. Une année de transition, d'apprentissage également, tant pour ce dernier que pour les deux conseillères de l'ERD élues en novembre 2013, en raison de la nouvelle dynamique, pas toujours constructive et souvent cacophonique, qui s'est installée à la table du conseil. On l'a vu encore lundi dernier... Le défi, maintenant que la symbolique première année politique est écoulée, consiste, aussi bien pour Jean Tremblay que pour ses deux adversaires, à tirer profit au maximum de la conjoncture politique qui prévaut à Saguenay pour redonner à la capitale régionale un nouvel élan, dans un contexte économique et social difficile.

Priorités

Pour l'administration Tremblay, la priorité doit aller, au cours des trois prochaines années, à la revitalisation des infrastructures de base de la ville. Durant ses trois premiers mandats à la tête de la nouvelle cité issue de la fusion, Jean Tremblay a piloté plusieurs projets majeurs et nécessaires destinés à doter la ville des attributs et des infrastructures propres à une municipalité importante. Des sommes majeures ont été consacrées à la modernisation du port de Grande-Anse et de l'aéroport de Bagotville. On a rénové plusieurs équipements culturels et de loisirs. On en a construit plusieurs, comme le quai d'escale de La Baie, des pavillons touristiques, des parcs et des places publiques. Cela a certes donné un nouveau visage à Saguenay. Mais même si la ville a pu profiter, en marge de plusieurs de ces chantiers, de subventions et de fonds provenant des deux autres paliers de gouvernement, il demeure que tous ces projets ont fait grimper la dette. Et que ces choix ont limité les sommes investies dans la réfection et la rénovation des infrastructures de base comme l'asphaltage des routes et l'entretien des réseaux d'aqueduc et d'égouts. Cela oblige maintenant le maire, et son président du Conseil du trésor, Jean-Yves Provencher, à faire des choix difficiles et à sabrer dans plusieurs postes budgétaires, et ce, dans un contexte où le gouvernement du Québec, également aux prises avec d'importantes contraintes financières, a indiqué son intention de sabrer dans ses propres transferts aux municipalités.

Dans ce contexte, les élus de Saguenay doivent donc chercher à faire atterrir des projets structurants et générateurs d'emplois, notamment afin de rentabiliser ses nouvelles infrastructures, un défi difficile, comme l'a démontré le dossier FerroAtlantica, sans doute la plus importante déception économique des 12 derniers mois dans la capitale régionale. Heureusement, la ville a réussi, avec le concours de Promotion Saguenay, à se positionner pour accueillir un centre d'appel de la firme Nordia à Jonquière, un projet de près de 500 emplois.

L'ERD a pour sa part profité de la dernière année pour faire sa place et établir ses marques sur la scène politique municipale. Les deux élues de la formation ont démontré qu'elles avaient la volonté et la ténacité nécessaires pour défendre leurs points de vue et s'opposer, à visière levée, à certaines décisions et déclarations du maire. Le parti a su influencer, à sa manière, les débats à Saguenay et jouer un rôle d'opposition organisée à l'administration Tremblay, du jamais vu dans la capitale régionale.

Ce constat posé, l'ERD doit dorénavant démontrer qu'il est capable de jouer un rôle structurant et non seulement un rôle de critique des affaires municipales. Le parti aura avantage, afin de gagner en crédibilité et en maturité, à proposer des projets et des idées novatrices, et aussi à appuyer certaines initiatives de l'administration Tremblay lorsque la situation le commandera et qu'il en sera dans l'intérêt des citoyens saguenéens. Car, aucun élu ne commet jamais que des erreurs, et aucune médaille n'est jamais assez mince pour ne présenter qu'une seule face!

Sur le plan « politico-politique », du reste, le maire Tremblay aurait quant à lui intérêt à laisser plus d'espace et à confier davantage de mandats officiels à ses vétérans conseillers municipaux, ce qui profiterait à son image.

Après une année où la controverse a pris beaucoup de place et souvent occulté les enjeux de fond et les défis social, économique et culturel qui se dressent devant la ville, les élus de Saguenay doivent, chacun dans leur rôle et mandat respectif, oeuvrer à positionner la ville pour l'avenir. Une lourde tâche, délicate, mais combien cruciale.

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