Cloutier, le PQ et les régions

Entouré d'une vingtaine de proches et de militants,... (Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

Agrandir

Entouré d'une vingtaine de proches et de militants, Alexandre Cloutier a confirmé sa candidature, lundi, dans son patelin de Saint-Gédéon. Âgé de 37 ans, il devient ainsi le quatrième prétendant à la succession de Pauline Marois.

Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) La décision d'Alexandre Cloutier de briguer la chefferie du Parti québécois n'est pas particulièrement surprenante. D'abord parce que ce dernier ne faisait plus vraiment mystère de ses intentions depuis un bon moment déjà. Ensuite parce qu'au contraire de son collègue de Jonquière, Sylvain Gaudreault, qui a confirmé il y a quelques semaines son choix de ne pas faire campagne, le député de Lac-Saint-Jean, a, en effet beaucoup à gagner et bien peu à perdre à l'issue de l'exercice.

VitrinePour le député Almatois, la course à la chefferie du PQ constituera une excellente occasion pour se faire connaître auprès de l'ensemble des électeurs québécois.

À 37 ans, ce dernier est déjà bien en vue auprès des jeunes militants péquistes, pour qui il représente une figure importante. Mais, même s'il a été ministre dans le cabinet Marois, sa notoriété auprès du grand public demeure moins importante que celle des autres ténors du parti, surtout dans les grands centres. La course à la succession de la première première ministre de l'histoire du Québec lui fournira donc l'occasion d'élargir ses bases, son positionnement et son rayonnement au sein de sa formation et une vitrine pour se faire connaître et faire jouer ses atouts, notamment sa solide formation académique. Dans une perspective à court et à plus long terme, il s'agit d'une stratégie qui pourrait éventuellement lui rapporter gros, surtout dans un contexte où il fait figure de négligé devant des candidats «poids lourd» à la chefferie, comme celle, qui apparaît certaine, de Pierre Karl Péladeau. D'autant plus que si Alexandre Cloutier, joue bien ses cartes et use de stratégie durant la campagne au leadership, il pourrait même émerger comme un éventuel dauphin du prochain chef du PQ, à défaut de remporter l'investiture. Cela est d'autant plus vrai que, sur le plan idéologique et sur la question de la souveraineté, le député de Lac-Saint-Jean apparaît plus près de M. Péladeau, le favori non encore «déclaré».

Du reste, cette course lui fournira évidemment l'occasion d'imprimer sa marque sur la plate-forme du Parti québécois et d'influencer les nouvelles priorités qui seront adoptées par la formation. D'une perspective régionale, il est d'ailleurs fort intéressant qu'au moins un candidat dans la course soit en mesure d'y injecter des enjeux autres que les intérêts des grands centres urbains...

À cet égard, Alexandre Cloutier a maintes fois affirmé depuis les dernières élections que le PQ devait se reconnecter avec les électeurs et que le parti avait perdu ses repères. Il a également pris ses distances avec le projet de Charte des valeurs défendu par un de ses adversaires à la chefferie, Bernard Drainville. Par contre, le député de Lac-Saint-Jean n'a jamais cessé d'aborder le sujet de la souveraineté du Québec et de sa vision d'une éventuelle stratégie référendaire, des thèmes qui, lors du dernier scrutin, ont clairement desservi la cause péquiste. Un thème qui, en cette période difficile sur le plan économique, apparaît encore bien loin des priorités des Québécois...

Alexandre Cloutier a promis, lundi, à l'occasion de son lancement de campagne, de dévoiler, au cours des sept prochains mois, des propositions concrètes directement reliées aux préoccupations de la population. Si c'est bien le cas, les débats que ces propositions susciteront auront au moins le mérite de braquer les projecteurs péquistes sur des enjeux constructifs plutôt que sur des concepts strictement idéologiques et de sémantique référendaire. Ce serait déjà beaucoup, surtout pour les régions.

Rôle

Pour le PQ, la longue course à la direction qui s'amorce renferme un piège important: détourner le parti de son rôle à l'Assemblée nationale au profit de ses «affaires internes». À titre d'opposition officielle et comme formation ayant remporté de nombreux sièges dans les régions, le Parti québécois occupe une fonction et une position stratégique dans les débats parlementaires, particulièrement dans le contexte économique et budgétaire actuel.

Heureusement, le chef intérimaire du PQ, Stéphane Bédard, a une longue expérience politique et il tient solidement les commandes. De plus, il provient lui-même d'une région excentrée.

Il aura quand même fort à faire pour que son parti continue à assumer sa place dans les débats à Québec alors que la course à la chefferie monopolisera l'attention à l'intérieur de son caucus, surtout lorsque Pierre Karl Péladeau sautera dans l'arène et lorsque la campagne au leadership entrera dans son sprint final.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer