Ondes radios: un sujet à régler

Les élus et la Fraternité des policiers de Saguenay devraient s'asseoir et... ((Photo Rocket Lavoie))

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) Les élus et la Fraternité des policiers de Saguenay devraient s'asseoir et chercher à trouver rapidement un terrain d'entente négocié dans l'épineux dossier du système de communication du corps policier, au lieu d'attendre qu'un tribunal ou qu'un quelconque organisme administratif ne les contraignent à passer à l'action.

L'expérience a amplement démontré, en effet, que des décisions de tribunaux ou d'instances arbitrales sont toujours contraignantes, souvent difficiles à mettre en place et parfois très coûteuses. D'où l'intérêt, tant pour les policiers que pour les élus de Saguenay, de s'entendre une fois pour toute dans ce litige, qui traîne pratiquement depuis la fusion de 2002.

D'une part, Saguenay a avantage à garder le contrôle de ses décisions en raison du contexte budgétaire serré avec lequel la ville est aux prises. Si la CSST tranchait unilatéralement en faveur des requêtes logées par la Fraternité, la capitale régionale pourrait se retrouver obligée de réaliser des investissements majeurs dans un échéancier très serré. En s'entendant avec ses policiers sur une série de mesures correctrices satisfaisantes et efficaces à court, moyen et long terme, Saguenay conserverait une plus grande marge de manoeuvre sur les coûts et sur le calendrier de mise en oeuvre des solutions identifiées.

D'autre part, il apparaît que les lacunes au système de communication, lacunes soulevées de longue date par les policiers, sont suffisamment préoccupantes et sérieuses pour inciter les élus de Saguenay à passer à l'action dans cette affaire. Elles le sont d'autant plus à la lumières des événements malheureux survenus à Saint-Jean et à Ottawa cette semaine, qui ont ramené les enjeux de sécurité publique à l'avant-plan des préoccupations.

Il est en effet curieux que la capitale régionale soit l'une des dernières villes importantes du Québec où les ondes radios des policiers ne soient pas cryptées et soient donc très faciles à intercepter et à écouter. Cette situation ferait même en sorte, selon les affirmations de la Fraternité des policiers de Saguenay, que des individus ou des groupes mal intentionnés sont très aisément en mesure de brouiller les échanges entre les agents déployés sur le terrain.

Il est facile de comprendre comment cette situation peut, en effet, constituer une menace pour la sécurité des policiers, comment elle peut compliquer sérieusement les opérations et les interventions des forces de l'ordre en cas d'urgence et comment, donc, elle représente en fin de compte un problème pour la sécurité des citoyens de Saguenay.

Dans la dernière livraison du Progrès-Dimanche, le président de la Fraternité, Jean-François Imbeault, a rappelé que le maire Tremblay s'était engagé, en 2013, à faire avancer le dossier, mais que rien n'avait été fait concrètement au cours des derniers mois. De son côté, le président de la Commission de la sécurité publique, Carl Dufour, a soutenu dans Le Quotidien que des analyses se poursuivaient afin de voir quels correctifs pourraient être apportés et quel système de communication Saguenay pourrait éventuellement acquérir.

Pour les élus de Saguenay et pour la Fraternité des policiers, le défi consiste donc à renouer le lien de confiance et à reprendre, sur cette question, une véritable discussion de fond afin de dénouer l'impasse, en tout respect de la situation budgétaire de la ville, mais surtout en tout respect de la sécurité de ses citoyens et de ses policiers.

de puissants symboles

Jeudi matin, au lendemain de l'attentat survenu à Ottawa, les médias ont été conviés à assister, à Bagotville, au départ des CF-18 de l'Aviation royale canadienne déployés au Moyen-Orient. Peu après, les travaux reprenaient à la Chambre des communes. Ces travaux, du reste, n'ont jamais été arrêtés à Québec. Il s'agissait là de puissants symboles à l'effet que malgré les menaces et les événements tragiques des derniers jours, les élus et les citoyens ne se sont pas laissés intimider. Au-delà de ces symboles, maintenant, la réflexion collective doit porter sur la place que nous souhaitons accorder aux mesures de sécurité et à la surveillance de la part des autorités dans la vie quotidienne. Où se situera la limite de la vie privée? Quels nouveaux pouvoirs voulons-nous confier aux services de renseignement? Pourquoi? Où et comment tracer l'équilibre entre ces notions? Bien des questions de fond en vue qui interpelleront les valeurs profondes de tous les citoyens et auront des impacts sur leur vie de tous les jours.

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