La région n'est pas à l'abri

La terreur et la violence aveugle peuvent aussi... ((Photo Rocket Lavoie))

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La terreur et la violence aveugle peuvent aussi frapper ici-même, au Canada. Ici-même, au Québec. Et ici-même, au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

La terreur et la violence aveugle peuvent aussi frapper ici-même, au Canada. Ici-même, au Québec. Et ici-même, au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

L'attentat ciblant vraisemblablement directement des militaires survenu lundi à Saint-Jean, et la fusillade qui a secoué Ottawa, la colline parlementaire et tout le pays, hier, en constituent, malheureusement, des démonstrations éloquentes. Devant ces tragiques événements, il faut se garder de sauter trop vite aux conclusions. Il ne faut pas se livrer à des généralisations hâtives concernant d'éventuels liens directs ou indirects entre le drame de Saint-Jean et celui d'Ottawa, quant à la possibilité que ces gestes aient été motivés par des considérations religieuses ou qu'ils s'agissent ou non d'attentats terroristes liés à des mouvements islamistes radicaux.

Les enquêtes policières qui se dérouleront au cours des prochains jours permettront de découvrir les motivations qui ont guidé les auteurs de ces événements et de découvrir les faits à travers le déluge d'informations qui ont été diffusées au cours des dernières heures, alors que la tragédie battait son plein dans la capitale fédérale.

Ces enquêtes permettront, espérons-le, de comprendre ce qui, à première vue, apparaît bien difficile à comprendre. Elles permettront peut-être de tracer des pistes pour tenter d'éviter que de telles actions se reproduisent...

Réalistement, à la lumière des informations qui ont filtré jusqu'à maintenant, notamment dans la foulée de l'attentat de Saint-Jean, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, avec sa base militaire importante et ses troupes déployées en première ligne dans la lutte au terrorisme au Moyen-Orient, ne peut se croire à l'abri d'un acte de violence aveugle.

Bien sûr, les Saguenéens et les Jeannois ne doivent pas céder à la panique. Surtout pas!

Mais, collectivement, une vigilance accrue sera de mise dans les prochaines semaines. Demeurer à l'affût de tous détails inhabituels est un bon moyen d'éviter de tels événements.

Il faut par ailleurs faire pleinement confiance aux autorités locales, régionales et nationales, lesquelles ont rapidement déployé des mesures d'urgence, hier, afin de parer à toutes éventualités à travers l'ensemble du pays, dans à peu près tous les lieux publics importants.

Solidarité

Au cours des dernières semaines, des membres de la communauté musulmane régionale ont dit craindre les réactions de certaines personnes ou groupes alors qu'il devenait de plus en plus clair que le Canada allait prendre activement part à la coalition internationale déployée afin de lutte contre le groupe radical État islamiste. Ces inquiétudes sont renforcées depuis hier matin. Que les événements de Saint-Jean et d'Ottawa soient ou non liés à cette situation, ils fournissent néanmoins matière à réflexion à cet égard.

Car, ce que les auteurs d'un acte terroriste quelconque souhaitent, c'est semer l'inquiétude, la peur et la zizanie. C'est briser le ciment d'une société et sa volonté d'agir collectivement. C'est viser ses valeurs profondes. La région ne doit pas tomber dans ce piège. Le Québec et le Canada non plus.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les communautés immigrantes sont bien intégrées. Elles constituent des rouages importants de sa vie sociale, culturelle et économique. Ces citoyens animent et font vibrer les cégeps et l'UQAC. Dans une perspective où une forte baisse démographique est attendue, l'apport des immigrants de tous les horizons est appelé à devenir de plus en plus nécessaire et crucial. Devant les événements des derniers jours, la région doit donc rester solidaire et unie.

L'attentat de Saint-Jean et la fusillade d'Ottawa marquent un tournant pour la société et pour la démocratie canadienne. Ces événements doivent servir de tremplin pour renforcer nos valeur d'ouverture, de tolérance et de respect, ici comme à l'étranger. Il faut surtout éviter qu'ils n'aient, au contraire, l'effet inverse.

Chose certaine, au Canada, les choses viennent de changer. Il y a désormais un avant et un après 22 octobre...

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