CRÉ: un lieu de débat utile

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En 2013, le ministre des Affaires municipale, des Régions et de l'Occupation du territoire, Sylvain Gaudreault, souhaitait implanter toute une série de mesures qui visaient à améliorer la reddition de comptes des CRÉ et uniformiser leurs pratiques de remboursement des dépenses, de frais de représentations, de salaires et quant au ratio d'employés. Une telle réforme demeure d'actualité et reste pertinente.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) Le gouvernement du Québec s'apprête à faire un profond ménage dans ses structures et ses programmes axés sur le développement régional, a révélé mardi La Presse. En conséquence, les rôles et les mandats des Conférences régionales des élus (CRÉ) seraient fortement réduits et ramenés, apparemment, à leur «plus simple expression». Les organismes pourraient même être abolis.

Dans le contexte budgétaire actuel, il est légitime pour Québec de procéder à une telle révision. D'ailleurs, en 2013, le gouvernement de Pauline Marois avait également amorcé une réflexion au sujet des CRÉ.

Une foule d'organismes et de programmes, plus de 400 selon des données obtenues par La Presse, s'affairent en matière de développement régional. Au-delà du nombre, trop élevé, quelques recherches sur les sites des différents ministères permettent rapidement de constater qu'il est effectivement difficile de démêler les rôles, les mandats et les missions de tous les organismes à l'oeuvre sur le terrain, et qu'il est également difficile de bien cerner les paramètres et les objectifs de tous les programmes offerts. Une modernisation de ces structures permettraient sans doute de les rendre plus efficaces, plus accessibles et plus cohérentes. Elle permettrait sans doute également quelques économies fort appréciables.

En 2013, le ministre des Affaires municipale, des Régions et de l'Occupation du territoire, Sylvain Gaudreault, souhaitait implanter toute une série de mesures qui visaient à améliorer la reddition de comptes des CRÉ et uniformiser leurs pratiques de remboursement des dépenses, de frais de représentations, de salaires et quant au ratio d'employés. Une telle réforme demeure d'actualité et reste pertinente.

Par contre, il importe pour le gouvernement Couillard de considérer le rôle important joué par les CRÉ dans les régions du Québec. Car, sur le fond, la pertinence de ces organismes, notamment au Saguenay-Lac-Saint-Jean, et dans plusieurs autres régions excentrées, demeure elle aussi. Notamment parce que les CRÉ exercent de réelles fonctions administratives dans leur milieu, ce qui cadre avec les volontés maintes fois exprimées par la population en matière de décentralisation des pouvoirs.

La CRÉ est également la seule instance qui regroupe à une même table l'ensemble des élus de la région, des MRC rurales comme ceux des grandes villes comme Saguenay et Alma, de même que les représentants de la communauté autochtone de Mashteuiatsh et des milieux social, éducatif, syndical et communautaire. Ce lieu de discussion, d'échanges et de concertation est unique et nécessaire dans une région aussi vaste et aux intérêts aussi variés que le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Si la CRÉ venait à être abolie, il faudrait tout de même préserver, voire recréer, une telle instance, un tel espace de dialogue, pour que la région puisse débattre des grands dossiers et établir des stratégies, des rapports de force et des consensus communs sur les grands enjeux qui la concernent. Afin, donc, d'éviter le retour des guerres de clochers à grande échelle, lesquelles sont toujours stériles...

Dans ce contexte, Québec aurait donc intérêt à profiter de sa réflexion et de sa révision en matière de développement régional pour revoir l'ensemble de ses programmes et de ses structures en ce domaine, et en profiter pour moderniser les mandats, les pouvoirs et les missions confiés aux CRÉ tout en uniformisant leurs règles de fonctionnement interne. Ce serait ainsi faire deux pierres d'un coup, et cela permettrait de rendre plus efficaces les nombreux programmes d'aide disponibles.

Défis gris

En éditorial, hier, en cette colonne, l'auteur de ces lignes rappelait que le gouvernement Couillard était confronté, à court, moyen et long terme, à plusieurs défis importants concernant la filière régionale de l'aluminium. Trois défis «métal gris» y étaient exposés: le prolongement de la durée de vie des cuves précuites à Jonquière, le dépôt d'une Stratégie nationale de l'aluminium réellement efficace et éventuellement l'implantation d'une aluminerie, à long terme, dans le Haut du Lac.

Un quatrième défi majeur pour l'économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean s'ajoute à cette liste: la réalisation de l'agrandissement de l'aluminerie Alma. La demande pour l'aluminium sur les marchés internationaux et le prix du métal constituent les clés qui dicteront les échéanciers de ce projet également très attendu. Mais Québec aussi dispose de leviers et a des cartes à jouer afin de faire atterrir ce projet. Au gouvernement, donc, de faire preuve de finesse!

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