Punir pour prévenir

Certaines restrictions à l'usage du cellulaire au volant.... (Archives)

Agrandir

Certaines restrictions à l'usage du cellulaire au volant.

Archives

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) Quatre points d'inaptitude au dossier d'ici quelques mois et éventuellement des amendes plus salées: Québec compte serrer la vis, encore un cran de plus, afin de lutter contre le fléau que constitue l'utilisation des téléphones intelligents sans système mains-libres au volant.

Ce resserrement des sanctions, annoncé par le ministre des Transports Robert Poëti, à l'occasion d'un colloque sur la sensibilisation et la prévention routière tenu la semaine dernière, tombe à point. Les dernières statistiques sur le sujet compilées par le Progrès-Dimanche, justement publiées le week-end dernier, démontrent que le phénomène des textos et de l'utilisation des téléphones intelligents prend toujours de l'ampleur, ici comme dans le reste du Québec. Depuis le début de l'année, tant la Sécurité publique de Saguenay que la direction régionale de la Sûreté du Québec confirment avoir enregistré une hausse marquée des constats d'infraction décernés par rapport à l'utilisation de ces appareils. Autre donnée inquiétante, selon ces deux corps policiers, en 2013, près de la moitié des accidents avec dommages corporels, incluant les décès, survenus au Saguenay-Lac-Saint-Jean ont été causés par une distraction au volant, distraction souvent attribuable aux téléphones intelligents et à leurs multiples applications. Cela est d'autant plus préoccupant que l'année 2014 s'annonce comme l'une des plus meurtrières sur les routes régionale depuis le tournant des années 2000...

Limites

C'est donc dire que les campagnes de prévention, même les plus percutantes et les plus léchées lancées par la Société de l'assurance automobile du Québec semblent avoir atteint leurs limites. Elles ont certes un rôle à jouer en matière de prévention et d'adoption de bonnes habitudes de conduite, mais elles ne peuvent remplacer des amendes plus sévères. Ni la vigilance des corps policiers.

À cet égard, la hausse du nombre de points d'inaptitude inscrits au dossier en cas d'infraction liée au cellulaire et aux textos sera particulièrement plus punitive pour les jeunes conducteurs, ceux qui emploient davantage ces appareils tout en conduisant et qui ont moins de points disponibles dans leur dossier de conduite.

À terme, avec la généralisation des systèmes mains-libres dans les véhicules, il est plausible de croire que la situation pourra s'améliorer d'elle-même. Des applications de reconnaissance vocale existent désormais qui permettent de texter sans utiliser les mains. Il reste néanmoins que toutes ces «activités» parallèle à la conduite constituent quand même des facteurs de distraction que tout automobiliste devrait chercher à éviter au maximum.

Dans un souci de cohérence, Québec aurait d'ailleurs avantage à durcir les sanction imposées non seulement dans les cas d'utilisation des téléphones au volant mais également concernant les excès de vitesse et les infractions courantes et dangereuses liées au non respect des feux rouges. La technolgie, notamment les «radars photos», permettent d'exercer une meilleure surveillance du réseau routier et donnent aux policiers de meilleurs outils pour à la fois exercer davantage de prévention et aussi faire respecter les lois.

Un tel virage pourrait ensuite s'accompagner, comme le gouvernement du Québec en a laissé transparaître l'intention, d'une révision des limites de vitesse en vigueur sur les routes. Cela mettrait fin à cette zone grise selon laquelle, règle générale, on peut rouler 10 ou 15 km/h au-dessus de la limite permise affichée sans trop de problème...

Après des années, voire des décennies d'amélioration constante, le bilan routier québécois et régional donne l'impression d'avoir d'atteint un certain plateau.

Il convient donc de redoubler d'effort tant en matière de vigilance que de coercition afin de continuer à préserver des vies, alors même que les percées technologiques rendent les véhicules de plus en plus sécuritaires et le travail des policiers de plus en plus efficaces.

Dans ce contexte, la société doit considérer chaque blessure et chaque décès qui survient sur les routes comme un événement de trop.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer