Précuites: RTA doit lever le voile

La production sera haussée de 45 000 tonnes... ((Photo Rocket Lavoie))

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La production sera haussée de 45 000 tonnes de petits lingots à valeur ajoutée à l'usine Dubuc de RTA.

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

L'investissement de 4,5 M$ annoncé hier par Rio Tinto Alcan à son usine Dubuc constitue un très intéressant développement pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. L'industrie de l'automobile prévoit utiliser de plus en plus d'aluminium dans la construction de ses produits. Que les installations régionales de RTA se positionnent afin d'être en mesure d'approvisionner ce secteur stratégique est donc un bon signal pour l'avenir.

Par ailleurs, par les temps qui courent, toutes retombées économiques, même les plus modestes, sont précieuses pour les entreprises de la région.

Cependant, l'annonce d'hier de Rio Tinto Alcan n'est pas la grande annonce, celle que le milieu socioéconomique attend avec impatience, au sujet de l'avenir des cuves précuites du Complexe Jonquière, dont les premières unités sont menacées de fermeture avant la fin de l'année. Justement, RTA aurait avantage à mettre fin au suspense et préciser, à très court terme, ses intentions dans ce dossier. L'entrevue éditoriale accordée au Progrès-Dimanche par le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Avida (SNEAA), Alain Gagnon, a permis de repositionner ce dossier crucial à l'avant-scène de l'actualité.

Il a ainsi pu rencontrer des représentants du cabinet du premier ministre Couillard et du ministre du Développement économique du Québec. Cela a permis d'apprendre que des discussions entre RTA et le gouvernement à propos du sort des cuves précuites se déroulent dans un bon climat et progressent, depuis quelque temps déjà. On comprend ainsi que Québec semble ouvert, ce qui est logique dans le contexte économique actuel, à accorder les autorisations requises pour que les cuves du Complexe Jonquière demeurent en fonction durant encore quelques années, créant ainsi un pont en vue de la réalisation des phases d'expansion de l'usine AP60.

Une telle décision apparaît justifiée tant en raison du nombre d'emplois en jeu que sur le plan environnemental, alors que la compagnie et les travailleurs de l'usine sont parvenus à diminuer de manière très importante, au cours des dernières années, les émissions polluantes de cette technologie vieillissante.

L'état des pourparlers entre RTA et Québec est donc encourageant, certes. Mais cela demeure encore insuffisant. À quelques semaines à peine d'une possible première série de fermetures de cuves à Jonquière, il est essentiel, en effet, que les travailleurs du Complexe et que l'ensemble de la région sachent à quelle enseigne loge le géant de l'aluminium. Que le doute soit dissipé.

Si RTA ne souhaite pas maintenir en opération ses précuites au-delà des échéanciers actuels, elle doit le faire savoir. La région saura au moins sur quel pied danser. Elle pourra, et devra alors, établir une stratégie pour faire face à la situation. Car savoir, c'est le début de l'action...

Engagement

À cette fin, le premier ministre Couillard, député de Roberval et ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean, devrait s'engager personnellement dans les négociations, si ce n'est pas encore fait, afin d'en accélérer le dénouement.

Compte tenu des avantages comparatifs que RTA obtient au Québec, de la relative reprise de la demande sur les marchés pour l'aluminium et de la qualité de la main d'oeuvre sur laquelle la multinationale peut compter dans la région et au Complexe Jonquière, on peut légitimement penser qu'elle est intéressée à maintenir en activité ses précuites, le temps de pouvoir confirmer qu'elle est prête à aller de l'avant avec les autres phases du projet AP60. Ne serait-ce que sur le plan des relations publiques, la compagnie aurait ainsi beaucoup à gagner.

Québec et le premier ministre Couillard disposent d'ailleurs aussi d'arguments de taille pour convaincre la multinationale de dévoiler sa stratégie quant à l'avenir du Complexe Jonquière sans plus tarder.

Ainsi, la compagnie cherche à obtenir de nouveaux tarifs énergétiques industriels plus concurrentiels de la part d'Hydro-Québec. RTA est aussi engagée dans le processus qui doit permettre de renouveler le décret qui édicte les modalités de gestion du lac Saint-Jean.

Sans doute, dans ce contexte, les deux parties devraient être en mesure de trouver un terrain d'entente avantageux pour chacun d'entre eux rapidement, et dans lequel toute la région sortirait gagnante.

La pression se retrouve sur la compagnie. C'est à elle d'agir et de dévoiler sa stratégie quant à l'avenir du Complexe Jonquière. Et elle doit le faire avec célérité.

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