Forêt: prévenir une autre crise

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François Saint-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) Il est rendu bien loin l'enthousiasme suscité par la signature, en mai 2010, de l'Entente sur la forêt boréale canadienne! À l'époque, plusieurs groupes écologistes et grandes entreprises forestières, dont Produits forestiers Résolu (PFR), s'accordaient pour faire la paix et mettre de l'avant un constructif partenariat pour assurer la protection de l'environnement et permettre à l'industrie d'évoluer dans un climat stable et positif. La signature de cette entente devait paver la voie à une nouvelle ère de collaboration entre les milieux écologistes et la filière forestière canadienne. Elle mettait également fin à une campagne de boycott des produits issus de la forêt boréale.

Cul-de-sacMoins de cinq ans plus tard, force est de constater qu'un nouveau cul-de-sac se dessine dans les forêts du Québec et de l'Ontario, alors que Greenpeace menace de retirer ses appuis et de hausser ses exigences dans le dossier crucial de la certification FSC des principaux parterres de coupes. Cette norme internationale, accordée par des analystes indépendants, prend en compte plusieurs facteurs social, environnemental et économique déjà très exigeants. Elle est essentielle afin que les compagnies forestières puissent exporter leurs produits sur le marché international. La menace pour la filière forestière canadienne est donc, une fois de plus, très sérieuse. D'autant plus que les pressions écologistes proviennent cette fois de l'extérieur du Canada. Elles sont donc encore plus difficile à contrer.

Pour compliquer encore davantage le dossier, les pressions de la communauté atikamekws qui revendique davantage de contrôle sur l'exploitation des ressources situées sur son territoire font planer d'autres interrogations concernant la stabilité, à court, moyen et long terme, des opérations de plusieurs scieries...

Encore une fois, donc, des milliers de travailleurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean et d'ailleurs se retrouvent pris en otage, victimes d'un nouveau bras-de-fer sur lequel ils ont bien peu d'emprise. Encore une fois, l'industrie forestière se retrouve clouée au pilori, acculée à la défense... Encore une fois, l'industrie a besoin de l'aide et de l'appui des gouvernements. Alors même qu'elle devrait, paradoxalement, obtenir le soutien des groupes écologistes qui l'attaquent aujourd'hui avec férocité...

Car, la position des groupes qui militent contre la filière forestière est contre nature. D'abord parce cette dernière a radicalement changé ses méthodes de coupe et qu'elle est aujourd'hui respectueuse de l'environnement. Ensuite parce que les produits issus du bois sont renouvelables et écologiques, et que la coupe des forêts matures, lorsqu'elle est bien gérée, permet de séquestrer des gaz à effet de serre qui seraient autrement rejetés dans l'atmosphère, de réduire les risques d'épidémies d'insectes ravageurs et le danger de grands feux de forêt.

Bref, Greenpeace aurait intérêt à défendre les aspects positifs de la filière forestière plutôt que de la prendre constamment pour cible. Une attitude qui, du reste, ne l'empêcherait pas du tout de dénoncer en parallèle certains travers ou certaines erreurs de l'industrie. Dans un pareil climat, ces critiques auraient probablement même encore plus de poids, de pertinence et de crédibilité.

De leur côté, les gouvernement fédéral et provincial ont aussi un rôle clé à jouer, au cours des prochaines semaines, afin de soutenir l'industrie. Ils ont les outils et les moyens pour défendre, ici comme sur la scène internationale, la réputation de cette filière et pour faire la promotion de ses pratiques modernisées. Ce sont les deux paliers de gouvernement, également, qui disposent des leviers, notamment dans le contexte des revendications autochtones, pour assurer le respect des critères de la norme FSC.

Bonne nouvelle dans ce bras-de-fer: Greenpeace fixe à 2016 la date butoir pour que l'industrie forestière canadienne et québécoise se conforment, à ses yeux, à des critères encore plus contraignants, notamment à l'égard de forêts matures jamais encore récoltées.

Cela laisse donc un peu de temps aux deux paliers de gouvernement pour peaufiner leur stratégie et établir un plan d'action. Cela leur laisse également du temps pour s'attaquer avec détermination, surtout dans le cas du fédéral, à l'ensemble de la question autochtone.

L'autre bonne nouvelle, c'est que tout cela ne coûte pas bien cher, en cette période d'austérité budgétaire. Bien moins cher, en tout cas, que de devoir affronter les conséquences d'une autre crise d'envergure dans le domaine forestier.

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