La cassure

Le préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin,... ((Photo Jeannot Lévesque))

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Le préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin, de passage devant les membres du Cercle de presse du Saguenay, hier matin, en compagnie de ses collègues de la MRC Domaine-du-Roy, Bernard Généreux, et de la MRC du Fjord, Gérald Savard.

(Photo Jeannot Lévesque)

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François St-Gelais
Le Quotidien

Les régions du Québec doivent se regrouper et manifester à leur tour, bruyamment, à l'Assemblée nationale afin de mousser leur vision de l'exploitation des ressources naturelles et de l'occupation du territoire québécois.

C'est, en substance, le message lancé par le préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin, de passage devant les membres du Cercle de presse du Saguenay, hier matin, en compagnie de ses collègues de la MRC Domaine-du-Roy, Bernard Généreux, et de la MRC du Fjord, Gérald Savard.

Message

Particulièrement en verve, le préfet Boivin a longuement évoqué la cassure qui existe selon lui entre les résidants des grands centres et ceux des régions du Québec. Selon ce dernier, il est devenu à peu près impossible de faire «passer» le message, les préoccupations et les inquiétudes des régions ressources à Québec et à Montréal.

Au passage, ce dernier a profité de la tribune pour inviter François Legault et Amir Khadir à venir dans la région rencontrer, à tête reposée, les promoteurs du projet Val-Jalbert afin de mieux en saisir l'essence et l'importance pour le milieu local.

De son côté, le préfet de la MRC du Fjord, Gérald Savard, a déploré que l'émotion ait pris le pas sur tout argumentaire articulé dans les débats publics au Québec.

Or, à la lumière de la contestation qui entoure le projet de minicentrale sur le site de Val-Jalbert, il est difficile de ne pas appuyer le constat des deux préfets.

Effectivement, il est devenu pénible de débattre des enjeux importants sans tomber rapidement dans la chicane stérile ou les débats de sourds, voire dans la désinformation à saveur purement idéologique. En dépit, mais aussi probablement en raison de la multiplication des médias sociaux et des plates-formes de communication, discuter rationnellement d'enjeux compliqués, que ce soit du financement des universités, de l'exploitation des ressources naturelles, du développement régional ou toute la question des surplus énergétiques du Québec, apparaît comme une mission impossible.

Pour les régions, moins densément habitées et moins «pesantes» politiquement que les grands centres, cette difficulté à faire passer les messages, cette difficulté collective à débattre rationnellement des enjeux fondamentaux qui leur sont propres constitue un réel problème. D'autant plus à un moment où un gouvernement qui tire le gros de sa députation et de son cabinet ministériel des régions cherche justement à établir une nouvelle stratégie destinée à favoriser l'occupation dynamique de la province.

Dans le dossier de Val-Jalbert en particulier, comme dans celui des minicentrales dans l'ensemble, une question nationale, celle des surplus, combinée à une vision très stricte, voire dogmatique, de la protection de l'environnement a pris le pas sur les considérations locales, communautaires et même économiques inhérentes à ces projets. Le projet de Val-Jalbert, qui constituait au départ un modèle de concertation communautaire et de collaboration avec les autochtones, salué même par la première ministre Pauline Marois, et qui devait servir de levier économique pour des milieux frappés par la crise forestière en lieu et place de mesures d'aides directes de l'État, est devenu l'unique symbole de l'opposition de certains groupes au développement hydroélectrique. Dommage parce que le projet Val-Jalbert est strictement communautaire et est appelé à devenir un modèle en matière d'exploitation durable et collective des ressources naturelles. C'est là que réside son grand mérite.

Problème

La cassure qui est en train de se former entre les régions et les grands centres est un véritable problème, un problème sournois parce qu'il risque, à moyen et long terme, de torpiller l'ensemble de la stratégie de développement régional du gouvernement. Le Québec n'est pas assez riche, ni assez populeux, pour se permettre l'émergence de deux solitudes. Les grands centres sont aussi forts que les régions. L'inverse est aussi vrai. Toutefois, les besoins et les particularités des deux entités diffèrent. D'où l'importance de rétablir un vrai dialogue. Quant à la survie du site touristique, qui tire une grande partie de son attrait de sa chute, il appartient aux promoteurs de respecter leurs engagements et d'assurer leur place dans l'histoire. Comme l'a dit Bernard Généreux hier matin, «il faudrait être imbécile à temps plein pour détruire un site touristique qui appartient justement à notre communauté».

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