Hautes attentes

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François St-Gelais
Le Quotidien

Le Parti québécois a balayé les cinq circonscriptions du SaguenayLac-Saint-Jean, au terme d'une campagne électorale axée sur les préoccupations des régions, appuyée sur une plate-forme prônant la déconcentration de l'État et la mise en valeur des ressources naturelles. Élue, Pauline Marois a nommé trois députés de la région à des fonctions ministérielles importantes, en plus d'en nommer un quatrième à titre d'adjoint parlementaire responsable du crucial dossier de l'industrie forestière. Politiquement, le SaguenayLac-Saint-Jean a ainsi obtenu un poids et une influence sans précédent à l'Assemblée nationale. Cette situation a évidemment engendré, dans la région, des attentes très importantes envers le nouveau gouvernement.

Dans ce contexte, il n'est pas particulièrement surprenant d'apprendre, comme l'indique le dernier sondage Segma Recherche-Le Quotidien, que le taux de satisfaction du gouvernement Marois soit pour le moins mitigé, à 48%, cinq mois après son arrivée aux commandes du Québec.

Barre

La barre, en effet, était haute. En campagne, les candidats péquistes régionaux ont promis de s'attaquer de front aux problèmes qui affectent l'industrie forestière, affirmé qu'ils mettraient en place une Charte du bois, annoncé leurs intentions de bonifier les crédits d'impôt dédiés aux régions ressources sabrés sous le précédent règne libéral, manifesté leur volonté de déplacer hors des grands centres des postes de fonctionnaire... Plus localement, le dossier la reprise en charge par Hydro-Québec de la centrale Jim-Gray et l'implantation d'un centre de recherche sur les matériaux du bois, notamment, ont suscité de grandes attentes. Dans la même veine, les espoirs étaient grands de voir le nouveau Colisée de Québec construit avec une structure issue de la deuxième et troisième transformation des produits de la forêt.

Confronté à la réalité du pouvoir en situation minoritaire et aux impératifs de la période de transition, le PQ n'a été en mesure de remplir, jusqu'à maintenant, ces engagements. Le premier budget Marceau a été austère. Il n'a pas rempli les promesses, entre autres en matière de crédits d'impôt. La Charte du bois n'est pas encore en vigueur... Et le Colisée du maire Labeaume ne sera pas érigé avec une structure en bois.

Sur le plan régional, donc, le gouvernement Marois n'a pas encore défini son empreinte. Il n'a pas encore déposé sa touche, démontré sa vision. Mme Marois elle-même n'a pas encore séduit hors de la base d'électeurs péquistes «naturelle». Même son approbation personnelle du projet de minicentrale de Val-Jalbert, qui visait certainement à démontrer son ouverture envers les préoccupations et les priorités des régions, n'a pas porté les fruits escomptés, le dossier ne faisant pas l'unanimité malgré sa vocation communautaire.

Économie

Le Parti libéral du Québec étant sans chef jusqu'au printemps prochain, le gouvernement péquiste a encore quelques mois pour renverser la vapeur et réellement séduire les électeurs saguenéens et jeannois, avant que les premières rumeurs d'élections ne commencent à filtrer. Compte tenu du recul de la souveraineté dans les intentions de vote, c'est sur le plan de l'économie et de la gestion des ressources naturelles que le PQ gagnera, ou perdra, l'appui des citoyens de la région. C'est sur ces thèmes qu'il devra miser et livrer la marchandise. Sur la scène fédérale, le coup de sonde Segma Recherche démontre par ailleurs une certaine remontée du Parti libéral du Canada dans les intentions de vote régionales. On peut probablement attribuer celle-ci à la campagne menée par Justin Trudeau. Pour sa part, le Bloc québécois pointe tête, devant le NPD, qui voit ses appuis diminuer notablement par rapport au sommet atteint dans le cadre de la vague orange. Le BQ étant disparu des radars et étant pratiquement invisible depuis la dégelée de mai 2011 à la Chambre des communes, c'est l'étiquette, il faut croire que le nom de la formation est encore assez puissant pour servir de valeur refuge, compte tenu de l'impopularité du gouvernement conservateur. Il y a donc là un message pour le NPD, dont le titre d'opposition officielle remporté lors du dernier scrutin est loin d'être gagné à long terme... La dégringolade des conservateurs, qui n'obtiennent plus que 16% des intentions de vote dans la région, est probablement le reflet direct de la dernière réforme de l'assurance-emploi, très impopulaire au SaguenayLac-Saint-Jean. Mais, les prochaines élections fédérales sont encore loin. Le portrait a bien le temps d'évoluer...

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