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Le projet de minicentrale hydroélectrique sur le site de Val-Jalbert n'obtient... (Archives)

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François St-Gelais
Le Quotidien

Le projet de minicentrale hydroélectrique sur le site de Val-Jalbert n'obtient pas l'aval de la majorité de la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Même au Lac-Saint-Jean, où la population profitera au maximum des retombées engendrées tant par les travaux que par les revenus injectés dans un fonds de développement local, le dossier ne franchit pas le seuil psychologique du 50% d'appuis. Ce portrait, révélé dimanche à la faveur du sondage Segma Recherche/Progrès-Dimanche, est riche d'enseignement. Surtout, il soulève d'intéressantes questions de fond qui risquent de nouveau de faire la manchette au Saguenay-Lac-Saint-Jean, et ce à court terme. Parce que, dans le «Haut du Lac», un autre projet de construction d'une minicentrale est en préparation.

 

 

 

 

Raisons

De prime abord, les résultats du coup de sonde obligeront sans doute les promoteurs des deux projets à revoir leur stratégie de communication. La vente de celui concernant le site de la «11e chute», sur la rivière Mistassini, devient brusquement beaucoup plus difficile socialement. Quant à celui de Val-Jalbert, sa poursuite devient d'autant plus délicate. Il serait étonnant, et même contre-productif pour la région, que Québec revienne sur l'autorisation donnée aux travaux en raison des résultats du sondage. Cette semaine, justement, la firme régionale Cegerco a justement obtenu un important mandat en génie civil, démontrant toute son importance pour l'économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Par contre, la pression, déjà forte sur les promoteurs, s'accroît encore plus. Ils n'auront pas le droit à l'erreur à la fois durant les travaux, et surtout une fois ceux-ci complétés. Ils devront respecter d'autant plus scrupuleusement leurs engagements de préserver la beauté du site de Val-Jalbert lorsque celui-ci sera fréquenté. Et, les revenus devront être au rendez-vous comme promis à travers le délicat équilibre requis entre turbinage et villégiature. La barre, déjà haute, vient de monter encore de quelques crans.

Les résultats du sondage permettent surtout de se questionner sur les causes et les motifs à l'origine de la contestation envers le projet de Val-Jalbert. Par son essence, il s'agit d'un dossier de nature communautaire et locale, qui s'inscrit dans la volonté de la région de tirer profit de l'exploitation de ses propres ressources naturelles. De plus, rares sont, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les projets ayant traversé autant de séances publiques d'information, de tables rondes, d'atelier de discussion ou de conférences de presse préparatoires . Sans compter le BAPE... Le dossier de Val-Jalbert, à ce titre, fait et fera certes école en matière de transparence et de concertation.

Or justement, à toutes ces étapes, la participation du public a été bonne, et l'acceptabilité du projet n'a jamais semblé faire de doute. Certes, certains opposants se sont manifestés en cours de route, mais sans que cette opposition ou que ces critiques ne fassent boule de neige. Au contraire, elles ont été plutôt constructives et auront permis de bonifier les plans en soulevant des irritants potentiels.

Contexte

Dans ce contexte, il faut donc se demander si ce n'est pas davantage l'actualité des dernières semaines, où la question des surplus d'énergie a subitement pris une ampleur importante dans les médias, qui expliquerait ce revirement de situation. D'autant plus que ce contexte a incité des groupes militants de l'extérieur de la région à plonger dans la bataille, amenant avec eux des visages connus tels que le chanteur Paul Piché, et des arguments techniques qui ont fini par brouiller le débat plutôt que de l'éclaircir... Sans doute, cette soudaine visibilité de la question énergétique, surtout les débats entourant la question des surplus, ont donné au dossier une couleur et une portée qu'il n'a pas.

La minicentrale de Val-Jalbert constitue d'abord un dossier régional lié au développement économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce n'est pas ce dossier qui réglera la question des surplus énergétiques du Québec à moyen et long terme. C'est ainsi qu'il convient de l'analyser.

À la lumière des données du sondage, il apparaît que les promoteurs devront continuer leur effort en matière de concertation et de communication. Visiblement, les Saguenéens et les Jeannois ont encore des questions et des inquiétudes. Dans ce contexte, le projet étant bien lancé, les opposants déclarés au projet accepteront-ils de travailler à l'améliorer plutôt qu'à le torpiller? Car, le Saguenay-Lac-Saint-Jean a besoin de projet porteur à tous les égards.

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