Digne d'une monarchie

Rien n'altère la popularité du maire de Saguenay, Jean Tremblay, surtout pas... ((Archives))

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Rien n'altère la popularité du maire de Saguenay, Jean Tremblay, surtout pas les critiques en provenance de Montréal, bien au contraire. Le dernier sondage Segma Recherche/Progrès-Dimanche révèle que la cote de popularité du «roi» de Saguenay atteint 87 pour cent, un niveau habituellement vu dans les pays en manque de démocratie.

Cet appui au maire «là là» relève du phénomène sociologique et trouve des réponses dans un large spectre d'analyse. Un résultat satisfaisant dans les démocraties modernes s'établit autour de 60 pour cent. Pauline Marois et Stephen Harper en seraient fort aises. Quatre-vingt-sept pour cent, dans un contexte où le maire a suscité des réactions très dures, confirme son effet teflon. Son caractère populiste, ses talents de communicateur et sa façon déconcertante d'esquiver les attaques plaisent à l'électorat saguenéen au point de lui pardonner ses idées impopulaires.

Des idées pas seulement contestées à l'extérieur, mais aussi ici, comme le démontre le sondage publié hier dans Le Progrès-Dimanche. Sa dernière trouvaille, rebaptiser la route qui traverse la réserve faunique des Laurentides du nom de la conseillère Marina Larouche, est rejetée dans une proportion de 68 pour cent. La majorité des répondants qui lui disent de retraiter dans ce dossier maintienne son appui à son endroit. Ce ne serait pas la première fois que le maire reculerait.

Il est incontestablement populaire et cela envoie un message à l'Équipe du renouveau démocratique (ERD). L'envers de la médaille, cependant, est qu'il s'est créé un groupe d'opposants irréductibles qui le pourchassent sur tous les terrains: salle de spectacle, quai de croisières, ses affirmations selon lesquelles Saguenay a le plus bas taux de taxes, Promotion Saguenay, etc. Ceux-ci mettent en doute tout ce qu'il fait.

Le sondeur Raynald Harvey, de Segma Recherche, se risque dans une explication. Plus les autres (ceux de l'extérieur de la région) tentent de le ridiculiser, soit pour son accent ou ses prises de position, plus les Saguenéens se replient derrière lui. Il s'agit de l«'effet ressac», indique-t-il, qui se manifeste quand une personne en qui vous avez placé votre confiance se fait discréditer ailleurs. Au cours des derniers mois, les détracteurs du maire saguenéen n'ont pas été tendres, lui accolant des termes comme xénophobie et homophobie. Des artistes québécois, ayant le statut de vedette, le démonisent sur les réseaux sociaux.

Le président de Segma Recherche estime pourtant que les Saguenéens ont la même faculté que les autres Québécois à remettre en question leur allégeance. C'est vrai dans un débat régional, mais moins quand les autres attaquent «leur» maire. Les électeurs saguenéens demeurent tout aussi volatiles et émotifs que les autres. Ils peuvent voter péquiste, conservateur, néo-démocrate, ressusciter le Bloc québécois et rejeter la souveraineté. Des changements d'humeur qui tiennent de la routine au Québec et qui créent des situations imprévisibles.

Le maire peut tourner les coins ronds dans certaines circonstances, mais il ne s'en formalise pas. C'est le cas dans l'affaire Benhabib, du nom d'une intellectuelle québécoise qui met en garde le monde contre les excès de l'islam. A-t-il choisi la mauvaise cible pour tabler sa position sur les accommodements raisonnables? Mme Benhabib consacre sa vie à lutter contre les excès de l'islam. Jean Tremblay a été durement pris à partie dans ce dossier et on a voulu laisser croire qu'il était seul dans son camp, mais un sondage effectué en Mauricie a aussi révélé qu'il a de nombreux appuis.

Moment crucial

En raison de sa popularité, le maire se permet ce que le débat public n'a pas besoin. Par exemple, quand il se demande si l'universitaire Gérard Bouchard n'a pas trop étudié! Ou encore ce que vient faire Mme Benhabib dans la cause du crucifix à l'hôtel de ville alors qu'il n'est pas capable de prononcer son nom. Il avait fait la même chose dans le dossier de la salle de spectacle, affirmant qu'il ne gère pas le projet pour les propriétaires de Mercedes parce qu'un de ses opposants roulait dans une voiture de luxe!

Popularité ou non, Saguenay est en année électorale et a besoin, plus que jamais, d'audace, de créativité, de nouvelles idées et d'ouverture pour assurer son statut de ville majeure au Québec. C'est à ça qu'il faut réfléchir.

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