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François St-Gelais
Le Quotidien

Le gouvernement du Québec a donné, mardi, selon des informations obtenues par Le Soleil et publiées hier en nos pages, son feu vert au projet de parc éolien de la Rivière-du-Moulin, un projet de 175hélices géantes d'une capacité de production de 400 MW qui commandera des investissements évalués à 800 M$. Le futur parc éolien devant être érigé sur un territoire chevauchant le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de Charlevoix, dans la Réserve faunique des Laurentides. Il est donc vraisemblable qu'il engendrera de substantielles retombées économiques pour la région. Voilà qui est positif.

RéceptionÀ terme, en 2015, le parc éolien de la Rivière-du-Moulin sera le plus important du genre au Canada. Jusqu'à tout récemment, le développement de la filière éolienne était fortement appuyé par les milieux écologistes et par le gouvernement du Québec. De l'énergie verte, 100% renouvelable, produite à partir de composantes fabriquées dans une région ressource, en l'occurrence la Gaspésie, où l'on cherche à développer de nouveaux créneaux de développement d'avenir. Mais, dans le «nouveau» contexte actuel, comment le projet sera-t-il maintenant reçu une fois le décret autorisant les travaux publiés dans la Gazette officielle, normalement d'ici quelques jours?

Actuellement, le projet communautaire visant la construction d'une minicentrale d'une capacité de 16 MW à Val-Jalbert soulève une tempête dans les coulisses de l'Assemblée nationale. La Coalition avenir Québec a joint sa voix à celle de nombreux groupes afin de réclamer que le gouvernement du Québec revienne sur son autorisation. Quitte à dédommager les promoteurs! Parmi les éléments soulevés à l'encontre du projet jeannois, on cite l'impact sur la chute du village fantôme, et... les surplus énergétiques auxquels sera confrontée la Belle province dans les prochaines années.

Appliquera-t-on le même raisonnement, concernant les surplus d'énergie, au projet de Rivière-du-Moulin? Exigera-t-on maintenant que l'on bloque le projet et que l'on dédommage les promoteurs. Adoptera-t-on plutôt une attitude de deux poids deux mesures? Vrai que les promoteurs du parc éolien, eux, sont de gros joueurs, dont Énergie de France, et non des MRC et des administrations publiques saguenéennes ou jeannoises. Il serait peut-être plus embêtant d'exiger que Québec recule. Cela enverrait un curieux message aux grands investisseurs privés qui souhaitent brasser des affaires au Québec. Pourtant, sur le plan éthique des choses, n'est-il pas plus acceptable d'appuyer un petit projet communautaire comme celui de Val-Jalbert plutôt qu'un gros comme celui de Rivière-du-Moulin?

Stratégie

Ces questions, toutes éminemment légitimes, démontrent comment il est impossible de gérer au cas par cas les projets de développement énergétique actuellement en cours d'élaboration au Québec. Si l'on décide de bloquer un projet, quelle que soit sa nature, il faudra tous les bloquer sous peine, pour le gouvernement, de se retrouver plongé dans des controverses sans fin.

Québec doit mener à terme les appels d'offres déjà lancés par le précédent gouvernement, dans un contexte tout à fait différent, comme l'expose, en page 11 de la présente édition, le chroniqueur Claude Villeneuve. Mais, il a la latitude nécessaire pour décider des objectifs et des moyens de la prochaine stratégie.

À travers les remous des dernières semaines, on a perdu de vue, dans les débats, le fait que les surplus énergétiques du Québec sont d'abord des prévisions dans un contexte où les besoins en énergie peuvent évoluer rapidement, comme les dernières années l'ont justement démontré. De plus, ces surplus proviennent majoritairement de sources d'énergie renouvelables. Or, notamment dans le domaine de l'aluminium comme dans d'autres domaines de l'industrie lourde, cela constitue un atout incontestable, un avantage pour attirer des entreprises. Donc des emplois, des retombées économiques et des investissements qui compensent, en tout sinon en grande partie, les frais encourus par Hydro-Québec pour acquérir l'énergie produite dans des projets comme Val-Jalbert et Rivière-du-Moulin. Les surplus d'énergie peuvent être un levier de développement économique pour les régions, comme le sont les crédits d'impôt octroyés, notamment pour l'industrie du multimédia à Montréal... Il ne faudrait pas l'oublier! Cela ne veut pas dire qu'il faille produire des MW d'énergie pour le plaisir de le faire. Mais cela veut dire que le débat sur l'énergie nécessite une réflexion poussée, à tête reposée, et qu'il faut éviter les décisions impulsives prises sous pression.

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