Un autre niveau

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François St-Gelais
Le Quotidien

Loin de s'estomper, le mouvement de contestation à l'encontre du projet de construction d'une minicentrale à Val-Jalbert continue sur sa lancée des derniers mois. Pourtant, le dossier est clos. Le 3 décembre dernier, afin de régler définitivement l'affaire, la première ministre Pauline Marois a confirmé le feu vert de son gouvernement en vue du début des travaux. La portée du geste était à elle seule révélatrice. Il est rare, en effet, qu'un premier ministre lui-même effectue une telle annonce, généralement dévolue au ministre de l'Environnement.

Signal

Dans le contexte actuel, il est opportun de se demander jusqu'où il est justifié, pour les opposants, à poursuivre leur mouvement d'opposition à l'endroit du projet de Val-Jalbert. Les plans ont traversé toutes les étapes de consultation requises. Ils ont obtenu l'approbation du BAPE à la suite de véritables audiences publiques. Un décret a été adopté par le gouvernement et ce dernier publié dans la Gazette officielle du Québec le 27 décembre. Depuis, les promoteurs ont accéléré les démarches afin de lancer les travaux, sur le terrain, dans les plus brefs délais. Bref, il est utopique de croire, dans ces circonstances, que le gouvernement Marois fera brusquement volte-face et annulera son autorisation, comme l'espèrent les opposants. Ce serait un bien étrange signal. Et un signal bien coûteux pour les promoteurs, la communauté régionale et l'État. Ne serait-ce que parce que les partenaires du projet Val-Jalbert voudraient bien, alors, voir rembourser les frais encourus dans ce projet depuis que le décret a été publié, sinon plus...

En s'en prenant ainsi au gouvernement Marois et aux promoteurs régionaux, les opposants se trompent de cible. Le projet de minicentrale à Val-Jalbert s'inscrit dans un appel d'offres lancé par le précédent gouvernement libéral. En dépit du changement de gouvernement, l'appel d'offres était bien valide. Il n'est pas subitement devenu caduc. Le gouvernement Marois ne pouvait pas l'effacer d'un coup de baguette magique. Du reste, il ne faut pas oublier que, par son essence même, la construction de la minicentrale sur la chute Ouiatchouan répond à plusieurs revendications traditionnelles formulées par le Saguenay-Lac-Saint-Jean. D'une part, elle permettra de générer des revenus importants qui assureront la pérennité du site touristique. D'autre part, ses retombées alimenteront un fonds de diversification destiné à soutenir le développement économique du Lac-Saint-Jean. Que les ressources naturelles de la région génèrent de la richesse dans la région constitue un gain, réclamé sur toutes les tribunes, par la Conférence régionale des élus (CRÉ), notamment. Le projet de Val-Jalbert est donc intimement à la réalité du «Royaume». Il sert ses intérêts.

Utilité

Si l'on peut légitimement s'interroger sur le bien-fondé, pour les opposants, de poursuivre leur contestation à ce stade-ci du projet, il reste que les arguments qu'ils ont soulevés dans le débat jusqu'à maintenant seront utiles, et nettement plus appropriés, dans le contexte plus large que constituera l'élaboration de la prochaine stratégie énergétique du Québec. C'est là que toute la question des surplus d'énergie d'Hydro-Québec doit être abordée, dans une perspective générale et globale. Le projet Val-Jalbert, et par extension le Saguenay-Lac-Saint-Jean, ne doivent pas servir de boucs émissaires en raison d'appels offres lancés précédemment dans un tout autre contexte. Le portrait énergétique à l'échelle nord-américaine a diamétralement changé au cours des dernières années, ce qui explique le problème des surplus appréhendés. Il ne faut surtout pas, en ce sens, mélanger les pommes avec les poires!

De plus, il est également juste de reconnaître que le mouvement de contestation a obligé les promoteurs à voir et à revoir leurs calculs et à «blinder» leurs plans. Ils les obligeront aussi, lorsque les turbines seront prêtes, à agir dans le meilleur intérêt de la population régionale et dans celui des intervenants du site touristique de Val-Jalbert. Ils se sont engagés à préserver la beauté et à respecter l'intégrité et le cachet du village fantôme en période d'affluence tout en générant de précieux revenus. Sûr qu'ils devront respecter ces engagements. Aussi sain a-t-il été, le débat soulevé dans la région devrait maintenant passer à un autre stade et servir de base de réflexion là où il sera le plus pertinent, soit dans le processus d'élaboration de la future politique énergétique du Québec. Tout le monde en sortira gagnant.

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