Dossier d'avenir

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François St-Gelais
Le Quotidien

Le terminal maritime de Grande-Anse a enregistré en 2012 une baisse de 10% du volume de marchandise ayant transité par ses installations. Il s'agit d'une deuxième diminution annuelle consécutive pour le port, après celle de 12% compilée au terme de l'année 2011.
Cette situation s'explique d'abord, selon les explication fournies au Quotidien par le directeur général du terminal, Alain Bouchard, par la situation économique éprouvante qu'a connu la région au cours de 2012. Le conflit de travail à l'usine d'Alma, comme les difficultés récurrentes de l'industrie forestière, ont également eu des impacts directs sur les activités du port, tant en matière de volume de marchandise transbordée qu'en nombre de navires reçus.

Statu quo

Chose certaine, le bilan des deux dernières années d'opération de Port-Saguenay démontre que le statu quo n'y est plus viable. Certes, le Saguenay-Lac-Saint-Jean est en droit d'espérer des jours meilleurs pour ses deux principaux moteurs économiques, soit l'industrie forestière et la filière de l'aluminium. La demande mondiale pour le métal gris devrait éventuellement atteindre de nouveaux sommets, une fois la crise économique mondiale finalement jugulée. Quant à elle, l'industrie forestière ne peut que prendre, éventuellement, du mieux...

Néanmoins, il est utopique de croire que cela sera suffisant pour assurer la survie, et encore le moins le développement industriel, du port baieriverain et par extension de Saguenay et de l'ensemble de la région. Faut-il rappeler, du reste, que Rio Tinto Alcan dispose de ses propres installations portuaires à La Baie et n'utilise celui de Grande-Anse que pour certains besoins très spécifiques?

Dans ces circonstances, la construction d'une desserte ferroviaire à Port-Saguenay devient donc l'élément crucial, le point de départ de toute stratégie cohérente de développement industriel du terminal. Et la clé pour assurer sa pérennité.

Saguenay a le privilège de compter sur un port en eau profonde directement ouvert sur le monde. Il est logique que les élus de la capitale régionale cherchent à assurer le développement de cet atout stratégique en comblant une lacune qui aurait dû être comblée, du reste, depuis longtemps déjà... Le contraire constituerait une aberration.

Faute d'investissements structurants, le port est condamné à stagner, à vivoter, voire à fermer purement et simplement. Advenant une telle conclusion, on imagine bien le choc et la levée de boucliers qui s'ensuivrait. Unanimement, l'administration municipale serait clouée au pilori pour avoir laissé un tel dénouement survenir sans agir de manière proactive.

Le projet de doter le terminal maritime de Grande-Anse d'une desserte ferroviaire est audacieux, et dans une certaine mesure risquée, car aucun projet d'investissement privé n'est encore officiellement confirmé à cet endroit. Par contre, plusieurs dossiers d'importance cheminent actuellement, notamment dans le domaine minier, et suscite de grandes espérances.

Pour le bien de la capitale régionale et de l'ensemble du Saguenay-Lac-Saint-Jean, tous les efforts, de la part de toutes les parties impliquées de près ou de loin par ce dossier structurant, devraient oeuvrer conjointement pour que ces projets aboutissent et génèrent des retombées concrètes. Le projet de doter le port de Grande-Anse d'une desserte ferroviaire est crucial pour le positionnement industriel futur de la région. Pour cette raison, son analyse doit donc s'élever au-dessus de toutes considérations purement politiques.

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