Éditorial

Réfléchir ensemble

Les Jeannois et les Saguenéens viennent d'entamer les Fêtes du 175e... (Photo internet)

Agrandir

Photo internet

Partager

Les Jeannois et les Saguenéens viennent d'entamer les Fêtes du 175e anniversaire de fondation de la région. Au-delà de l'appel à célébrer notre présent et notre passé et à reconnaître les grands moments de notre histoire, que faut-il souhaiter pour l'avenir?

Pourquoi ne pas en faire une année de réflexion? La région a besoin plus que jamais de se redéfinir, comme elle l'a fait en 1984 et 1991, à l'occasion de sommets économiques, et en 2003, lors du «Rendez-vous des Régions». À cela, il faut ajouter les exercices plus fermés de planification stratégique menés par l'ancien Conseil régional de concertation et de développement (CRCD) et la Conférence régionale des élus (CRÉ).

Après les fusions

Au cours des dix dernières années, l'actualité régionale a gravité autour des fusions municipales, au point où il n'y a pas eu beaucoup de place à la discussion. Ce dossier étant réglé, l'heure d'une remise en question est venue. Il faut se souvenir que le Sommet de 1984 est né d'un constat accablant : l'ère des emplois à la tonne était terminée dans l'aluminium. C'était Alcan qui avait lancé le compte à rebours.

Un grand brassage d'idées s'en était suivi et permit d'heureuses réalisations, telles l'émergence de la recherche dans l'aluminium ainsi que la création d'un important réseau d'équipementiers.

Se redéfinir, donc, dans un vrai climat de solidarité, d'ouverture, de partage du pouvoir, de transparence et d'intelligence. Le moment en est propice. Outre les initiatives du professeur Marc-Urbain Proulx, qui avait mis de l'avant «Saguenay Vision 2025» dans le tournant des années 2000, peu d'occasions d'anticiper l'avenir ont été créées.

Pourtant, la réflexion officielle, en présence du politique, des milieux des affaires, socio-communautaire, de la santé, de l'éducation, culturel et sportif, de la jeunesse, etc., demeure la plus efficace des démarches. Elle permet, notamment, que des projets ou suggestions soient pris en compte par les représentants des gouvernements (municipaux, provincial et fédéral) et que ceux-ci en fassent une feuille de route à suivre.

Sans ces rencontres, il y a des idées qui se perdent, qui s'étiolent ou qui se font reléguer aux oubliettes pour divers motifs, dont le douteux impératif politique. Deux exemples sur le même sujet viennent à l'idée : la démarche de l'Université du Québec à Chicoutimi pour sortir la région du modèle forestier en vigueur et les colloques de l'Institut des régions ressources sur des économies qui se sont redressées grâce à de nouvelles utilisations du bois.

Dans ces deux cas, des rapports étayés sur le potentiel du bois n'ont pas trouvé écho. Pourtant, ils suggèrent un véritable coup de barre aux élus pour qu'ils reconfigurent complètement l'industrie forestière. L'UQAC a embauché un expert français, Pascal Triboulot, qui a travaillé sur des scénarios de relance de l'économie de la forêt à partir de succès européens. Son rapport contient des révélations étonnantes et un constat du manque de volonté du gouvernement à vouloir changer les choses.

D'autre part, les dernières années ont démontré que les temps changent, que la démocratie prend d'autres formes et que les peuples ont soif de transparence. Au Québec, une nouvelle ère de gourvenance est souhaitée ainsi que l'entrée en scène de nouvelles notions, telle la démocratie directe. La jeunesse capitalise sur les réseaux sociaux pour faire valoir ses revendications. Elle peut être virulente, comme l'a été lors du «printemps érable».

Être de son temps

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean a aussi besoin d'encourager l'émergence d'un nouveau leadership, partagé entre des hommes et des femmes de différents horizons, avec des façons distinctes de voir les choses. Pour ce faire, il faut que les structures officielles, comme les municipalités, les MRC, la CRÉ et les autres administrations publiques acceptent une forme d'éclatement de leur gestion. Les pouvoirs sont souvent concentrés entre les mains de groupes restreints, qui occupent plusieurs chaises à la fois. Rien pour mener à la remise en question.

Si la région ne veut plus se chicaner pour des miettes, elle a besoin de prendre du recul, de dégager des consensus et de maintenir le cap vers ses intérêts supérieurs.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer