Éditorial

Une révélation

La vitesse avec laquelle des hommes ou des femmes publics sont déboulonnés ou... (archives)

Agrandir

archives

Partager

La vitesse avec laquelle des hommes ou des femmes publics sont déboulonnés ou encore la perspective d'une élection en 2013 au Québec commandent la prudence quand vient le temps d'identifier des élus qui se sont distingués dans la Belle Province. Parmi ceux qui ont étonné jusqu'à maintenant, se trouve, certes, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault.

S'il y avait un palmarès des élus par excellence en 2012 au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il y aurait de fortes chances que Sylvain Gaudreault occupe le haut du classement. Il y serait parvenu en moins de quatre mois, un exploit quand il est connu que des élus d'arrière-banc n'arrivent pas à marquer leur passage en politique même après y avoir passé plusieurs années.

Des doutes

Il y a eu un «quelque chose» autour du ministre Gaudreault. Et pourtant, il a été accueilli plutôt froidement par la grande presse au moment de sa nomination à la tête de deux ministères dans la tourmente en raison des «affaires montréalaises»: les Transports et les Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire. Un accueil qui a frisé le mépris pour sa personne, bien sûr, mais aussi pour les régionaux. La principale critique avait trait à son origine: comment une personne des régions peut gérer les problèmes de Montréal, sussurait-on!

Sa capacité à s'imposer a vite rassuré: l'ancienne ministre péquiste, Lise Payette, l'a mis au haut de son palmarès des révélations du nouveau gouvernement, tandis que le bouillant maire de Québec, Régis Labeaume, trouve qu'il a une bonne écoute. Vrai qu'un politicien qui écoute en 2012,  c'est plutôt rare. Habituellement, ils savent et ils décrètent. En quelques semaines, il s'est fait un nom, gagné une crédibilité et démontré qu'il n'avait pas à prouver sa capacité à comprendre les enjeux et à apporter des réponses.

Au lendemain du 4 septembre, rien pourtant ne garantissait à Sylvain Gaudreault le titre de ministre. Il était d'ores et déjà acquis que Stéphane Bédard allait accéder au sacro-saint Conseil des ministres en raison de son expérience et de sa fidélité à la première ministre et qu'Alexandre Cloutier devait représenter le Lac-Saint-Jean. Un troisième ministre, c'était trop pour une région ressource!

À quelque part, dans la nomination de Sylvain Gaudreault, il faut reconnaître l'audace de Pauline Marois. Une décision qui lui rapporte juqu'à maintenant.

Ce succès instantané de Sylvain Gaudreault fait plaisir à l'ego des Saguenéens et des Jeannois, tous horizons politiques confondus. Il faut être prudent. Même l'ancien premier ministre Lucien Bouchard ne trouvait grâce aux yeux de tout le monde. Les fédéralistes reconnaissaient sur le bout des lèvres son importance pour la région. Si André Harvey a joué un rôle crucial dans l'aménagement de la 175 et l'implantation du Centre des technologies de l'aluminium (CTA), Lucien Bouchard a donné un sérieux coup de main à l'usine Kénogami et la région lui doit le Pavillon des Humanités, à l'UQAC.

Résilience

Mais attention! Il y a une petite phrase qui a fait école en France pour inciter les politiciens à ne pas vouloir être la saveur du mois. Jean-François Kahn, journaliste et écrivain français, a déjà dit que les journalistes lèchent, lâchent et lynchent les politiciens. Une phrase savamment reprise dans le film La Conquête, portant sur l'accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la France. Trois mots, «lèche, lâche et lynche», qu'aucun politicien ne devrait oublier. Même René Lévesque, cités autant par des fédéralistes que des souverainistes, à goûté à la médecine. Dans son cas, l'histoire a été plus douce, faisant oublier comment son parti n'en voulait plus et mettant plutôt d'avant sa ferveur et son intelligence.

Sylvain Gaudreault peut aussi faire preuve de résilience. Il faut se rappeler que l'ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, lui a coupé l'herbe sous le pied dans la course à la candidature du parti en 2000 dans Chicoutimi-Le Fjord en nommant, sans plus d'explication, Noël Tremblay. Et que dire de la déclaration d'un animateur de radio selon laquelle les gars des usines de Jonquière ne voteront pas pour un homosexuel! Sujet privé que le principal intéressé a choisi de ne pas étaler sur la place publique.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer