Une bonne entente

Rio Tinto Alcan a fait visiter les installations... ((Photo Rocket Lavoie))

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Rio Tinto Alcan a fait visiter les installations de l'Usine Arvida aux journalistes.

(Photo Rocket Lavoie)

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Avec une convention en poche valide pour deux années encore, le Syndicat national des employé(e)s de l'aluminium d'Arvida (SNEAA) n'a pas attendu d'être au bord du précipice pour prendre en main son avenir à long terme.

Face à un mauvais sort,  la vétusté des cuves précuites et de la faiblesse du marché de l'aluminium, le syndicat a construit avec Rio Tinto Alcan (RTA) un plan qui pourrait assurer la sécurité de ses membres jusqu'en 2022.

En fait, l'entente intervenue hier entre les deux parties, au fil d'une négociation intensive de neuf semaines, place la région dans une position avantageuse pour un avenir parsemé de «si». Il va falloir que toutes les planètes s'alignent pour que RTA se lance dans des investissements d'un milliard de dollars pour ajouter à la capacité de production du Complexe Jonquière.

Pragmatisme

Au-delà des aléas de l'économie, les parties ont agi sur tous les aspects qu'elles peuvent contrôler. Ce nouveau règlement, empreint de pragmatisme, de maturité et de sagesse, sera forcément renvoyé à l'actualité de la fin de 2011, où un percutant lock-out a été décrété à l'usine d'Alma, entraînant la région dans un douloureux combat de plusieurs mois. Toutefois, le contexte n'a rien à voir, opposant plutôt une lutte de principes à une bataille pour la survie.

C'est bien à leur propre survie que les syndiqués faisaient face : une convention venant à échéance dans deux ans, des cuves condamnées à être fermées en 2014, un marché vacillant, 10 millions de tonnes de surplus d'aluminium dans le monde et un prix insatisfaisant. En fait, la seule bonne nouvelle pour les travailleurs du Complexe Jonquière demeure la première phase de l'AP60. Une phase qui ne produit que 60 000 tonnes, rien pour maintenir plus d'un millier d'emplois et l'usine Vaudreuil qui produit de l'alumine.

La situation était grave et le président Alain Gagnon a agi comme tel, évitant les tactiques peu porteuses, fuyant les médias et faisant adhérer son entourage au projet de survie. Le président en avait lourd à porter, mercredi soir, quand il s'est présenté devant plus de 1000 syndiqués ayant mis leur avenir sur la table. Le message a donc bien passé, puisque le projet a été appuyé par 90 pour cent des votants, un score sans équivoque pour un exécutif syndical.

S'il faut absolument comparer cette négociation à une autre, il faut référer à 2006, où le syndicat dirigé par Claude Patry avait aussi mis son coeur et son avenir sur la table pour relancer le Complexe Jonquière après la fermeture des cuves Söderberg. Une entente difficile à avaler pour les travailleurs, qui a fait en sorte, cependant, de garder le train sur les rails.

Dans la présente entente, il existe des irritants pour les syndiqués, comme l'ouverture de la sous-traitance au coeur des opérations, mais aussi des gains, comme la sécurité d'emplois à plus de 250 travailleurs embauchés après 2006. Tout a été fait pour que l'atterrissage s'exécute en douceur en attendant le redressement des perspectives économiques.

Lucidité

Dans son préambule, mercredi soir, Alain Gagnon a abordé les conséquences de front, avisant les travailleurs que «les points contenus dans ce rapport auront des impacts majeurs sur nos vies familiales et sur notre région». Comme quoi il voulait s'assurer de bien centrer les enjeux. Dans la négociation de ce plan sur 10 ans, le syndicat a conservé une position de retrait au cas où les règles du jeu ne seraient pas respectées. C'est donc dire que les syndiqués conservent un levier important dans les circonstances.

Ce sont les deux parties qu'il faut féliciter quand on imagine ce qui aurait pu se produire si on avait attendu d'être confrontés à la fermeture des précuites et à l'expiration du contrat de travail. Sur le bord du précipice, il suffit d'un pas de trop pour conduire au pire. Résolument, les syndiqués et RTA sont tournés vers l'avenir à un moment où le présent est peu reluisant. Il faut aussi référer aux avantages énergétiques dont jouit RTA pour comprendre, dans le contexte, que la région en obtient des retombées concrètes.

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