Retour d'Espagne

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay.... ((Archives))

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Le maire de Saguenay, Jean Tremblay.

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François St-Gelais
Le Quotidien

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, est revenu d'Espagne avec, a-t-il affirmé, un projet d'investissement majeur, susceptible de créer 350 emplois directs, dans ses valises. Pour des motifs de concurrence, ce dernier a refusé de donner quelques informations que ce soit concernant l'identité du promoteur impliqué ou son domaine d'activités. Par contre, le premier citoyen de la capitale régionale a laissé entendre que, pour que se concrétise son projet évalué à 500 M$, l'investisseur pressenti aura besoin d'une garantie d'approvisionnement énergétique au tarif grande puissance (tarif L) et d'obtenir l'assurance de pouvoir bénéficier de la desserte ferroviaire qui doit être construite au port baieriverain de Grande-Anse.

Jean Tremblay est un habile politicien. Il sait comment jouer le «livre». Comment faire passer son message et placer ses pions sur les différents échiquiers. C'est qu'il a fait, lundi, par le biais de l'entrevue qu'il a livrée à notre collègue Stéphane Bégin.

Pression

Le maire de Saguenay ne pouvait revenir de voyage les bagages vides. Il n'est donc pas surprenant qu'il ait laissé entendre que son périple espagnol lui avait permis de positionner très favorablement sa ville pour obtenir un investissement d'envergure. La même chose s'est produite, il y a quelques années, à la suite d'un voyage en Allemagne, concernant cette fois une usine de biocarburant. Un projet, finalement, qui n'a pas abouti, pour toutes sortes de raisons.

Tant qu'un projet n'est pas ficelé, il est normal que l'on ne livre pas tous les détails. C'est plus prudent. Tout de même, dans un contexte de campagne électorale de plus en plus perceptible à Saguenay, les quelques informations livrées par Jean Tremblay sont suffisantes pour susciter l'intérêt des électeurs, surtout dans le contexte économique actuel... Et créer l'espoir que 2013, sur le plan économique, soit plus favorable que 2012 pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Vrai que cela ne peut pas lui nuire politiquement. Vrai, aussi, qu'un politicien, quel qu'il soit, est toujours en campagne électorale.

Les propos du maire lui permettent aussi de mettre de la pression sur le gouvernement du Québec dans le dossier de la desserte ferroviaire de Grande-Anse. Le BAPE a récemment rendu un rapport favorable au projet, dont le montage financier est finalement attaché, mais qui contient néanmoins des recommandations et des exigences qui obligent les promoteurs à un surcroît d'analyses. Bref, un coup de pouce supplémentaire de la part des élus de la région ne peut pas nuire pour qu'il conserve son erre d'aller et obtienne rapidement l'approbation finale.

Indirectement, la requête du maire de Saguenay concernant l'obtention d'un bloc d'énergie vient aussi s'inscrire dans le dossier de la centrale Jim-Gray. Officiellement, Québec maintient sa volonté de retirer à Produits forestiers Résolu la gestion du barrage. Le gouvernement apparaît également décidé à ce que l'énergie produite par ses turbines serve encore à créer des emplois dans la région. Le maire Tremblay ne réclame pas directement l'énergie de Jim-Gray, mais c'est l'esprit de sa demande. D'autant plus qu'il rappelle que l'ancienne usine Port-Alfred a déjà profité de l'hydroélectricité de cette centrale...

Rencontres

Certains jugent durement les tenants et les aboutissants du «projet espagnol», n'y voyant que du vent, de faux espoirs ou encore de simples mirages électoraux. En fait, on saura rapidement à quoi s'attendre dans ce dossier. Déjà, Jean Tremblay a sollicité des rencontres avec les ministres Sylvain Gaudreault et Stéphane Bédard, deux poids lourds du gouvernement Marois. Si ceux-ci accueillent favorablement le projet et entament effectivement des démarches à leur niveau respectif, ce sera bon signe. Et, en Espagne, des représentants de l'ambassade canadienne ont accompagné Jean Tremblay dans ses démarches. Généralement, ces fonctionnaires ne s'impliquent pas dans des projets futiles.

Il faut beaucoup de tentatives et de démarches pour faire aboutir concrètement des projets majeurs. On ne peut pas reprocher au maire Tremblay de multiplier les essais pour créer des emplois et trouver de nouveaux créneaux de développement porteurs pour Saguenay. Au contraire, l'exemple du maire devrait servir d'inspiration. Après tout, ce n'est pas confortablement assis les deux pieds sur la bavette du poêle que l'on crée des retombées économiques. Par contre, être actif engendre des attentes importantes et le fardeau de livrer la marchandise.

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