L'urgence d'agir

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Claude Villeneuve
Le Quotidien

Les dernières semaines ont été fertiles en émotions pour quiconque s'intéresse aux changements climatiques. Plusieurs travaux scientifiques ont confirmé la rapidité et la gravité des symptômes du réchauffement sur toute la planète. Des événements dramatiques comme la tempête Sandy en novembre et le typhon Bopha, récemment, ont montré clairement notre vulnérabilité à des temps violents et au rehaussement du niveau de la mer. Dans l'édition du 27 novembre de la revue Science, une équipe de 47 chercheurs a réussi à déterminer, en utilisant quatre méthodes différentes, que les deux plus grandes masses glaciaires au monde, l'Antarctique et le Groenland, montraient une perte nette de glace, ce qui n'avait pas été clairement établi dans le quatrième rapport du GIEC en 2007. Il faut donc s'attendre à une accélération de la montée des eaux. La surface de la banquise dans l'Arctique a été la plus petite jamais enregistrée en septembre dernier, l'acidification des océans s'aggrave et la sécheresse du centre des États-Unis a toutes les chances de se reproduire l'été prochain en raison d'un déficit historique de précipitations dans cette région. Bref les conséquences du réchauffement commencent à nous affecter plus vite que prévu.

Un accord «Kyoto 2» tronqué

Malgré cela, les négociations de la Convention cadre sur les changements climatiques qui se sont tenues à Doha au Qatar du 28 novembre au 8 décembre ont piétiné, donnant naissance à un accord «Kyoto 2» tronqué et reportant l'engagement formel des grands joueurs en 2020. Il est donc plus que vraisemblable que les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) vont continuer d'augmenter jusqu'en 2030 au moins. Ce scénario signifie que nous ne pourrons pas empêcher une augmentation de l'ordre de 3 ou 4 degrés d'ici 2100. Il n'y a plus moyen d'ignorer l'urgence d'agir au niveau des individus et des collectivités pour réduire les émissions dans la mesure du possible et pour s'adapter au nouveau climat qui sévira dans 20, 30 et 40 ans. En effet, il y a des choses auxquelles on ne peut pas s'adapter. Par exemple, si le niveau de la mer est un mètre plus élevé en 2100, la rue Racine sera inondée dix à 12 fois par année. On ne peut pas seulement se contenter de mettre des anneaux pour attacher les chaloupes sur le mur de l'hôtel de ville dans ces circonstances...

Une nécessité

Réduire nos émissions est aussi une nécessité. Il y a des choses plus faciles que d'autres... Il y a dix jours, avec un beau -4 degrés un quidam laissait tourner le moteur de son gros «pick-up» pendant qu'il était à la SAQ pour faire ses emplettes. Cela s'appelle un manque de civisme et de nos jours cela frise la provocation. Sans trop changer notre confort, il est facile au Québec de réduire de 30 à 50% nos émissions de GES. Il est faux de penser que c'est l'industrie qui pollue le plus dans ce domaine. Au Québec, les automobilistes sont responsables d'autant d'émissions que le secteur industriel dans son ensemble.

Finalement, nous disposons de la possibilité de capter le principal gaz à effet de serre, le CO2. Dans un article que notre équipe a publié au début du mois, nous avons démontré qu'un projet de reboisement de 400 000 hectares en région boréale pourrait absorber jusqu'à 8% des émissions totales de l'industrie au Québec. Cette étude a été financée par les contributions versées au programme Carbone boréal. Il y a donc des choses à faire, ce projet représente sur 20 ans à peine 5% de plans forestiers de plus au Québec.

Il vous reste encore des cadeaux de Noël à acheter et vous n'avez pas le goût de vous empiler au centre d'achats? Procurez-vous un certificat cadeau pour compenser les émissions de GES d'un être cher (carboneborealuqac.ca) et encourager la recherche. C'est le seul cadeau qui dépollue l'atmosphère et cela vous permettra de meubler les discussions des Fêtes en l'absence de hockey!

Claude Villeneuve remet son cachet à la campagne majeure de développement de l'UQAC.

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