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L'aéroport de Bagotville se retrouve à la croisée des chemins.

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François St-Gelais
Le Quotidien

Le projet d'implantation d'un service de douanes à l'aéroport de Bagotville se retrouve à la croisée des chemins. Face au clair refus d'Ottawa de donner suite à la première requête à cet effet de Saguenay, exprimé en octobre dernier par le ministre fédéral et député de Roberval-Lac-Saint-Jean, Denis Lebel, la balle est dans le camps des élus de la capitale régionale et des gestionnaires de l'aéroport de Bagotville. Ils se retrouvent, aujourd'hui, avec le fardeau de la preuve. Toutefois, ceux-ci sont loin d'avoir les mains vides et disposent de solides arguments pour revenir à la charge afin de convaincre le gouvernement fédéral de revoir sa position.

Appuis

Afin de justifier le refus d'Ottawa, le ministre Denis Lebel, a indiqué que les premières études présentées par Saguenay ne démontraient pas clairement qu'un service des douanes implanté à Bagotville générerait suffisamment de nouvelles retombées économiques au Saguenay-Lac-Saint-Jean. En substance, a-t-il déclaré aux médias en octobre dernier, Ottawa ne souhaite pas investir pour permettre aux touristes de la région de partir plus facilement dépenser leurs dollars dans le Sud. M. Lebel faisait ainsi évidemment référence aux très populaires voyages «soleil» offerts, depuis quelques années, à partir de La Baie.

Or, l'argument est à double sens. Car, si un service des douanes permettraient effectivement des vols directs plus nombreux vers d'autres pays, l'inverse serait aussi vrai. Déjà, de très nombreux touristes européens et américains visitent le Saguenay-Lac-Saint-Jean chaque année. Ils sont justement très nombreux à se rendre à Val-Jalbert et au Zoo sauvage de Saint-Félicien, deux attractions que le député de Roberval-Lac-Saint-Jean connaît fort bien. Une clientèle étrangère est donc déjà attirée par la région et la possibilité, pour celle-ci, de pouvoir débarquer d'un avion directement à La Baie serait sans doute un atout supplémentaire pour les séduire. À cet égard, les compagnies aériennes y trouveraient également leur compte puisque l'absence de douanes à Bagotville les oblige à faire un atterrissage et un décollage supplémentaires à Québec, voire à Montréal, une situation qui engendre des coûts. On peut même y voir une question de sécurité puisque les phases de décollage et d'atterrissage d'aéronefs sont statistiquement les plus risquées. Ces considérations ne sont sans doute pas étrangères au fait que l'Association québécoise du transport aérien (AQTA) ait, au printemps dernier, formulé un appui officiel au projet saguenéen.

Par ailleurs, il est logique de croire que des maillages pourraient être établis entre les éventuelles douanes de l'aéroport de Bagotville et les besoins du quai d'escale pour navires de croisières. Du reste, si Saguenay veut éventuellement s'imposer comme un port de destination pour les bateaux de croisière, et non uniquement comme un site d'escale, il faudra impérativement faciliter l'arrivée et le départ, par avion, des touristes étrangers. Enfin, qu'une région ayant une économie autant axée sur l'exportation ait un accès aérien direct à l'étranger apparaît fort logique.

Études

L'implantation d'un services de douanes à Bagotville repose donc sur des arguments pertinents. De l'aveu même du maire de Saguenay, Jean Tremblay, la première étude déposée au fédéral laissait une large place à l'aspect «vacances au soleil» du projet. Un nouveau dossier est actuellement en cours d'élaboration. Il devra être étoffé et ratisser beaucoup plus large. Les prochaines élections fédérales sont loin et Ottawa vise actuellement à rééquilibrer ses budgets. Deux constats qui enlèvent du poids à la requête de Saguenay. Toutefois, le premier ministre Harper est venu, en personne à La Baie, en janvier dernier, a confirmé la participation financière de son gouvernement au projet de desserte ferroviaire au port de Grande-Anse. Une preuve que les dossiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean, région qui lui déjà fournit deux ministres, ne le laissent pas complètement insensibles. D'ailleurs, la mise en place de douanes à Bagotville s'inscrirait logiquement dans la foulée de la modernisation du port baieriverain.

Au-delà des considérations politiques, la mise en place d'un service douanier à l'aéroport de La Baie repose sur suffisamment d'arguments valables pour justifier, à tout le moins, la tenue d'un projet-pilote, susceptible, ensuite, d'être étendu ailleurs au Canada.

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