Noir novembre!

Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt.... ((Archives))

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Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt.

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Myriam Ségal
Le Quotidien

Novembre, le mois des morts... politiques. Quatre démissions, une par semaine. Un ministre éjecté, trois maires démissionnés, sur fond de gouvernement fragile, de révélations troublantes.
Sur la planète Montréal et sa banlieue, la menace d'une loi sur la destitution des élus a finalement eu la peau du maire de Mascouche, agrippé à son poste malgré des accusations criminelles, gardant son salaire grâce à des présences sporadiques au conseil, quitte à voir sa ville paralysée par le chahut légitime de citoyens outrés. Il partira avec 160 000$, une de ces indécentes allocations de départ qui fleurissent dans la haute fonction publique et chez les politiciens.

Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, part avec 250 000$. On a perquisitionné plusieurs de ses coffrets de sûreté, des témoins l'incriminent. Quant au mollasson maire de Montréal qui ne savait jamais rien, il veut soudain parler à la commission Charbonneau, qui n'est plus guère pressée de l'entendre.

Tout ce beau monde est soupçonné, pas coupable! Ils se posent tous en victimes, en sacrifiés, mais aucun ne répond à des questions précises. Par exemple, pourquoi le maire de Laval a-t-il besoin de tant de coffrets bancaires?

En politique, les apparences tuent plus que les faits.

Ministre «bougon»

Bien sûr, le filoutage de la construction est plus odieux que les comportements désinvoltes du fugace ministre péquiste de l'Environnement, Daniel Breton, éjecté pour passé gênant. Le PQ se repaît de cet argument fallacieux. Mais un scandale n'en excuse pas un autre.

Passons l'éponge sur la fraude à l'assurance-emploi, qui date de plus de 20 ans, et sur le 275 km/h au volant d'une Porsche, événement non daté. Il perd son permis en 2011 pour plusieurs excès de vitesse et utilisation de son cellulaire au volant. Ironique, pour un écolo qui fait la morale sur les GES!

Ses loyers impayés récents sont plus graves: deux fois éjecté par la Régie du logement, en 2005 et 2009. Oublions les centaines de bouteilles de vin photographiées par un proprio frustré, qui pourrait avoir exagéré. Mais ne pas payer son loyer durant 13 mois... Ses disciples plaident, sur un ton sectaire et paranoïde, le vaste complot de l'industrie contre un homme intègre. Est-ce la faute des méchants pollueurs s'il a une voiture, un cellulaire, accumule points d'inaptitude et amendes et ne verse pas un sou du loyer dû? Il manque soit de jugement, soit de respect pour un proprio bonasse qui recourt tard à la Régie du logement, parce qu'il devra exécuter à ses frais le verdict!

L'attitude me heurte aussi: le collègue de La Presse a dû s'adresser au bureau de Mme Marois pour obtenir la date de naissance de M. Breton, introuvable dans les biographies officielles du «d'Artagnan de l'environnement». Elle est indispensable pour vérifier le plumitif, c'est-à-dire le passé judiciaire et pénal de quelqu'un. Confronté par le journaliste, M Breton a nié au lieu d'expliquer.

Quand il démissionne, il refuse les questions, joue la victime et le bon gars: «J'ai connu la précarité». Un précaire évite les contraventions et paie en priorité épicerie et loyer. «J'étais hier au Show du refuge». Quoi? Poser avec Dan Bigras exempte de toute explication, absout de tout péché, garantit la probité?

Autre victime

La même journée, Line Beauchamp, ancienne ministre libérale, fond en larmes deux fois dans deux entrevues différentes, au même moment stratégique. Son nom est sorti à la commission Charbonneau, accolé sur celui de Pierre Bibeau, son ancien conjoint, un bonze du financement libéral, qui a enfilé les nominations politiques toute sa carrière. Elle n'est pas une marionnette, elle se laissait inviter au «357c» par des entrepreneurs pour tâter le pouls des gens d'affaires. Puis, ses sanglots paralysent ses tortionnaires médiatiques en plein vol.

Novembre fut une hécatombe, un défilé de victimes. Restons circonspects. Après la trêve des Fêtes, on saura peut-être distinguer les vraies des fausses!

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