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François St-Gelais
Le Quotidien

Quelque 9000 emplois perdus au sein de l'industrie forestière à travers le Québec, dont 3000 uniquement au SaguenayLac-Saint-Jean, rapportait samedi, en exclusivité, Le Quotidien. Telles seraient les conséquences majeures qu'aurait, dans la province, l'application des mesures contenues dans un document de travail intitulé «Lignes directrices pour l'aménagement du caribou forestier», un rapport qui circule au sein du ministère des Ressources naturelles concernant les pistes de solution possibles pour assurer la survie de ces animaux qui évoluent en bandes dans le nord de la province.

Processus

Évidemment, le rapport évoqué en nos pages n'est que préliminaire, ce qu'a d'ailleurs confirmé, lundi, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet. Québec n'a encore décrété aucune mesure précise. Mais, le grelot est attaché. Une réflexion concernant la survie des tribus québécoises de caribous nordiques est amorcée. Donc, tôt ou tard, le processus aboutira sur des actions, actions qui auront inévitablement des impacts sur l'industrie forestière. En quelque sorte, ce qui reste à déterminer, en somme, c'est l'ampleur que prendront ces impacts.

Parce qu'une chose est claire, l'industrie est coincée, dans ce dossier, entre l'arbre et l'écorce, c'est le cas de le dire.

Les grands joueurs de ce secteur d'activités ne pourront pas s'opposer à la volonté de Québec de mettre en place des mesures destinées à protéger les populations de caribous, une espèce considérée comme menacée par le gouvernement fédéral. Avec raison, d'ailleurs, les notions de développement durable et de protection de l'environnement sont devenues des valeurs chères à tous les citoyens. Elles sont devenues des priorités sociales et politiques incontournables. Les grandes entreprises forestières l'ont appris à leurs dépens, au tournant des années 2000 avec le film «L'erreur boréale», dont les effets, dans certaines franges de l'opinion publique, sont encore bien vivaces.

Dans ce contexte, l'industrie forestière n'aura pas le choix que d'appuyer, éventuellement, tout programme de protection du caribou. Il est normal, de toute façon, de préserver l'habitat de ces bêtes et d'assurer leur survie.

Même si cela signifie que des parterres de coupe intéressants seront interdits d'accès. Même si cela peut avoir des impacts sur certaines activités et sur des emplois... Sur le plan des relations publiques, une opposition systématique des forestiers envers la protection de l'environnement serait catastrophique.

Développement durable

Mais, cela ne signifie pas pour autant que l'industrie doive «s'écraser» et accepter de subir tous les assauts et tous les contrecoups d'un éventuel plan de protection du caribou sans faire valoir son point de vue, ses droits et ses besoins. Au contraire.

La notion de développement durable stipule que la préservation de l'environnement doit s'inscrire dans une perspective large où les besoins des populations humaines sont aussi pris en considération. On le dira jamais assez, l'industrie forestière est un moteur économique majeur pour le SaguenayLac-Saint-Jean et le Québec et ses produits sont écologiques et renouvelables. Récolter des arbres à maturité, et en planter de nouveaux, représentent des moyens efficaces de lutte contre les gaz à effet de serre.

Dans ces circonstances, donc, il est impératif que tout éventuel plan d'action destiné à préserver les populations de caribous nordiques prenne également en considération les besoins des populations humaines, particulièrement celles des régions du Québec comme le SaguenayLac-Saint-Jean, l'Abitibi-Témiscamingue et la Côte-Nord.

Bref, ce plan doit s'établir en collaboration avec les citoyens, les intervenants socioéconomiques, les biologistes et les acteurs de l'industrie forestière concernés. Ceux-ci doivent tous avoir leur mot à dire dans le processus de réflexion qui s'amorce pour établir des mesures qui réussiront à la fois à préserver les caribous et à préserver un maximum d'emplois. Un programme réalisé en collégialité et dans la concertation a bien plus de chance de succès qu'un programme imposé, établi dans le secret des bureaux fermés de quelconques ministères. Le processus de réflexion qui servira à l'élaboration du plan de préservation du caribou doit laisser une véritable place aux besoins de l'industrie forestière. Accoucher d'une politique protégeant à la fois les populations de caribous et les besoins des entreprises forestières doit certainement être une mission possible.

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