Puissant signal

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François St-Gelais
Le Quotidien

En accordant son appui formel au projet de minicentrale sur le site de Val-Jalbert, hier, la première ministre du Québec, Pauline Marois, a envoyé un signal clair favorable au développement économique, à la décentralisation et à l'occupation des régions du Québec. Elle a aussi envoyé le signal que bien que le gouvernement soit l'un des plus «verts» à n'avoir jamais siégé à l'Assemblée nationale, il ne remettra pas pour autant en question des projets approuvés par le BAPE ou déjà ficelés sans motif extrêmement valable pour ce faire, ce qui est loin d'être anecdotique dans le contexte actuel. La sortie de Mme Marois vient également mettre le couvercle sur un dossier en voie de prendre, dans l'espace public régional, une tournure stérile susceptible de diviser durablement des communautés entières, et ce pour des années.

Pérennité

L'appui sans équivoque de la première ministre a pris un peu tout le monde par surprise. On savait que le dossier était en attente d'une approbation imminente de la part du gouvernement. Toutefois, en raison de la démission du ministre de l'Environnement, Daniel Breton, il semblait probable que le dossier prenne un peu de retard. Ce délai aurait permis aux contestataires de continuer à mettre de la pression sur les décideurs. Le ton des débats aurait, en conséquence, monté encore d'un ou deux crans dans la région, alors, justement, qu'il devenait de plus en plus acerbe. Les propos de Mme Marois étant on ne peut plus clairs, les promoteurs du projet ainsi que les opposants peuvent maintenant, et doivent maintenant, passer à autre chose.

Du reste, l'appui de la première ministre au projet de Val-Jalbert s'inscrit logiquement dans les grandes orientations défendues par le Parti québécois à l'occasion des dernières élections, ainsi que dans le sens des revendications traditionnelles des citoyens du SaguenayLac-Saint-Jean. L'exploitation des forces hydrauliques de la rivière Ouiatchouan permettra de générer des revenus importants qui assureront la pérennité du site touristique. Les retombées de la minicentrale alimenteront également un fonds de diversification destiné à soutenir le développement économique du Lac-Saint-Jean. Que les ressources naturelles de la région génèrent de la richesse dans la région constitue un gain majeur, réclamé haut et fort sur toutes les tribunes, par la Conférence régionale des élus (CRÉ), notamment.

Le partenariat d'affaires à l'origine du projet constitue aussi un modèle de collaboration socioéconomique réussie entre les autochtones de Mashteuiatsh et les décideurs économiques jeannois. Bref, Québec avait plusieurs excellentes raisons de donner son aval à la construction de la minicentrale. D'autant plus que le BAPE a émis un rapport favorable. Que le projet ait fait face à la contestation est légitime. Dans leurs futures actions, les promoteurs sauront sur quels éléments sensibles se pencher pour le bonifier et le rendre encore plus acceptable.

Il faudrait toutefois être particulièrement cynique pour croire que les gestionnaires de Val-Jalbert sont prêts à sacrifier l'essor et l'avenir du site touristique au profit d'une centrale hydroélectrique, surtout après les investissements majeurs consentis à cet endroit au cours des dernières années.

Fond

Sur le fond, il est vrai, que l'énergie produite par Val-Jalbert sera achetée par Hydro-Québec dans un contexte où la société d'État dispose déjà de surplus d'énergie considérables. Il s'agit d'un choix du précédent gouvernement, qui souhaitait utiliser l'imposant potentiel énergétique du Québec pour créer des filières de développement dans les régions, notamment avec l'industrie éolienne en Gaspésie, et y générer des retombées économiques nouvelles. On peut y voir une forme de subventions indirectes, entre autres via les programmes d'achat d'énergie produite par la biomasse, ce qui a permis la relance de la papetière de Dolbeau-Mistassini. On peut aussi y voir une forme de placement pour l'avenir, alors que l'hydroélectricité, énergie propre et renouvelable, sera inévitablement de plus en plus en demande.

Chose certaine, l'actuel gouvernement du Québec aura le choix, au cours du processus d'élaboration de la prochaine stratégie énergétique de la province, de ne plus lancer d'appel d'offres de ce type. En attendant de tels changements, le projet de Val-Jalbert est légitime et structurant, et sa réalisation sera profitable à l'ensemble de la région. À condition que les revenus générés par ce projet soient utilisés, évidemment, à bon escient.

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