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François St-Gelais
Le Quotidien

L'entrée en vigueur, il y a deux semaines, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, du nouveau protocole médical permettant d'établir des constats de décès à distance, a donné lieu a un vif débat dans l'espace public. Il est rare que l'application d'une mesure administrative, dans le domaine médical, suscite autant de controverse dans la région.

Certes, les circonstances n'ont pas facilité les choses pour les responsables de l'Agence de santé du Saguenay-Lac-Saint-Jean, les coroners, les ambulanciers et les premiers répondants concernés. Un violent accident mortel s'est produit, à Saint-Bruno, dès l'entrée en vigueur du fameux protocole. Malgré la formation offerte, personne, encore, n'était rodé, vraiment familier avec les nouvelles procédures. Avec pour résultat que des ratés sont survenus et que le corps d'une victime est demeuré durant près d'une heure sur la scène de l'accident avant que le fourgon mortuaire n'arrive enfin. Un délai trop long, inacceptable, de l'aveu même de la direction de l'Agence régionale de santé et des services sociaux, puisque la tragédie est survenue à quelques kilomètres à peine d'Alma. Un délai qui a, évidemment, suscité des questionnements du reste tout à fait légitime dans les médias. En conséquence l'objectif de la mesure, s'est perdu. Et, dans l'opinion publique, ce qui n'est pas clair donne lieu à des interprétations diverses qui finissent souvent par prendre totalement le pas sur la réalité... C'est d'autant plus le cas lorsque le sujet est aussi sensible et émotif, on le comprend bien, que la mort...

Ressources

Le but visé par la mesure administrative est louable. Car, l'initiative vise d'abord et avant tout à maximiser l'utilisation des ressources ambulancières. Ainsi, techniquement, dans tous les cas d'accidents violents ou de morts suspectes, une fois le décès constaté à distance, toujours par un médecin suivant des consignes strictes et toujours lorsqu'aucun doute n'est possible, les ambulanciers n'ont plus à transporter le corps à l'hôpital. Ils sont libérés, prêts à répondre à un nouvel appel d'urgence. C'est au coroner, toujours contacté en de telles circonstances, d'expédier son fourgon funéraire pour recueillir la dépouille. Si des témoins sont sous le choc, si des proches sont présents, l'ambulance reste sur place. Si le moindre doute subsiste sur le décès officiel de la victime, les ambulanciers transportent d'urgence le corps à l'hôpital le plus près. Même chose si personne n'est sur place, dans le cas, par exemple, d'une résidence privée. Techniquement, jamais un corps ne reste longtemps sur les lieux d'un accident. Jamais il n'est abandonné. Jamais on avise froidement la famille, par téléphone, de se débrouiller seule pour trouver une maison funéraire, assure les autorités. Mais, des erreurs peuvent se produire. Comme cela s'est produit il y a deux semaines à Saint-Bruno... Et surtout, ces informations cruciales n'ont été bien présentées à la population.

Leçons

Même si l'objectif visé par le nouveau protocole est louable, il faut tout de même se demander s'il est nécessaire de l'appliquer au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le volume d'appels et d'interventions d'urgence requiert-il réellement pareille mesure administrative? Vrai, toutefois, qu'il ne suffirait que d'un seul événement malheureux pour la justifier... De toute façon, l'Agence régionale de la santé et des services sociaux a déjà indiqué que la nouvelle procédure était implantée au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour y rester, même si des enquêtes sont encore en cours.

Pour les autorités concernées, il y a certes des leçons à tirer de l'histoire. On aurait certainement pu mieux l'expliquer. Mieux faire connaître les nouvelles dispositions à la population régionale. Utiliser les médias sociaux, le web. Il faudra aussi procéder à un suivi dans la formation transmise jusqu'à maintenant aux répondants déployés sur le terrain. Visiblement, il y a des failles et il faut faire mieux.

La santé et tous les aspects qui s'y rattachent constituent des sujets brûlants qui interpellent toujours l'ensemble de la population. Il ne peut subsister de zone grise.

À cet égard, le dossier de la fluoration de l'eau potable de Saguenay, en 2010, en témoigne. À l'époque, à l'instigation de Québec et de l'Agence régionale de la santé, un projet avait été mis de l'avant dans la capitale régionale, sans consultation préalable. Le vent de contestation qui a suivi a forcé les autorités à revoir leurs plans.

Comme quoi, en matière de santé publique, la communication ne peut plus souffrir d'aucun compromis, et ce à tous les échelons.

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